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Timgad

Timgad

Timgad lies on the northern slopes of the Aurès mountains and was created ex nihilo as a military colony by the Emperor Trajan in AD 100. With its square enclosure and orthogonal design based on the cardo and decumanus, the two perpendicular routes running through the city, it is an excellent example of Roman town planning.

Timgad

Sur le versant nord des Aurès, Timgad fut créée ex nihilo, en 100 apr. J.-C., par l’empereur Trajan comme colonie militaire. Avec son enceinte carrée et son plan orthogonal commandé par le cardo et le decumanus, les deux voies perpendiculaires qui traversaient la ville, c’est un exemple parfait d’urbanisme romain.

تيمجاد

على المنحدر الشمالي من جبال أوراس، نشأت تيمجاد من لا شيء عام 100 بعد الميلاد على يد الأمبراطور تراجان كمستوطنة عسكرية. وتشكّل المدينة - بفنائها المربع وتصميمها القائم على الأعمدة الذي يشرف عليها الكاردو والديكومانوس وهما الطريقان الرئيسيان اللذان يعبران المدينة- مثالاً مكتملاً للتنظيم المديني الروماني.

source: UNESCO/ERI

提姆加德

蒂姆加德位于奥雷斯山(the Aurès mountains)北麓,是公元100年古罗马皇帝图拉真(the Emperor Trajan)建立的军事殖民地。城市是方形垂直布局,以纵横两轴为基础,两条相互垂直的大街穿越整个城市,是古罗马城市规划的杰出代表

source: UNESCO/ERI

Древний город Тимгад

Тимгад, расположенный на северных склонах гор Орес, был основан в 100 г. н.э. императором Траяном как военная колония на пустовавшем до того месте. Формой своей территории – окруженным укреплениями квадратом и прямоугольной планировкой с двумя перпендикулярными улицами (карго и декуманус), проходящими через весь город, он представляет собой прекрасный пример древнеримского градостроительства.

source: UNESCO/ERI

Timgad

Situada en la vertiente septentrional de los montes Aurés, la colonia militar de Timgad fue construida ex nihilo por el emperador Trajano en el año 100 d.C. Su recinto cuadrado y su plano ortogonal, trazado en torno al eje formado por las dos vías perpendiculares que atravesaban la ciudad –el cardus y el decumanus–, constituyen un ejemplo perfecto del urbanismo romano.

source: UNESCO/ERI

ティムガッド

source: NFUAJ

Timgad

Timgad ligt op de noordelijke hellingen van het Auresgebergte en werd ex nihilo – uit het niets – gebouwd als militaire kolonie door keizer Trajanus in het jaar 100. De stad is een prachtig voorbeeld van Romeinse stedenbouw. Zo heeft de stad een vierkante omheining en is het rechthoekige ontwerp gebaseerd op de cardo – de weg van noord naar zuid – en decumanus – de weg van oost naar west. Deze wegen of assen vormden de twee loodrechte routes door de stad heen. Timgad was een sterke en welvarende kolonie en weerspiegelde met zijn bouwwerken de grandeur van Rome op Numidische bodem.

Source : unesco.nl

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Timgad © UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Dans un site montagneux d'une grande beauté, au nord du massif de l'Aurès, à 480 km au sud-est d'Alger, et à 110 km au sud de Constantine, Timgad offre l'exemple achevé d'une colonie militaire romaine créée ex nihilo. La Colonia Marciana Traiana Thamugadi fut fondée en l'an 100 de notre ère par Trajan, probablement pour servir de campement à la 3ème Légion Auguste qui, par la suite, fut cantonnée à Lambèse. Le plan, d'une grande rigueur, illustre les principes de l'urbanisme romain à son apogée. La croissance rapide de la cité aboutit, dès le milieu du IIe siècle, à faire éclater le cadre étroit de la fondation primitive. Timgad s'agrandit hors des remparts et des édifices publics majeurs sont construits dans les quartiers neufs : capitole, temples, marchés, thermes. La plupart datent de l'époque des Sévères, où la ville connut son âge d'or dont témoignent aussi d'immenses résidences privées.

