jump to the content

Agglomération Aného-Glidji

Date de soumission : 12/12/2000
Critères: (ii)(iii)(iv)
Catégorie : Culturel
Soumis par :
Ministère de la Culture
Coordonnées E 1°38’ ; N 6°10’18’’ Sud-est du Togo dans la Préfecture des Lacs et jouxte la frontière avec la République du Bénin.
Ref.: 1505
Thèmes
Paysages culturels
Avertissement

Le Secrétariat de l’UNESCO et le Centre du patrimoine mondial ne garantissent pas l’exactitude et la fiabilité des avis, opinions, déclarations et autres informations ou documentations fournis au Secrétariat de l’UNESCO et au Centre du patrimoine mondial par les Etats Parties à la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel.

La publication de tels avis, opinions, déclarations, informations ou documentations sur le site internet et/ou dans les documents de travail du Centre du patrimoine mondial n’implique nullement l’expression d’une quelconque opinion de la part du Secrétariat de l’UNESCO ou du Centre du patrimoine mondial concernant le statut juridique de tout pays, territoire, ville ou région, ou de leurs autorités, ou le tracé de leurs frontières.

Les noms des biens figurent dans la langue dans laquelle les Etats parties les ont soumis.

Description

La ville ancienne, dont la construction remonte à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, fut fondée par les immigrants Guin venus s’établir là à la suite des guerres qui les opposèrent aux Ashanti de l’actuel Ghana. Assimilant les autochtones, les Guin imposèrent leur langue et créèrent une civilisation originale. La situation de la ville, anciennement Petit Popo, en bordure de mer la prédisposait aux échanges marchands avec l’Occident : traite des esclaves, dont Ouidah au Bénin était l’un des principaux ports d’embarquement, et échanges commerciaux. Sous la colonisation allemande et jusqu’en 1897, Aného devint la capitale de cette « colonie modèle » qu’était le Togo. Une ville administrative fut construite au-delà de la lagune, dans le quartier de Zébé. La zone proposée pour inscription comprend trois modules : la bande côtière entre mer et lagune, coupée longitudinalement par la route actuelle qui délimite dans la partie septentrionale le quartier Anéhogan ; le siège administratif du quartier de Zébé ; le lieu des sanctuaires vivants et du bois sacré, Glidji. • La bande côtière entre mer et lagune (ou quartier lagunaire Anéhogan) recèle, dans un entrelacs de ruelles étroites, des biens architecturaux qui témoignent de l’histoire religieuse et commerciale de la ville. C’est un ensemble bâti original d’églises, de presbytères, de palais royaux (chefferies traditionnelles), de maisons à étage de riches marchands. L’accroissement des échanges commerciaux vers la fin du siècle fit naître une classe de marchands dont les demeures rectangulaires, aux toits à quatre pentes et aux proportions harmonieuses, soulignent la richesse. Les bâtiments de la mairie, du commissariat actuel, de la poste et de l’ancien hôpital sont les témoins de cette architecture dite coloniale et de l’importance économique de ce quartier. Il est encore le lieu de résidence des rois traditionnels (clans Adjigo, Akagban, Tougben). • Zébé, siège administratif de la capitale allemande avec plusieurs bâtiments d’architecture coloniale qui sont aujourd’hui la préfecture des Lacs, le musée ethnographique, l’hôpital et la prison civile.* • Glidji, lieu des sanctuaires vivants et des bois sacrés. C’est le lieu de la vie spirituelle, du culte des divinités et des rites vaudous du peuple Guin. Un panthéon de quarante-deux divinités de diverses origines à savoir celles ramenées d’Accra et d’Elmina, celles des souches autochtones aja et celles des captifs esclaves alimente ces rites dont le point culminant est la fête annuelle de Épé-Ekpé qui, selon un calendrier lunaire, marque le début de la nouvelle année commençant avec la treizième lunaison. Le python sacré que les Guin vénèrent vit caché dans les profondeurs de la forêt sacrée, îlot de verdure protégé où ne pénètrent que les officiants en état de pureté. D’autres divinités ont leur sanctuaire dans de grands arbres, signalé à l’attention des profanes par un enclos peint en blanc : divinités mâles ou femelles qui protègent les entreprises des hommes et assurent leur fécondité. Des fonctions cultuelles sont liées à l’eau, omniprésente dans le paysage, où les divinités retournent s’immerger.