Pour la première fois, des cartes précises et détaillées de zones inaccessibles d'Afrique centrale, permettant de surveiller l'habitat naturel des gorilles des montagnes, dont l'espèce est menacée, ont pu être réalisées grâce à la collaboration de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de l'UNESCO. Une réunion présentera les résultats de ce projet commun intitulé BEGo (Build Environment for Gorillas) le 7 avril au Siège de l'ESA à Paris. C'est un projet-pilote de l' « Open initiative », accord de coopération signé entre l'UNESCO et l'Agence spatiale européenne (ESA) le 18 juin 2003 afin d'encourager l'utilisation des technologies spatiales pour la surveillance des sites culturels et naturels du Patrimoine mondial.

Le projet BEGo, auquel ont également participé des ONG, des universités et des gouvernements, a permis d'utiliser des satellites pour la surveillance de sites du Patrimoine mondial en Ouganda, Rwanda et République démocratique du Congo (RDC). Ces sites hébergent environ 650 gorilles des montagnes, une population suffisante pour assurer la survie de l’espèce.

A partir des images satellite fournies par l'ESA à l'UNESCO, des cartes compatibles avec le système GPS ont pu être réalisées. Ces cartes permettent désormais d'observer le déplacement des gorilles et les changements et dégradations de leur habitat. Jusqu'alors, seules des cartes peu précises ne portant que sur certaines parties de ces régions étaient disponibles.

La comparaison avec des images satellite d'archives a également permis d'évaluer changements et dégradations dans l'habitat des primates entre 1990 et 2003, du fait de l'arrivée de réfugiés, de la déforestation et du braconnage.

La réunion sera présidée par Marcio Barbosa, Directeur général adjoint de l'UNESCO, et Jean-Pol Poncelet, Directeur Stratégie et Relations extérieures de l'ESA. La présentation des résultats du projet se terminera par une table ronde regroupant des représentants des parcs nationaux du Rwanda et de l'Ouganda, de l'Institut congolais pour la conservation de la nature, de l'International Gorilla Conservation Programme, de la Wildlife Conservation Society, de l'Institute of Tropical Forest Conservation, l'ambassadeur de la RDC auprès de l'UNESCO, les ambassadeurs du Rwanda et de l'Ouganda auprès de l'Union européenne et les délégués des gouvernements belge et néerlandais auprès de l'ESA.