Colonie forte et prospère, Timgad se devait de donner une image saisissante de la grandeur romaine en terre numide. Les édifices, entièrement construits en pierre, ont été fréquemment restaurés au cours de l'empire : l'arc de Trajan au milieu du IIe siècle, la porte est en 146, et la porte ouest sous Marc-Aurèle. Les rues ont été pavées de grandes dalles rectangulaires en calcaire et un soin particulier a été apporté aux aménagements édilitaires, comme en témoignent les 14 thermes identifiés jusqu'à ce jour. Les maisons, de dimensions variées, brillent par leur somptueux décor de mosaïque destiné à pallier l'absence de marbres précieux. À l'époque chrétienne, Timgad fut le siège d'un évêché célèbre. Après l'invasion vandale de 430, Timgad fut détruite à la fin du Ve siècle par les montagnards de l'Aurès. La reconquête byzantine rendit quelque activité à la cité, défendue par une forteresse construite en 539, au sud, en remployant des blocs arrachés aux monuments romains. L'invasion arabe ruina définitivement Thamugadi qui cessa d'être habitée dès le VIIIe siècle.

Critère (ii) : Le site de Timgad, par son régime de camp militaire romain, son modèle urbanistique planifié et son type d'architecture civile et militaire particulier reflète un profond échange d'idées, de technologies et de traditions exercées par le pouvoir central de Rome sur la colonisation des hautes plaines de l'Algérie antique.

Critère (iii) : Timgad reprend les préceptes de l'urbanisme planifié de la période romaine, régi par un remarquable plan orthogonal en damier. Timgad constitue ainsi un cas typique d'un modèle urbanistique, dont la permanence du plan initial du castrum militaire avait régi le développement du site à travers toutes les époques ultérieures et continue encore à témoigner du génie constructeur des ingénieurs militaires de la civilisation romaine aujourd'hui disparue.

Critère (iv) : Timgad recèle un riche répertoire architectural formé de typologies nombreuses et diversifiées, se rapportant aux différentes phases historiques de sa construction : le système défensif, les édifices publics édilitaires et de spectacles, et un complexe épiscopal. Timgad présente une image vivante de la colonisation romaine en Afrique du Nord qui dura trois siècles.

Intégrité (2009)

La clarification des limites du bien a été soumise mais doit encore être revue. Le périmètre intégrera la totalité des vestiges de la cité. De plus, une zone tampon adéquate est envisagée.

Aucune intervention n'a été effectuée sur le bien depuis son inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Les phénomènes naturels (tremblements de terre, intempéries...) n'ont jamais eu d'impact sur le site qui connaît une stabilité remarquable. L'organisation d'un festival culturel annuel entraîne un  afflux de visiteurs et exerce des pressions sur la conservation du site dues à l'escalade et au piétinement des structures fragiles, aux passages répétés d'engins et de véhicules de service sur des structures vulnérables, aux graffiti, et à la gestion des déchets non-maîtrisée. Le Ministère de la culture a transféré les activités du Festival annuel de Timgad à l'extérieur du site, ce qui permettra de mitiger les impacts négatifs sur le bien. Les restaurations exécutées au fur et à mesure du déroulement des fouilles n'ont pas altéré l'intégrité des monuments qui est toutefois rendue vulnérable en raison du manque d'opérations de conservation et d'entretien et de la surexploitation.

Authenticité (2009)

L'ensemble des vestiges et des artéfacts archéologiques mis au jour témoignent de la Valeur universelle exceptionnelle qui a permis l'inscription du bien. L'abandon du site antique, même à une époque tardive, et la conduite de fouilles archéologiques presque sans discontinuité de 1881 à 1960 ont permis à la cité de Thamugadi d'être épargnée par les constructions récentes dont les moyens mécanisés d'implantation eussent bouleversé les anciens vestiges.

