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Patrimoine et réduction de la pauvreté (Sénégal, Bénin, République démocratique populaire lao, Chine, Guyane)

Les politiques de préservation du patrimoine urbain, lorsqu’elles sont dissociées des stratégies de développement, peuvent entraîner une marginalisation des populations les plus pauvres. Les contraintes induites par les dispositifs réglementaires, en l’absence de mécanismes d’accompagnement, entraînent des phénomènes d’exclusion de certaines catégories de population. De même, le développement touristique stimule la spéculation immobilière et déstabilise le tissu commercial local en menaçant les services destinés à la population locale (écoles, commerces de proximité…). L’érosion du pouvoir d’achat des habitants et la transformation de leur milieu de vie traditionnel les poussent souvent à l’exode.

C’est dans ce contexte que le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO a lancé en 2002 un projet intitulé « Gestion durable du patrimoine mondial pour la réduction de la pauvreté ». Celui-ci s’inscrit dans le cadre d’un appel d’offres lancé en 2002 par le directeur général de l’UNESCO en vue de la sélection de projets intersectoriels sur le thème de l’élimination de la pauvreté et de l’extrême pauvreté. Il vise à promouvoir une démarche intégrant conservation du patrimoine et développement durable et à explorer des mécanismes d’accompagnement des populations. Cinq biens ont été sélectionnés parmi ceux inscrits sur la Liste du patrimoine mondial ou sur les Listes indicatives : La ville de Porto-Novo : quartiers anciens et Palais Royal (Bénin), Île de Saint-Louis (Sénégal), Les anciennes villes canaux au sud de la rivière Yangtze (Chine), Ville de Luang Prabang (République démocratique populaire lao) et Georgetown (Guyana).

Pour chaque bien, des études de terrain ont été menées dans des quartiers tests afin d’explorer notamment le profil socio-économique des habitants et l’état du foncier. Sur cette base, des opérations ont été montées : mise en place d’un fonds d’aide aux habitants et de micro-crédits pour la réhabilitation de leur logement, formation à des activités génératrices de revenus, mise en place d’une taxe sur le tourisme, sensibilisation à travers les écoles. Ces actions, réalisées à petite échelle, s’inscrivaient dans une dynamique engagée par d’autres programmes en cours sur les mêmes sites (projets portés par l’Union européenne, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement ; accords de coopération décentralisée). La Convention France-UNESCO a apporté un appui méthodologique à ce projet intersectoriel, à travers une expertise économique et juridique fournie par la Caisse des dépôts et consignations (mise en place d’un fonds d’aide, taxe sur le tourisme).

Un système de micro-crédit a été mis en place avec succès à Saint-Louis du Sénégal qui a permis la mise en œuvre d’activités à petite échelle.

Objectifs stratégiques
  • Communautés
  • Conservation