« Face aux tentatives de réécriture de l'histoire auxquelles nous assistons, je ne peux que rappeler de la façon la plus vigoureuse que nous avons un impératif moral d'analyser et de transmettre, sans falsification, sans altération ni oubli, le passé.

Toute tentative pour remettre en question ou nier la réalité de l'Holocauste ou de tout autre crime contre l'humanité est à déplorer profondément. L'UNESCO a un rôle majeur à jouer dans ce travail de transmission, qui s'adresse tout particulièrement aux jeunes générations.

L'inscription du site d'Auschwitz sur la Liste du patrimoine mondial de l'humanité participe de ce devoir d'histoire et de mémoire de façon particulièrement exemplaire. J'ai pu le mesurer personnellement au cours de la visite que j'y ai effectuée en avril 2001, qui restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Je partage pleinement la conviction du Secrétaire général des Nations Unies qui a récemment dénoncé toute tentative visant à jeter le doute sur la réalité de l'Holocauste, qu'il qualifie « d'événement horrible, unique et indéniable ». C'est la raison pour laquelle l'UNESCO a salué l'adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies, il y a près d'un an, d'une résolution proclamant le 27 janvier, jour de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz, « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste », pour se souvenir des crimes du passé et pour prévenir les actes de génocide dans le futur.

Au-delà des nécessaires commémorations auxquelles elle s'associe, l'UNESCO agit au quotidien à travers l'ensemble de ses activités et programmes en promouvant l'éducation de qualité, l'éducation aux valeurs, le dialogue et la tolérance, le respect des différences, et de la riche diversité culturelle. Cette lourde responsabilité qui nous incombe demeure tristement d'actualité, mais nous devons rester mobilisés. »

Koïchiro Matsuura