Ce vendredi 31 janvier 2014, l’UNESCO s’est associée à la Commission de l’Union africaine pour sensibiliser et collecter des fonds pour le Fonds du patrimoine mondial africain (FPMA) au cours d’un déjeuner réunissant les chefs d’États africains au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba en Ethiopie. Les participants se sont engagés à verser un montant total de 3,05 millions de dollars USD au fonds de dotation du FPMA.

54 Etats membres de l’Union africaine ont été conviés à ce déjeuner par le Dr Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine. La table d’honneur a réuni sept chefs d’États, cinq vice-présidents ainsi que seize premiers ministres, ministres des Affaires étrangères et de la Culture.

Le Directeur général adjoint de l’UNESCO, M. Gatechew Engida, a prononcé un discours au nom de la Directrice générale, Mme Irina Bokova, qui a réitéré l’engagement de l’UNESCO à soutenir le FPMA, et a souligné que « le FPMA est indispensable pour mobiliser toute la puissance du patrimoine culturel et naturel de l’Afrique pour le développement durable ». Il a appelé les chefs d’Etat à soutenir le travail du FPMA et a lancé un appel aux dons afin de contribuer au fonds de dotation du FPMA.

Plus de 3 millions de dollars ont été promis à ce fonds de dotation par les gouvernements du Kenya (1,5 millions de dollars), de l’Afrique du Sud (1 million de dollars), de l’Algérie (400 000 dollars), du Tchad (100 000 dollars) et de la Namibie (50 000 dollars). En outre, l'Algérie a annoncé le détachement d'un spécialiste algérien pour travailler sur le patrimoine mondial africain, ainsi que la création d'un Centre UNESCO de catégorie II en Algérie pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le premier ministre de l'Ile Maurice a également annoncé l'intention de son pays de faire un don au fonds de dotation dans un avenir proche.

Bien que le fonds de dotation ait besoin de 25 millions de dollars USD afin de rendre le FPMA indépendant et pleinement opérationnel, les contributions promises ont été les bienvenues. Elles aideront à poursuivre le travail important que mène le FPMA aux côtés du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, du secrétariat de la Convention de 1972 de l’UNESCO sur le patrimoine mondial afin d’augmenter le nombre de sites africains sur la Liste du patrimoine mondial et de renforcer les capacités des États membres africains à gérer et à promouvoir leur patrimoine.

Au cours de leurs discours, la présidente de la Commission de l’Union africaine, le président du FPMA, les chefs d’État, les mécènes du FMPA et autres représentants du secteur privé, ont tous reconnu le rôle central que joue le FMPA dans la sauvegarde du patrimoine en Afrique. Ils ont unanimement remercié l’UNESCO pour le rôle important joué dans le soutien au FPMA. Ils ont exprimé leur souhait de voir plus de sites naturels et culturels en Afrique inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le potentiel lié au tourisme des sites du patrimoine mondial en Afrique et les avantages économiques directs qu'ils peuvent apporter aux communautés locales ont également été soulignés. Enfin, ils ont demandé à tous les pays africains de ratifier la Convention du patrimoine mondial.

Suite à cette importante rencontre des chefs d'État, le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO organisera un événement sur le patrimoine mondial en Afrique le 16 juin 2014 à Doha, au Qatar lors de la 38e session du Comité du patrimoine mondial. Cette rencontre sera une autre occasion pour les États africains parties de la Convention du patrimoine mondial d’en apprendre davantage sur les réalisations importantes et le potentiel inexploité du FMPA afin de contribuer à la promotion et la protection du riche patrimoine naturel et culturel de l'Afrique dans le monde entier.

Créé en 2006 grâce à une initiative conjointe du gouvernement de l'Afrique du Sud, de l'Union africaine et de l'UNESCO, le FMPA est une organisation intergouvernementale basée en Afrique du Sud dont la mission est d'aider, les pays africains à augmenter le nombre de sites africains sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, dans la conservation et la gestion du patrimoine naturel et culturel et la réhabilitation des sites sur la Liste du patrimoine mondial en péril, de former des experts du patrimoine et des gestionnaires de sites, et d'assurer la participation des communautés locales aux décisions concernant leur patrimoine ; et de veiller à ce qu'elles reçoivent des bénéfices tangibles liés au statut de patrimoine mondial.