Cette année, la Journée internationale de la jeunesse est placée sous le thème : « Des espaces sûrs pour les jeunes ».

La jeunesse est une phase décisive dans la construction des personnalités. C’est l’âge où l’on s’aventure vers l’inconnu, où l’on recherche de nouveaux horizons ; c’est une période de rencontres, souvent marquantes ; c’est le temps des premiers engagements. Mais la jeunesse est aussi un âge vulnérable, où des expériences négatives peuvent rapidement conduire au repli sur soi, à l’isolement, à la marginalisation.

Garantir aux jeunes des « espaces sûrs », c’est créer les conditions d’un développement harmonieux de leur personnalité, c’est assurer un climat de confiance où ils peuvent exprimer librement leur potentiel et renforcer leur estime de soi.

Ces espaces, ce sont, au sens large, tous les lieux et toutes les configurations où les jeunes sont en interaction les uns avec les autres. Ce sont d’abord les lieux d’apprentissage et de formation comme les écoles, les lycées, les universités. Ce sont aussi les espaces de rencontres dédiés au loisir, au sport ; les espaces publics politiques, au sein desquels les jeunes doivent pouvoir faire librement l’expérience de leur citoyenneté. ; les espaces urbains, qui doivent offrir un environnement de qualité. Ce sont enfin les espaces virtuels digitaux et les réseaux sociaux où les jeunes sont très tôt immergés et particulièrement actifs.

Au sein de tous ces espaces, il est nécessaire d’assurer un principe d’inclusion, au-delà des différences de genre, de culture, de langue, de religion, et de garantir le respect de la liberté d’expression et de la dignité de chacun. Il est indispensable de traquer les discriminations, le harcèlement, toutes les formes insidieuses ou ouvertes de violence, et d’aider à prévenir les tentatives d’endoctrinement.

Dans ce dessein, l’UNESCO lance cette année le projet « Espaces de jeunes ». Il s’agit de créer des réseaux, actifs aux différents échelons géographiques – local, national, régional - , réunissant non seulement des jeunes, mais aussi des représentants politiques, des chercheurs, des entrepreneurs, des leaders d’opinion. Le but est d’associer la jeunesse à la conception de programmes relevant du mandat de l’UNESCO – éducation, culture, science, communication et information -, de les intégrer aux prises de décision, d’en faire des acteurs à part entière de la vie sociale et politique.

« Qui peut savoir ce que les jeunes ont dans leur cœur, si ce n’est les jeunes eux-mêmes ? », écrit Patti Smith dans son roman Just kids. En cette Journée internationale, j’invite les acteurs de la société civile, les décideurs politiques, les entrepreneurs à imaginer de nouvelles formes de collaboration capables de valoriser l’immense potentiel de la jeunesse et de lui permettre d’exprimer ce qu’elle porte en elle de singulier et de fécond.