Le gouvernement de Monténégro, Serbie et Monténégro, a abandonné un projet de construction d’un barrage qui aurait inondé une partie des gorges de la rivière Tara située dans la Réserve de biosphère de l’UNESCO, proche du Parc national Durmitor, un site du patrimoine mondial inscrit en 1980. Ceci est le résultat des réunions que le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a eues avec les Présidents de Serbie et Monténégro et de Bosnie-Herzégovine en 2004, et de sa décision d’envoyer immédiatement sur le site une mission internationale composée d’experts de l’UNESCO et de l’UICN en janvier dernier. Conformément à leur évaluation sur le terrain et à leur rapport qui recommandait d’inscrire le site sur la Liste du patrimoine en péril si le barrage était construit, le gouvernement a décidé d’arrêter ce projet.

Façonné par les glaciers et découpé par les rivières et les eaux souterraines, le Parc national Durmitor est d'une beauté naturelle saisissante. La rivière Tara coule parmi les gorges les plus profondes d'Europe, et doit également son importance à ses denses forêts de conifères et à sa flore endémique. Le projet aurait provoqué l’inondation de 12 km des 80 km des gorges pour la construction d’une centrale hydro-électrique. Les experts de la mission internationale ont conclu que le barrage menacerait potentiellement les valeurs pour lesquelles le site avait été inscrit sur la Liste, ainsi que son intégrité, puisqu’il altérerait les gorges et menacerait une large variété de flore et faune, tels les oiseaux migrateurs.

Plus spécifiquement, la mission a vivement recommandé que la coopération entre la République de Monténégro, Serbie et Monténégro, et la Bosnie-Herzégovine soit renforcée sur un certain nombre de sujets, telles la coordination des activités sur les deux rives des gorges de la rivière Tara, des activités de protection communes dans le bassin de la rivière Tara, et la coopération pour une extension potentielle du site du patrimoine mondial dans le futur. Selon la mission, des activités à long terme de développement durable sont la clé de la protection du site du patrimoine mondial et de la Réserve de biosphère, tout comme le développement de sources de revenue durables pour les populations locales. Le Monténégro, dont la constitution est la première au monde de mentionner la protection de l’écologie, s’est engagé à trouver des solutions pour produire de l’énergie tout en respectant ses sites du patrimoine mondial.

La décision, qui a été prise deux mois après l’accord entre la Lituanie et la Fédération de Russie de protéger le site du patrimoine mondial de l’Isthme de Courlande, est un autre exemple du succès de la Convention du patrimoine mondial en tant qu’instrument de coopération internationale et de protection du patrimoine.