Kutná Hora : le centre historique de la ville avec l'église Sainte-Barbe et la cathédrale Notre-Dame de Sedlec
Brève description
Née de l'exploitation de mines d'argent, Kutná Hora devint, au XIVe siècle, une ville royale dotée de monuments symbolisant sa prospérité. L'église Sainte-Barbe, joyau du gothique finissant, et la cathédrale Notre-Dame de Sedlec, restaurée dans le goût baroque au début du XVIIIe siècle, influencèrent l'architecture d'Europe centrale. Ces chefs-d'œuvre s'insèrent aujourd'hui dans un tissu urbain médiéval préservé qui frappe par la richesse de ses demeures privées.
Description longue
Kutná Hora fut l'un des plus importants centres politiques et économiques de Bohême aux XIVe et XVe siècles. Son centre médiéval et ses églises offrent de remarquables exemples d'architecture, et témoignent de la vivacité culturelle de toute cette zone.
La ville, née de l'exploitation de mines d'argent, est construite sur la pente abrupte de la vallée de la Vrchlice, sur le plateau de Kutná Hora, à une altitude de 254 m environ au-dessus du niveau de la mer, à quelque 60 km à l'est de Prague. La prospérité des mines d'argent de Kutná Hora a atteint son apogée aux XIVe et XVe siècles, durant lesquels la ville était l'une des plus riches d'Europe. En juillet 1300, compte tenu de la richesse des gisements d'argent de cette zone, le roi Václav II entreprit une réforme du numéraire avec la participation de financiers italiens. Alors que toutes les autres mines existantes en pays tchèque étaient épuisées, les premiers groschen de Prague furent frappés dans l'atelier monétaire central de Vlašský dvur. Kutná Hora devint alors le plus important centre économique du pays et fut en même temps transformé en ville royale, avec tous les droits et privilèges qui devaient lui être confirmés plus tard par les rois Jan Lucemburský et Charles IV.
La ville devint le centre culturel, politique et économique de la Bohême, rivalisant en importance avec Prague elle-même. Dans le courant du XIVe siècle, elle devint ville royale et se dota de monuments qui attestaient sa prospérité. La fin du XVe siècle y suscita une remarquable croissance édilitaire. Les travaux d'un nouvel hôtel de ville, de la Maison de pierre et de majestueuses demeures aristocratiques commencèrent alors. Pourtant, au début du XVIe siècle, les mines du centre de la ville commencèrent peu à peu à s'épuiser, tandis que l'activité minière se poursuivait essentiellement à Kanek.
Le centre historique est un joyau architectural au niveau européen : Vlašský dvur, la cathédrale Sainte-Barbe, l'église Saint-Jacques, la Maison de pierre et la fontaine gothique comptent parmi les monuments les plus importants de Bohême ; d'autres se trouvent à proximité, à Sedlec et à Malin.
L'intérieur de la cathédrale Sainte-Barbe, joyau de la fin de l'époque gothique, est décoré de fresques médiévales représentant la vie séculière de la ville minière médiévale de Kutná Hora. Elle a été construite entre la fin du XIVe siècle et la première moitié du XVIe siècle à l'initiative de ce qui était alors la principale autorité administrative de la ville, le monastère cistercien de Sedlec. Elle était l'expression de l'importance et du pouvoir de la ville supérieure, formée à partir des années soixante-dix du XIIIe siècle par les communautés de mineurs.
La cathédrale symbolise la fierté, les ambitions et le potentiel exceptionnels des familles nobles de Kutná Hora, auxquelles leurs richesses valaient la faveur des souverains tchèques. Avec l'aide royale, elles obtinrent différents privilèges et la possibilité de mettre leur ville en rapport avec les centres artistiques européens les plus avancés de cette époque. Le premier architecte de l'édifice, John Parler, le dessina comme une cathédrale dotée d'un déambulatoire autour de son presbytère. Au départ, la cathédrale devait être plus allongée et dotée de trois nefs ; le manque d'espace conduisit à la transformer en un édifice à cinq nefs. Y furent également actifs Matyas Rejsek, qui travailla à Kutná Hora de 1489 à sa mort en 1506, et Benedikt Rejt, qui mourut en 1534. En 1558, la cathédrale était terminée, avec la construction de sa façade et de trois toits en tente. Vers cette époque, les mines d'argent étaient à peu près épuisées et les moyens pour meubler et entretenir l'édifice firent défaut.
En 1626, à leur arrivée dans la ville, les Jésuites reprirent l'administration de la cathédrale. Ils entreprirent des modifications architecturales et modifièrent l'environnement de l'édifice en construisant leur collège à proximité immédiate. En 1905, la cathédrale fut à nouveau consacrée. Notre-Dame de Sedlec, restaurée selon le goût baroque en vigueur au début du XVIIIe siècle, a exercé une profonde influence sur l'architecture du centre de l'Europe.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
Le territoire de Kutná Hora a été occupé depuis des temps très reculés. Dès le 10ème siècle de notre ère, on v trouvait un hôtel de la monnaie en rapport avec les riches mines d'argent de la région. En l'occurrence, la présence de minerais a déterminé la formation de ce qui est maintenant le centre historique de la ville qui semble avoir été occupé, entre le 13ème et le 16ème siècles, par une série de petits campements de mineurs disséminés. Le Plan complexe de la ville remonte aux premiers temps de l'exploitation minière et comporte cependant en son cœur, l'intersection de deux voies non urbaines qui devaient mener à deux anciens villages, l'une à Malin et l'autre à Časlav. une autre route ancienne conduit à Kolín. Les nombreux hameaux Qui composaient Kutná Hora étaient alors regroupés autour de petites églises paroissiales romanes qui ont existé jusqu'à la fin du 18ème siècle, moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat et dont une seule subsiste aujourd'hui.
