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Décisions du Comité

35 COM 8B.30

Biens Culturels - Hiraizumi - Temples, jardins et sites archéologiques représentant la Terre Pure bouddhiste (Japon)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-11/35.COM/8B et WHC-11/35.COM/INF.8B1,

2. Félicite l'État partie pour son excellent travail de révision, en seulement trois ans, de la proposition d'inscription initiale différée, suivant étroitement les recommandations de l'ICOMOS et du Comité du patrimoine mondial;

3. Inscrit Hiraizumi - Temples, jardins et sites archéologiques représentant la Terre Pure bouddhiste, Japon, à l'exclusion de l'élément constitutif de Yanaginogosho Iseki, sur la Liste du patrimoine mondial sur la base des critères (ii) et (vi);

4. Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante:

 

Brève synthèse

Les quatre jardins de la Terre pure de Hiraizumi, dont trois sont orientés vers la montagne sacrée du Mont Kinkeisan, sont un modèle de fusion entre les idéaux du bouddhisme de la Terre Pure et les concepts indigènes japonais relatifs à la relation entre jardins, eau et paysage environnant. Deux jardins sont reconstruits, dont beaucoup d'éléments ont été découverts lors des fouilles, et deux sont restés enfouis. L'ancienne ville de Hiraizumi, qui connut un destin éphémère, fut le centre politique et administratif du royaume septentrional du Japon aux XIe et XIIe siècles et rivalisa avec Kyoto aux plans politique et commercial. Les quatre jardins furent construits par la famille Ôshû Fujiwara, la branche nord du clan régnant, ils sont censés symboliser le bouddhisme de la Terre Pure sur terre, une vision du paradis traduite dans la réalité par la disposition réfléchie des temples par rapport aux étangs, aux arbres et aux pics du mont Kinkeisan. Le temple de Chûson-ji, aux décors chargés d'or - le seul restant du XIIe siècle - reflète la grande richesse du clan régnant.

Une grande partie de cette zone fut détruite en 1189 quand la ville perdit son statut politique et administratif. L'essor spectaculaire et la richesse ostentatoire de Hiraizumi, puis sa chute tout aussi rapide et dramatique, furent tels qu'ils inspirèrent de nombreux poètes. En 1689, Matsuo Basho, le poète de haïku, écrivit : « Trois générations de gloire se sont évanouies en l'espace d'un rêve... ». Les quatre groupes de temples de ce centre qui fut autrefois si grand, avec leurs jardins de la Terre Pure, un temple subsistant notable du XIIe siècle et leur relation avec le mont sacré Kinkeisan forment un ensemble exceptionnel qui reflète la richesse et la puissance de Hiraizumi et un concept exceptionnel de planification urbaine et de conception des jardins qui influencèrent temples et jardins des autres villes du Japon.

Critère (ii) : Les temples et les jardins de la Terre Pure de Hiraizumi démontrent de manière remarquable la manière dont les concepts de construction de jardins introduite d'Asie avec le bouddhisme ont évolué sur la base des anciens cultes de la nature du Japon, le shintoïsme, aboutissant au concept d'aménagement et de création de jardins qui était propre au Japon. Les jardins et les temples de Hiraizumi influencèrent ceux d'autres villes, notamment Kamakura où l'un des temples fut édifié sur le modèle de Chûson-ji.

Critère (vi) : Les jardins de la Terre Pure de Hiraizumi reflètent clairement la diffusion du bouddhisme dans le sud-est asiatique et la fusion spécifique du bouddhisme avec le culte japonais de la nature et les idées d'Amida sur la Terre Pure de la béatitude parfaite. Les vestiges du groupe de temples et de jardins de Hiraizumi sont des manifestations symboliques du bouddhisme de la Terre Pure sur cette terre.

Intégrité

Le bien comprend les vestiges des groupes de temples et leurs jardins de la Terre Pure ainsi que le mont Kinkeisan par rapport auquel ils sont visuellement alignés. Bien que les sites de Chûson-ji, Môtsû-ji et Kanjizaiô-in Ato et le mont Kinkeisan conservent leurs liens visuels intacts, le site de Muryôko-in souffre de l'influence négative de maisons et d'autres structures. Les liens visuels entre les temples et le mont Kinkeisan couvrent des zones situées dans la zone tampon, en dehors du bien. Pour protéger le paysage spatial lié à la cosmologie de la Terre Pure, l'intégrité spatiale de ces liens doit être maintenue.

Authenticité

L'authenticité des vestiges mis au jour ne fait aucun doute. Deux des jardins ont été reconstruits, dans le cadre d'un travail étayé par une analyse rigoureuse des éléments bâtis et botaniques. En ce qui concerne les structures subsistantes, l'édifice principal, le Chûson-ji Konjikidô, est un remarquable vestige, et il a été conservé avec beaucoup de compétence, de manière à assurer l'authenticité des matériaux et de la construction. L'authenticité du temple dans son paysage est d'une certaine manière compromise par la gaine en béton qui l'entoure aujourd'hui. Pour soutenir la capacité du bien à transmettre sa valeur, il est essentiel que les quatre temples puissent traduire de manière évidente leur association avec les idéaux profonds du bouddhisme de la Terre Pure.

Mesures de protection et de gestion

Les sites proposés pour inscription et la zone tampon sont bien protégés, à travers divers classements : sites historiques, sites historiques spéciaux, lieux de beauté pittoresque ou lieux de beauté pittoresque spéciaux. La protection des vues entre les sites et du paysage environnant est cruciale pour permettre aux sites de maintenir la capacité à montrer leur relation au paysage de manière significative et d'être des oasis de contemplation. La préfecture d'Iwate et le gouvernement municipal compétent ont mis sur pied un Conseil de la Préfecture d'Iwate pour la promotion de la préservation et de l'utilisation du patrimoine mondial pour servir de cadre de gestion global du bien. Ce Conseil reçoit les avis éclairés du Comité d'instruction pour la recherche et la conservation du groupe des sites archéologiques de Hiraizumi.

Le Plan de gestion et de préservat  ion a été achevé et appliqué en janvier 2007, puis révisé en janvier 2010. Tout projet de mise en œuvre des propositions de restituer et restaurer les deux autres jardins enfouis devra être soumis au Centre du patrimoine mondial pour évaluation par l'ICOMOS et examen par le Comité du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial. Le gouvernement local a signé un accord avec les institutions locales a invité la communauté locale à surveiller le bien et exprimer des suggestions concernant sa protection, sa gestion et sa présentation. 

 

5. Recommande également que l'Etat partie prenne en considération les points suivants:

a) conserver libre de tout obstacle les liens visuels entre le mont Kinkeisan et les quatre ensembles,

b) soumettre toute proposition de projet majeur d'amélioration de route à une étude d'impact sur le patrimoine concernant les attributs de la valeur universelle exceptionnelle, notamment l'environnement visuel de chaque site individuel,

c) soumettre toute proposition de restitution et restauration des deux jardins enfouis à Chûson-ji et Muryôkô-in Ato au Centre du patrimoine mondial pour évaluation par l'ICOMOS et examen par le Comité du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations,

d) protéger activement les ressources archéologiques enfouies,

e) mettre en place une stratégie de gestion des visiteurs basée sur une étude détaillée de la capacité d'accueil des différents sites.