Le patrimoine culturel a été la cible de nombreuses attaques et a subi des dommages collatéraux dans les conflits armés. Récemment, des destructions de sites classés au patrimoine mondial, tel qu’Alep en Syrie ou encore Hatra en Iraq, ont mis en lumière ce problème et ont alerté la communauté internationale. L’un des moyens de limiter les dégâts est d’inciter les forces armées à être pleinement conscientes des sites et monuments classés au patrimoine culturel, des sites archéologiques et des musées tout au long de leurs opérations militaires et de recevoir une formation spéciale sur la protection du patrimoine culturel.

Au cours du forum Blue-Helmet-Blue-Shield 2017 qui s’est tenu en Autriche au musée Kunsthistorische de Vienne, le 3 mars dernier, l’accent a été mis sur « les meilleurs moyens pour la sauvegarde de la paix et pour la protection des biens culturels. » L’évènement a été suivi par des experts de l’ICOMOS, de la FINUL, de l’OTAN et du Blue Shield. Mechtild Rössler, Directrice de la Division du patrimoine de l’UNESCO, a souligné que « Les forces de sécurité, le personnel militaire, la police et les officiers de douanes ont tous un rôle extrêmement important à jouer dans la protection du patrimoine et doivent donc travailler en étroite collaboration avec les institutions culturelles dans ce but. » Elle a partagé avec les participants des informations sur le cadre législatif ainsi que des outils pratiques, incluant les expériences de l’UNESCO sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé dans le cadre de la Convention de La Haye de 1954 et ses deux protocoles, ainsi que la prévention du trafic illicite d’objets culturels dans le cadre de la Convention de l’UNESCO de 1970. La publication récente de l’UNESCO, Manuel militaire sur la protection des biens culturels, pionnière du genre dans ce domaine, a également fait l’objet d’une présentation. Le manuel évoque une variété de sujets, tels que les mesures préparatoires, les mesures destinées à accroître le respect des biens culturels, les procédures de précaution en cas d’attaque, la protection des biens culturels en territoire occupé, ainsi que les mesures pénales.

Outre les monuments et les sites, les musées et les collections ont besoin d’une protection spéciale au cours de conflits, en mettant l’accent en particulier sur le pillage et le trafic illicite. Mme Rössler a donné des précisions sur les outils de formation et les ateliers que fournit l’UNESCO pour les musées en situation d’urgence et de conflit, et a présenté les Recommandations 2015 de l’UNESCO sur la protection et la promotion des musées et des collections, leur diversité et leur rôle dans la société.

Les participants, dont certains venaient d’autres agences (FINUL) et universités, ont fait la liste des moyens pour renforcer la protection du patrimoine en tant que partie intégrante des stratégies durables afin d’encourager le développement, la paix et la sécurité, tout comme le rôle de l’éducation et des campagnes de sensibilisation dans la promotion d’une compréhension et d’un respect mutuels. Le séminaire était accueilli par l’Association of Austrian Peacekeepers.