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Décisions du Comité

CONF 203 VII.C.2.35/36

SOC : Le Caire islamique (Egypte)

VII.36 Le Caire islamique (Egypte)

Le Comité a été informé que, d'après plusieurs sources précises et concordantes, les travaux de restauration des trois mosquées fatimides d'Al Aqmar, Al-Guyushi et Lu-lu-a (XIe et XIIe siècles, parmi les plus anciennes du Caire), concédés à la communauté Bohra, avaient de fait abouti à une destruction de la plupart de leurs éléments historiques, à leur reconstruction quasi complète, et à la perte de leur authenticité et de leurs valeurs de patrimoine mondial. Il apparaît en effet que les plâtres, boiseries et murs peints anciens, intérieurs et extérieurs, ont été détruits et remplacés par des matériaux neufs, que du béton a été substitué aux structures anciennes, que la forme et le plan mêmes des monuments ont été complètement transformés en extension et en hauteur par l'ajout d'étages et de pièces supplémentaires. Les techniques traditionnelles ont été de surcroît complètement ignorées.

Un rapport avait été demandé en juin 1995 au Supreme Council of Antiquities et n'avait pas été reçu à la date de la dix-neuvième session du Comité.

Le Comité a donc chargé le Secrétariat de transmettre aux autorités égyptiennes le texte suivant concernant la Zone des Pyramides de Guizeh à Dahchour et le Caire islamique:

Après avoir pris connaissance des résultats de la mission d'experts de l'UNESCO invitée par le Gouvernement de l'Egypte du 1er au 6 avril 1995 pour contribuer à définir des mesures propres à assurer la conservation du site du patrimoine mondial de la Zone des Pyramides de Guizeh à Dahchour, le Comité adresse toutes ses félicitations et ses vifs remerciements aux autorités égyptiennes pour l'ensemble des décisions prises à ce jour et des actions déjà entreprises :

1) le choix d'un nouveau tracé passant au nord du site du patrimoine mondial pour la bretelle de l'autoroute circulaire, et qui suivra, après achèvement des études détaillées nécessaires, soit le canal de Mariouteyya, soi t le canal de Mansoureyya, soit les deux ;

2) les actions déjà entreprises pour améliorer l'une des décharges d'ordures et celles prévues pour supprimer la seconde ;

3) l'engagement de stopper toute construction supplémentaire de logements à Kafr-el-Gabal et d'éliminer, dans les prochaines années, les constructions et les routes illégales empiétant sur le site du patrimoine mondial et sa zone tampon.

Il leur demande de bien vouloir examiner, entre autorités concernées, la relocalisation des différents camps militaires et des usines de l'armée qui empiètent sur le site et sa zone tampon.

Il invite les autorités égyptiennes à bien vouloir le tenir informé, par l'intermédiaire de son secrétariat, des progrès dans la mise en œuvre de l'ensemble des mesures de sauvegarde déjà prises ou prévues, et en particulier pour ce qui concerne la question des empiétements de camps militaires sur le site du patrimoine mondial et sa zone tampon.

En revanche, le Comité juge particulièrement graves les travaux de rénovation et de reconstruction qui ont détruit l'authenticité des-trois mosquées fatimides d'Al Aqmar, Al-Guyushi et Lu-lu-a, situées dans le site du patrimoine mondial du Caire islamique. Il rappelle aux autorités égyptiennes les articles 4 et 5 de la Convention du patrimoine mondial en vertu desquels les Etats parties s'engagent à assurer la protection et la conservation de leur patrimoine, et que cette conservation doit s'effectuer selon les normes internationales, telle la Charte de Venise, propres à assurer le respect de l'authenticité. Il leur rappelle également l'article 24(b) des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial sur le respect de l'authenticité des biens inscrits et leur demande de bien vouloir se conformer à l'avenir à l'Article 58 invitant "les Etats parties à informer le Comité, par l'intermédiaire de son Secrétariat, de leur intention d'entreprendre ou d'autoriser, dans une zone protégée par la Convention, des restaurations importantes ou de nouvelles constructions".

Il rappelle enfin aux autorités égyptiennes que l'UNESCO est toujours disposée à fournir, chaque fois que nécessaire, les conseils d'experts internationaux avant tout travail de restauration et que ceux qu'elle envoie régulièrement sur place sont à leur entière disposition pour les conseiller chaque fois que nécessaire.