Besoins en matière de protection et de gestion (2009)

Le site archéologique de Timgad est régi par un plan de protection et de mise en valeur (PPMVSA), un instrument juridique et technique qui détermine toutes les actions de conservation et de gestion du bien. L'Office de gestion et d'exploitation des biens culturels (OGEBC) est l'organisme de gestion de ce bien. Il réalise toutes les missions de service public de protection, d'entretien, d'inventaire et développe des programmes de valorisation et de promotion. L'OGEBC réalise son programme de protection et de gestion du site en collaboration avec la Direction de culture de la wilaya (province) qui est dotée d'un service chargé du patrimoine culturel. Le cadre juridique et de gestion comprend les lois 90-30 (loi domaniale), 98-04 (relative à la protection du patrimoine culturel), 90-29 (relative à l'aménagement et à l'urbanisme), et le Plan Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme (PDAU) de la commune de Timgad, 1998. L'État partie considère néanmoins qu'il est nécessaire d'effectuer une révision des dispositions législatives et administratives relatives au bien afin de mieux assurer sa conservation et sa mise en valeur. Il serait nécessaire de traiter l'impact croissant de la régulation inappropriée du nombre de visiteurs et des véhicules sur des structures fragiles et leurs abords.

Description longue

Sur les pentes septentrionales du massif montagneux des Aurès, dans un site d'une grande beauté naturelle, Timgad offre un parfait exemple de colonie militaire romaine ; elle a été créée ex nihilo par l'empereur Trajan en 100 apr. J.-C., sous le nom de Thamugadis. Avec son périmètre carré et son plan orthogonal fondé sur le cardo et le decumanus, les deux rues perpendiculaires qui parcourent la ville de bout en bout, c'est un excellent témoignage d'urbanisme romain à son apogée, qui visait à illustrer de manière frappante la grandeur de Rome en terre numide.

                Inscrit dans une enceinte carrée mesurant 355 m de chaque côté, le plan de Timgad se fonde sur une grille orthogonale rigoureuse, centrée sur le decumanus, implanté dans l'axe de la route qui relie Theveste à Lambèse, et sur l'axe nord/sud du cardo. Il en résulte un réseau d'insulae de dimensions régulières, qui ne s'interrompt qu'au sud pour faire place à de grands monuments publics : le forum et ses annexes (la basilica et la curia), des temples, un théâtre pouvant accueillir 3 500 spectateurs, un marché et des thermes. Dans la partie nord-est de la ville se trouvent d'autres thermes et une bibliothèque publique qui s'inscrivent dans le réseau d'îlots, et ouvrent sur le cardo.

Vers le milieu du IIe siècle, la croissance rapide de la ville ne pouvait plus être contenue dans les limites étroites de sa fondation d'origine. Timgad s'étendit donc alors au-delà du périmètre de sa muraille, et plusieurs importants monuments publics furent construits dans de nouveaux quartiers, à l'ouest et au sud : le capitolium, des temples, des marchés et des thermes. La plupart de ces édifices remontent à la période sévérienne, au cours de laquelle Timgad connut un « âge d'or » également attesté par d'immenses demeures privées, comme la maison de Sertius ou celle de l'Hermaphrodite.

Au début de l'Empire, les édifices faisaient l'objet de restaurations fréquentes, les rues étaient pavées de grandes dalles rectangulaires de calcaire, et une attention particulière était apportée au réseau des latrines publiques. Les maisons resplendissaient de somptueuses mosaïques polychromes, destinées à pallier l'absence de marbres précieux.

Au cours de la période chrétienne, à la fin du IVe siècle, Timgad, alors évêché, devint célèbre lorsque son évêque Optatus se fit le porte-parole de l'hérésie donatiste. Après l'invasion vandale de 430, des tribus descendues du massif des Aurès détruisirent la ville à la fin du Ve siècle. Elle connut un sursaut d'activité dans le courant du VIe siècle, après la reconquête byzantine, mais l'invasion arabe conduisit à sa destruction définitive, et elle fut tout à fait désertée après le VIIIIe siècle.

Source : UNESCO/CLT/WHC
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