La 28e session du Comité du patrimoine mondial s’est déroulée du 28 juin au 7 juillet 2004 à Suzhou, Chine, sous la présidence de Zhang Xinsheng, vice-ministre de l’Education de la Chine et président de la Commission nationale chinoise pour l’UNESCO. Plus de 700 représentants des Etats parties, des organisations consultatives et d’ONG étaient présents. Vingt-neuf sites culturels et cinq sites naturels ont été ajoutés sur la Liste du patrimoine mondial, portant à 788 (611 culturels, 154 naturels et 23 mixtes) le nombre total de sites inscrits. Cent cinquante-sept rapports sur l’état de conservation des biens ont été examinés. Trois biens ont été portés sur la Liste du patrimoine mondial en péril et trois en ont été retirés. Le Comité a élu son président : Themba P. Wakashe (Afrique du Sud), directeur général adjoint pour le patrimoine, South Africa National Archives and Library Services ; son Rapporteur : Ariel Gonzalez (Argentine) ; et ses vices-présidents : Colombie, Liban, Nouvelle-Zélande, Nigeria et Portugal. Le mandat de ce Bureau durera jusqu’à la fin de la 29e session du Comité du patrimoine mondial, en juillet 2005.

Pendant cette session de huit jours, dans l’atmosphère chaleureuse et accueillante créée par le pays hôte et la ville de Suzhou, le Comité du patrimoine mondial a examiné un nombre considérable de questions visant à rendre son travail et la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial plus efficaces.

Vers une Liste du patrimoine mondial équilibrée

L’un de ses premiers soucis était d’encourager la progression des catégories de sites sous-représentées et d’améliorer la couverture géographique. Le Comité a reconnu que la « Décision de Cairns » pour l’établissement d’une Liste du patrimoine mondial plus équilibrée n’avait pas été mise en œuvre dans sa totalité.

Le Comité a donc décidé d’adopter à titre expérimental et provisoire un mécanisme différent qui sera appliqué à sa 30e session. A cette époque, il examinera au maximum deux propositions d’inscription complètes par Etat partie, à condition qu’au moins une des propositions concerne un bien naturel. Il a également fixé à 45

le nombre maximum de propositions d’inscription qu’il étudiera à sa 30e session, chiffre qui inclut les propositions différées et renvoyées par des sessions antérieures du Comité, les extensions, les propositions transfrontalières et celles soumises d’urgence.

Le Comité a demandé au Secrétariat d’indiquer aux Etats parties, dans les 30 jours qui suivent la réception des propositions d’inscription, si leurs dossiers sont complets. Il a également décidé de mettre au point un mécanisme permettant aux Etats parties de corriger ce qu’ils considèrent comme des erreurs de fait dans leurs propositions d’inscription.

Le Comité a demandé au Centre du patrimoine mondial, en coopération avec les Etats parties, l’ICOMOS, l’UICN, l’ICCROM et d’autres partenaires concernés, de convoquer d’ici mars 2005 une réunion d’experts qui devra faire des propositions spécifiques permettant aux Etats parties moins représentés et non représentés d’améliorer la qualité de leurs propositions d’inscription et de trouver les aides financière requises pour une conservation durable des biens inscrits. Le but est de réduire d’au moins 30 % d’ici 2007 le nombre d’Etats parties moins représentés et non représentés, et de 20 % le nombre de biens inscrits à ce jour sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le Centre du patrimoine mondial devra rendre compte des propositions et conclusions de cette réunion à la 29e session du Comité.

Le Centre du patrimoine mondial – Activités en cours

Le Comité a également examiné le travail du Centre du patrimoine mondial, le félicitant pour son activité spéciale de soutien au patrimoine mondial de la République démocratique du Congo. Il s’est dit extrêmement préoccupé par le manque critique de personnel permanent au Centre, en particulier dans les unités Amérique latine et Caraïbes, Europe et Amérique du Nord, Politique générale et mise en œuvre statutaire ainsi que personnel permanent chargé du patrimoine naturel. Il a demandé instamment que cette question soit abordée au plus tard dans le Programme et budget de l’UNESCO pour l’exercice biennal 2006-2007.

Il a demandé au Centre du patrimoine mondial de soumettre à la 29e session pour considération les projets thématiques « Astronomie et patrimoine mondial » et « Conservation du milieu marin ».

Le Comité a aussi demandé au Centre de soumettre à la 29e session un rapport sur la base de données en ligne qui sera en principe opérationnelle à partir du 1er avril 2005 et devra donner des informations sur l’exécution de toutes les décisions adoptées par le Comité à partir de la 26e session. Le Centre devra en outre mettre au point une base de données similaire pour les décisions adoptées par l’Assemblée générale des Etats parties à la Convention et présenter à la 29e session un rapport à ce sujet.

Le Comité a décidé que la version révisée des Orientations devant guider la mise en oeuvre de la Convention entrerait en vigueur le 1er novembre 2004, sous réserve de l’approbation de Madame Vera Lacoeuilhe, présidente de la 27e session.

Malgré cette session plus longue que d’ordinaire, le temps a manqué pour aborder tous les points de l’ordre du jour. C’est pourquoi il a été décidé d’organiser une 7e session extraordinaire du 6 au 11 décembre 2004 au siège de l’UNESCO, à Paris.

La 29e session du Comité aura lieu à Durban, en Afrique du Sud en juillet 2005.