Horlogerie et forme urbaine La Chaux-de-Fonds/Le Locle
Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.
Suisse (Europe et Amérique du nord)
Date de soumission : 28/12/2004
Critères:
(iii)(iv)(v)(vi)
Catégorie :
Culturel
Soumission préparée par :
Office federal de la culture OFC Section Patrimoione culturel et monuments historiques
Etat, province ou région :
Canton de Neuchâtel
Coordonnées
N 47°05’ E 6°48’
Ref.: 2035
Description
L'objet se compose de deux noyaux géographiques dont le périmètre reste à définir dans les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle. L'essentiel du paysage avoisinant se trouve entièrement sur le territoire communal de ces deux localités, ce qui permet d'inclure la topographie particulière des lieux à l'intérieur d'une zone tampon. La Chaux-de-Fonds et Le Locle sont deux cités horlogères hors du commun, dont le développement s'est déroulé dans un contexte socioculturel et urbanistique identique. Leur évolution les a amenées à se compléter de manière exemplaire. Les caractéristiques et le développement de l'industrie horlogère se lisent précisément à travers leur structure. La superposition d'influences, industrielles, économiques et sociales, leur matérialisation à travers un paysage urbain d'une impressionnante austérité et conservé en grande partie, sont les qualités qui confèrent une valeur universelle éminente à ces deux sites.
La Chaux-de-Fonds et Le Locle, en tant que métropoles de l'industrie horlogères, ont exporté leurs produits vers le monde entier. Vers 1900, le 55% de la production mondiale de montres venait de La Chaux-de-Fonds. La concentration sur le développement d'une industrie tournée vers l'exportation a eu pour conséquence l'apparition de phénomènes socioculturels dignes d'être remarqués : très vite, l'immigration d'une main d'oeuvre en provenance de l'étranger a eu pour conséquence un cosmopolitisme culturel qui, couplé avec une foi dans le progrès technique et un esprit d'innovation extraordinaire, ont fait de ces endroits écartés, La Chaux-de-Fonds et Le Locle, deux villes vouées au progrès. Les corps des deux villes, qui n'ont rien de pittoresque, présentent un grand intérêt au point de vue typologique et en raison de leur étendue. Leur situation particulière, l'adaptation de la géométrie urbaine aux conditions imposées par le terrain forment une impressionnante synthèse de facteurs naturels et culturels. Ajoutons que ce paysage urbain a exercé une influence sur Le Corbusier, dont l'évolution et les conceptions architecturales semblent avoir été marquées par l'urbanisme et les particularités industrielles de la ville où il a passé sa jeunesse.
La Chaux-de-Fonds est la fabrication horlogère faite ville. Entre 1794 et 1914, une ville se construit, unique par sa structure en quadrillage et ses formules architectoniques. Elle n'a pas d'histoire urbaine à proprement parler, on ne peut parler d'un urbanisme à l'américaine, ce n'est pas l'essai de réalisation d'une ville utopique, et moins encore un développement à la manière d'une opération immobilière. Il s'agit bien plutôt de la mise en oeuvre d'un consensus entre intérêts privés et publics, entre les courants philosophiques, sociaux et hygiénistes et la précision et l'efficacité de la production industrielle horlogère. Le parallélisme entre la philosophie, les caractéristiques de la production horlogères et l'aménagement de la ville se manifeste aussi bien dans la structure urbaine qu'à une moindre échelle, dans la façon surprenante d'aménager les appartements et les cages d'escaliers jusque dans les moindres détails.
Dans le courant du XIXe siècle, Le Locle a passé du rang de village à celui de ville marquée par la production industrielle de montres. Plusieurs incendies ont permis de reconstruire selon les plans des mêmes architectes que dans la ville jumelle de La Chaux-de-Fonds. Le développement de ces deux villes présente des corrélations étroites et réciproques. La situation topographique du Locle lui a permis de se développer plus organiquement ; la ville « nouvelle » ne s'est pas démesurément étendue comme à La Chaux-de-Fonds. Les différents stades de développement de la ville coexistent à l'intérieur d'unités spatiales en grande partie homogènes : d'abord la vieille ville rescapée de la période qui a précédé le grand incendie, puis la structure réalisée sur les plans géométriques de Junod (1833) ainsi que ses prolongements géométriques réalisés plus tardivement, et enfin le paysage industriel s'adaptant sans cesse aux nouvelles conditions. Il y a les quartiers où réside la grande bourgeoisie, avec leurs villas (parmi lesquelles la villa Favre-Jacot de Charles Edouard Jeanneret, qui deviendra plus tard Le Corbusier) ; il y a des régions où se trouvent de remarquables bâtiments construits dans les années 50 et 60. Bien que plus composite, Le Locle, grâce au bon état de préservation de sa substance et à l'adaptation de sa structure géométrique à la situation topographique particulière, forme un espace culturel homogène avec le paysage urbain de La Chaux-de-Fonds.



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