Ce schéma de peuplement remonte, semble-t-il, au 12ème siècle. Le milieu du 13ème siècle fut le témoin de profonds changements quant à l'occupation des terres. Les villes royales fortifiées de Časlav et Kolín furent fondées vers le début des années 1260, en raison de l'existence des mines d'argent dont l'exploitation transforma cette région en une grande zone industrielle sous le règne de Venceslas 11 (1285-1305). L'étendue et l'intensité de cette exploitation des ressources naturelles de Kutná Hora sont relatées dans des documents de l'époque trouvés aussi loin que dans les provinces Rhénanes. Cette exploitation semble n'avoir pas été contrôlée et la vague de prospérité qui a déferlé sur Kutná Hora a été comparable à celle que la ruée vers l'or a généré en Amérique du Nord, au 19ème siècle.
Cette situation fut interrompue en 1300 avec la création par Venceslas 11 d'un hôtel de la monnaie à la cour italienne (Vlassky dvur) à la limite sud de ce qui est maintenant le centre historique de Kutná Hora. Cet hôtel de la monnaie avait pour fonction de battre le groschen de Prague qui fut à la base de la réforme monétaire. En effet, Kutná Hora devint une ville minière royale et fut alors la seconde ville de Bohême après la capitale, Prague. Ce nouveau statut se découvre non seulement dans la ville mais en premier lieu à Sedlec, où Venceslas installa un grand monastère pour l'ordre qu'il affectionnait particulièrement, celui des cisterciens. L'ancienne église romane fut démolie pour faire place à une magnifique cathédrale de l'apogée du gothique.
Les deux sièges que la ville subit en 1304 et 1307 de la part d'Albrecht Habsbourg témoignent de son importance croissante. Le premier siège fut repoussé malgré la précarité de ses défenses et le second fut également un échec car, dans l'intervalle, un épais mur d'enceinte en pierres avait été construit autour de Kutná Hora. Le Hradek (petit château) date probablement de cette époque. Les premières décennies du 14ème siècle virent la transformation de Kutná Hora qui n'était à l'origine qu'un assemblage chaotique de camps de mineurs en une véritable ville. Au milieu du 14ème siècle, le système de défense définitif fut terminé avec quatre portes, des douves et des bastions. Le plan urbain évolua, les petites rues désordonnées du boom minier avec des maisons presque toutes en bois devinrent des voies bordées de riches et grandes maisons de pierre. Les monuments firent leur apparition, le premier hôtel de ville et de nombreuses églises datent de cette époque. Les travaux de la très grande église Sainte-Barbe commencèrent dans les années 1380 à l'extérieur de la ville surpeuplée. Bien qu'ayant les dimensions d'une cathédrale, elle n'eut pour ainsi dire jamais d'autre statut que celui d'église dépendant de la paroisse de Pnĕvice.
Les guerres hussitesimposèrent de nombreux changements à Kutná Hora. Le monastère de Sedlec brûla en 1421 et resta un amas de ruines jusqu'à la fin du 17ème siècle. En 1422 et 1424, de graves incendies dévastèrent une bonne partie de la ville. Cependant, la richesse que généraient les mines permit une rapide reconstruction une fois la paix revenue. Les travaux entrepris sur les églises furent dirigés par deux merveilleux architectes Matej Rejsek et Benedikt Ried. Les défenses furent renforcées par la construction d'un second mur extérieur avec des bastions placés à intervalles irréguliers et le Hradek fut reconstruit dans le style de la fin du gothique. La ville fut embellie par de nombreuses maisons de commerçants et par un système d'arcades, caractéristique de Kutná Hora.
L'absence relative de constructions de la renaissance illustre parfaitement le brutal déclin de ses richesses à partir des années 1540 quand les mines d'argent furent épuisées. La stagnation économique de Kutná Hora fut exacerbée par la guerre de Trente Ans (1618-1648). Bien que la ville n'ait pas été directement victime de cette guerre, elle périclita au point que 200 de ses 574 maisons furent démolies ou désertées. L'installation d'un collège de jésuites au 17ème siècle, eut essentiellement pour résultat de donner à la ville un caractère architectural nouveau, comparable à la rénovation de la cathédrale de Sedlec, dans le style baroque, au début du 18ème siècle, par l'architecte Jan Blažej Santini ainsi qu'aux travaux menés par Killian lgnaz Dientzenhofer au couvent des ursulines et à la chapelle de la sainte-Trinité.
La dissolution du monastère de Sedlec en 1785 fut suivie par l'abandon et la démolition des plus petites églises de la ville; les autres disparurent dans la première moitié du 19ème siècle, ce n'est qu'à partir de 1850 que Kutná Hora devint un centre administratif relativement important et que la ville commença à revivre et à s'intéresser à son patrimoine architectural.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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