A la demande du Comité du patrimoine mondial et sur invitation du gouvernement de l'Équateur, une mission conjointe du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO et de l'Union mondiale pour la nature (UICN) est actuellement en cours en Équateur (8 - 12 avril 2007) afin d'évaluer l'état de conservation du parc national des Galápagos et de sa réserve marine. La mission comprendra des réunions de haut niveau avec les hauts fonctionnaires nationaux des ministères du tourisme, des affaires étrangères et de l'environnement.

Parmi les participants, Monsieur Kishore Rao, Directeur adjoint du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, Monsieur Tumu te Heuheu, Président du Comité du patrimoine mondial et le Docteur Bernd von Droste de l'Union mondiale pour la nature (UICN) seront présents.

Les conclusions de la mission seront présentées au Comité intergouvernemental du patrimoine mondial lors de sa prochaine session, qui se tiendra à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, du 23 juin au 2 juillet (voir http://whc.unesco.org/fr/185/ pour plus d'informations). Le Comité du patrimoine mondial est l'organe directeur de la Convention du patrimoine mondial, composé de 21 membres élus parmi les 183 pays ayant ratifié la Convention.

Pendant ses sessions, le Comité du patrimoine mondial examinera les conclusions de la mission et conviendra des mesures nécessaire à prendre afin d'assurer la conservation sur le long terme du site. Le Comité peut inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril s'il considère qu'il est en situation de « péril prouvé » ou de « mise en péril » grave (voir http://whc.unesco.org/fr/orientations/ paragraphes 177-191 pour les informations techniques).

Inscrire un site sur la Liste du patrimoine mondial en péril permet de mettre en oeuvre une coopération nationale et internationale accrue concernant l'élimination des menaces pesant sur un site du patrimoine mondial.

Les rapports de mission précédents de l'UNESCO et de l'UICN sur les Galápagos adressés au Comité du patrimoine mondial (2005, 2006) ont chaque fois mis en évidence les menaces majeures suivantes à la conservation sur le long terme des îles :

  • Introduction d'espèces végétales et animales non indigènes (dites étrangères ou exogènes) due à l'augmentation du trafic aérien et maritime. L'arrivée d'espèces invasives dans les écosystèmes propres aux îles a démontré que cela entraîne des disparitions massives dans les îles partout dans le monde. Voir http://www.hear.org/galapagos/invasives/introduction.htm pour plus d'informations.
  • Pêche illicite. Jusqu'à 300000 requins sont illégalement pêchés dans les eaux territoriales des Galápagos chaque année exclusivement dans le but d'alimenter le marché asiatique de soupe d'aileron de requin. La capture illégale de concombre de mer, bien qu'encore intensive, a chuté par rapport aux niveaux précédents à cause de l'importante réduction de la surpêche parmi les populations.
  • Incapacité d'appliquer la loi. En dépit d'un encadrement juridique excellent, les institutions gouvernementales nationales rencontrent des difficultés pour garantir la pleine application de la loi.
  • Immigration illégale et croissance de la population. Bien que les lois assurent le contrôle des mouvements de population entre le continent et les Galápagos, à peu près 20% d'environ 30000 habitants des Galápagos ne possèdent pas le permis de séjour nécessaire. L'augmentation de la population accroît le risque d'introduction et de propagation d'espèces exogènes ainsi la pression sur les ressources limitées.

Site du patrimoine mondial des Îles Galápagos

Les Îles Galápagos furent le premier site à être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1978. Le site a bénéficié d'une extension en 2001 afin d'inclure la Réserve marine des Galápagos. Situées dans l'océan Pacifique, à environ 1000 km du continent sud-américain, ces dix-neuf îles et la réserve marine qui les entoure constituent un musée et un laboratoire vivants de l'évolution uniques au monde. Au confluent de trois courants océaniques, les Galápagos sont un creuset d'espèces marines. L'activité sismique et le volcanisme toujours en activité illustrent les processus qui ont formé ces îles. Ces processus, ainsi que l'isolement extrême de ces îles, ont entraîné le développement d'une faune originale - notamment l'iguane terrestre, la tortue géante et de nombreuses espèces de pinsons qui inspira à Charles Darwin sa théorie de l'évolution à la suite de sa visite en 1835. Depuis que l'homme s'est durablement établi sur ces îles, environ 5% des espèces présentes dans les Galápagos avant son arrivée sont considérées comme disparues.

De nos jours, 30 000 personnes habitent dans trois zones principales de peuplement dans les îles ; la plupart travaillent directement ou indirectement en relation avec les activités touristiques, le secteur des services et dans une moindre mesure l'agriculture et la pêche traditionnelle. Chaque année plus de 100 000 visiteurs, pour la plupart originaires d'Amérique du Nord et d'Europe, gagnent les îles par avion afin d'embarquer pour une croisière.