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Décisions du Comité

CONF 209 X.B.42

SOC : Vallée de Kathmandu (Népal)

X.42 Vallée de Kathmandu (Népal)

Le Secrétariat, en faisant rapport sur les délibérations de la vingttroisième session extraordinaire du Bureau et ses recommandations, a rappelé au Comité que la Vallée de Kathmandu, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1999, est composée de sept zones de monuments. Bien que ces zones renferment également des secteurs construits composés de bâtiments traditionnels, les limites des zones protégées ont été définies en se fondant sur une vision monumentale plutôt que dans un objectif de protection d'un patrimoine urbain plus étendu. Par conséquent, étant donné le nombre relativement limité de bâtiments traditionnels dans l'aire de patrimoine mondial, leur protection est d'autant plus importante qu'ils constituent le cadre essentiel de chaque zone de monuments. Le Comité a noté qu'en ce qui concerne la zone de monuments de Bauddhanath, on comptait environ 88 bâtiments historiques autour de la stupa en 1979, qui constituaient le cadre à la fois physique et spirituel de cet important site de pèlerinage. En 1993, lors de la mission commune UNESCO-ICOMOS, il en restait 27 et malgré les efforts concertés de conservation du site bénéficiant d'un appui important de la communauté internationale, seuls 15 bâtiments subsistaient en 1998.

Au cours des débats, le Comité a noté le fait que l'inscription du site sur la Liste du patrimoine en péril a été reportée à maintes reprises afin de laisser plus de temps pour appliquer les mesures de conservation, conformément aux 16 recommandations de 1993 et aux 55 recommandations et plans d'action de mesures correctives avec échéancier de 1998 officiellement adoptés par le gouvernement népalais de Sa Majesté. Bien que le Comité ait noté que les rapports périodiques soumis soit par l'Etat partie, soit par le Centre du patrimoine mondial et étudiés par chaque session du Bureau et du Comité depuis 1993, aient témoigné des efforts déployés par l'Etat partie, il a été obligé de signaler la détérioration de l'ensemble du site.

L'ICCROM a félicité l'Etat partie de ses efforts permanents en vue de la protection du site depuis six ans, mais il a déclaré qu'il restait profondément préoccupé de la perte apparente et croissante du tissu historique authentique du site, raison pour laquelle, a-t-il rappelé, la mission commune UNESCO-ICOMOS de 1993 avait décidé de recommander l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le représentant de l'ICCROM a déclaré que si le Comité devait appuyer la recommandation du Bureau d'envoyer une mission de haut niveau, le mandat de cette mission devrait être axé sur :

- une clarification auprès des autorités au plus haut niveau de la raison d'inscrire un site sur la Liste du patrimoine en péril ;

- une définition plus précise des conditions à remplir pour garantir une inscription éventuelle sur la Liste du patrimoine en péril lors des délibérations du Comité en l'an 2000 ;

- une attention supplémentaire apportée aux mesures susceptibles de traiter les causes essentielles des démolitions des tissus vernaculaires des zones de monuments ;

- un souci d'élaboration de données de base pour poursuivre la documentation des bâtiments historiques.

Le Délégué de la Thaïlande s'est rallié à l'avis de l'ICCROM. En vue d'atténuer le danger réel menaçant ce site, le Délégué de la Hongrie a souligné l'importance de la coopération entre les Etats parties en vue d'une meilleure gestion du patrimoine urbain et, à cet égard, il a invité le Népal à participer à l'Atelier de formation à la conservation urbaine intégrée et au Séminaire pour les gestionnaires de villes historiques d'Europe centrale que la Hongrie prévoit d'organiser en l'an 2000.

Le Comité a souligné le fait que bien qu'il ait différé l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril jusqu'à sa prochaine session, il reconnaissait la perte sérieuse des tissus urbains authentiques constatée dans le périmètre du site ces dernières années. Plusieurs membres du Bureau étaient prêts à inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril tout de suite, et ce n'est qu'après la tenue d'un groupe de travail que le Bureau en a différé l'inscription. Il a insisté sur le fait qu'il ne fallait pas sous-estimer la gravité de la situation. De plus, le Comité a fait remarquer que l'inscription d'un site sur la Liste du patrimoine en péril ne devait pas être considérée comme un exercice de mise à l'index, mais qu'il fallait la comprendre comme un outil de conservation et un élément d'un processus destiné à attirer l'assistance technique internationale et à mobiliser la volonté politique nécessaire et l'appui de l'opinion publique en faveur de la conservation au niveau national.

L'observateur du gouvernement népalais de Sa Majesté a exprimé la gratitude de son gouvernement pour le profond intérêt manifesté par le Comité en vue de la protection du site, ainsi que pour l'assistance professionnelle fournie au fil des ans par les organismes consultatifs et le Centre du patrimoine mondial. Il a signalé les efforts de son gouvernement pour la mise en œuvre des 55 recommandations et du plan d'action de mesures correctives avec échéancier adoptés par le gouvernement népalais de Sa Majesté, mais il a souligné les difficultés rencontrées par son gouvernement pour contrôler les dommages dans les zones de monuments. Il a donc demandé au Comité d'envisager de reporter les dates limites de mise en oeuvre du plan d'action de mesures correctives avec échéancier. L'observateur a informé le Comité que le Premier Ministre, conscient de la nécessité d'efforts nationaux concertés ajoutés à ceux du Département d'Archéologie, avait donné des instructions au ministère concerné afin de prendre les mesures nécessaires pour renforcer la gestion du site. L'observateur a déclaré que, bien que la Vallée de Kathmandu soit un site népalais du patrimoine mondial, la responsabilité d'assurer son intégrité et son authenticité incombe également à la communauté internationale tout entière ainsi qu'au Comité. Enfin, il a assuré le Comité que le Gouvernement népalais de Sa Majesté serait heureux d'accueillir la mission de haut niveau composée du Président du Comité, du Directeur du Centre du patrimoine mondial et des experts choisis par l'ICOMOS.

En conclusion, le Comité a rappelé les rapports de la vingt-troisième session ordinaire et de la vingt-troisième session extraordinaire du Bureau et a adopté le texte suivant :

« Le Comité a examiné les rapports sur l'état de conservation présentés dans les documents WHC-99/CONF.209/INF.17A, B, C et s'est déclaré vivement préoccupé par le très sérieux degré de modification incontrôlée et de détérioration de l'authenticité et de l'intégrité des zones de monuments placées sous la protection de la Convention du patrimoine mondial. Il a noté avec satisfaction que l'Etat partie a fait tout son possible pour mettre en application les 16 recommandations de la mission commune UNESCO-ICOMOS de 1993, ainsi que les 55 recommandations de la mission commune UNESCO-ICOMOS-gouvernement népalais de 1998 et le plan d'action avec échéancier.

Le Comité a demandé au gouvernement népalais de Sa Majesté de continuer à faire tout son possible pour préserver ce qu'il reste du tissu urbain historique authentique du site de la Vallée de Kathmandu. Le Comité a demandé au Secrétariat et aux organismes consultatifs de continuer à aider l'Etat partie comme il convient et dans la mesure du possible au renforcement de ses capacités de contrôle du développement, au maintien des bâtiments historiques in-situ et à la correction des constructions illégales et des modifications apportées aux bâtiments historiques sur le site de la Vallée de Kathmandu.

Le Comité a décidé de différer de nouveau l'inscription du site de la Vallée de Kathmandu sur la Liste du patrimoine mondial en péril jusqu'à sa prochaine session.

De plus, vu que l'on continue d'assister à des démolitions et à de nouvelles constructions ou modifications de bâtiments historiques dans la Vallée de Kathmandu - en dépit des efforts concertés au niveau national et international - ce qui se traduit par la perte ou la détérioration continuelle et progressive des matériaux, des structures, des caractéristiques ornementales et de la cohésion architecturale qui constituent le cadre essentiel des zones de monuments, mais aussi leur caractère authentique, le Comité a demandé l'envoi d'une mission de haut niveau pour s'entretenir avec des représentants du gouvernement népalais de Sa Majesté au début de l'an 2000. Cette mission de haut niveau serait composée du Président du Comité du patrimoine mondial ou d'un représentant des membres du Comité, d'un collaborateur confirmé du Centre du patrimoine mondial et de deux éminents experts internationaux choisis par l'ICOMOS. Les conclusions de la mission seront présentées aux prochaines session du Bureau et du Comité en l'an 2000. »