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Ensemble des monuments historiques et des sites naturels du village de Menjez

Date of Submission: 11/07/2019
Criteria: (iii)(iv)
Category: Cultural
Submitted by:
Délégation Permanente du Liban auprès de l'UNESCO
State, Province or Region:
Akkar
Coordinates: N34 36 55 E36 14 44
Ref.: 6430
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Disclaimer

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Property names are listed in the language in which they have been submitted by the State Party

Description

Menjez est un village situé sur les rives du Nahr el-Kabir, à la frontière Nord du Liban, à 130 km de la capitale Beyrouth.  Depuis les croisés le village porte le nom de « Mont Guise » au nom de la famille franque qui a construit le monastère : Notre dame de la forteresse. Une autre interprétation donne une origine syriaque au nom, Ngaz ou Agnez qui veut dire cacher un trésor. Menjez recèle d’importants vestiges archéologiques, notamment, une basilique et une forteresse datant du temps des croisés (le Felicium). À proximité de l’ancien château franc, se dresse l’unique temple construit avec de la pierre basalte au Liban, édifié près de la source de Hajjoul, connue actuellement sous le nom de « Makam el-Rab » (le domaine de Dieu).

Jusqu’à présent l’origine exacte du temple n’a pas été déterminée. Certains affirment que la partie visible du site est dédiée au dieu romain Apollon, qui est symbolisé par l’aigle. D’autres experts affirment que le site est un temple hellénistique, dédié à Nemesis déesse de la vengeance. Situé sur la route des caravanes qui traversait le littoral phénicien vers l’intérieur de la région, notamment Homs, Baalbeck et la Palestine, le temple était dans l’Antiquité un haut lieu de pèlerinage.

Dans la vallée, on trouve aussi les vestiges des aqueducs de Zénobie s’élevant à 5 mètres de hauteur.

Plus qu’une centaine de tombes mégalithiques de forme ovale, rectangulaire, polygonale ou circulaire ont été découvertes à Menjez. 87 ont été étudiées et enregistrées par le père jésuite Maurice Tallon dans les années soixante. Elles dateraient de la période chalcolithique ou de l’âge du bronze ancien. Elles sont construites avec des dolmens en basalte insérés directement dans le sol. Elles constituent la plus large nécropole mégalithique au Liban.

Des gravures à l’air libre réalisées par piquetage ornent la roche mère et des blocs libres de dimensions très variables. L’abondance de ces signes et marques dans la roche pourrait signifier un sanctuaire dédié au serpent au vu de la fréquence d’évocation de ce reptile ophidien.

Les tombes mégalithiques de Menjez forment une catégorie d’objets du patrimoine très particulière pour la préhistoire récente : ce sont des monuments funéraires de grande dimension, nombreux, dispersés dans le paysage, dans des zones qui sont actuellement en plein développement agricole.

Le village de Menjez conserve un patrimoine bâti moderne datant du siècle dernier avec de la pierre basalte et avec des techniques de construction à l’ancienne. Sur le plateau de Menjez, situé au nord du Liban, à la frontière syrienne, la couche de basalte en cours de désagrégation offre un matériau abondant et facile à extraire pour l’édification de nouveaux bâtiments.

La forêt de Menjez est considérée comme une importante zone végétale (IPA) qui s'étend le long des rives sud de Naher el Kabir (c’est-à-dire la zone de biodiversité clé du bassin sud de Nahr el Kabir - code LBN11). Menjez IPA comprend 71 espèces végétales, dont 22 sont limitées à la Méditerranée orientale, 4 au Liban, en Syrie et en Palestine, 2 au Liban et en Syrie et 2 au Liban, en Syrie et en Turquie. Dans cet habitat national menacé, il existe 29 espèces endémiques ou menacées au niveau national, et il existe une espèce d’extrémité (Isoetes duriei Bory). De plus, l’IPA de Menjez comprend une grande partie de Laurus nobilis récemment intérêt de la communauté pour l'extraction des feuilles, d’huile brut et des huiles essentielles. Les chênes de Chypre (Quercus infectoria, nom arabe commun: Malloul / Aafes) et les chênes du mont Thabor (Quercus ithaburensis) sont également abondants dans la forêt. De plus, la forêt de Menjez est riche de nombreux autres produits forestiers non ligneux (PFNL) qui peuvent avoir des revenus économiques élevés, tels que les champignons comestibles (Agaricus sp. et Macrolepiota sp.). En plus des plantes comestibles, aromatiques et médicinales comme le thym (Origanum syriacum), chicorée (Cichorium intybus), houx de mer méditerranéen (Eryngium sp.), Asperges (Asparagus officinalis), et camomille (Matricaria chamomilla), entre autres.

Justification of Outstanding Universal Value

Le Liban, la Syrie et la Jordanie possèdent un « patrimoine mégalithique » largement ignoré par les scientifiques et par le public.

Le complexe mégalithique de Menjez est le plus grand site de la zone, il comprenait 87 tombes dans les années soixante lorsque le R. P. M. Tallon les a fouillés et il n’en subsiste plus qu’une cinquantaine lors des récents travaux de l’université de Genève en partenariat avec le Château-Musée de Bélesta, le Musée de Préhistoire libanaise et la municipalité de Menjez. Sur les 11 tombes nettoyées lors de la campagne de valorisation plus de 200 pierres levées ont été observées, elles forment les chambres circulaires ou quadrangulaires des tombes. Certaines d’entre elles présentent des gravures et vraisemblablement des traces de peinture. Les monuments funéraires sont regroupés par 7/8 monuments et occupent les versants des cours d’eau qui structurent l’espace autour du village de Menjez : le Wadi Fazaa, le Wadi Menjez et le Nahr el Kebir. Pour la Préhistoire récente (4 et 3 ème millénaires avant l’ère chrétienne) c’est l’un des rares sites préservé dans le Akkar.

Menjez est l’un des rares endroits abritant un patrimoine archéologique très riche et très varié s’étalant sur différentes périodes historiques dans un cadre naturel très bien préservé.  

Le temple de Menjez est l’un des rares temples dédiés à la déesse Némésis datant de la période hellénistique et qui est en bon état de conservation, le château médiéval, le patrimoine bâti datant du 19éme siècle. La forêt de Menjez est exceptionnelle avec les 71 espèces végétales dont 22 sont limitées à la Méditerranée orientale, 4 au Liban, en Syrie et en Palestine, 2 au Liban et en Syrie et 2 au Liban, en Syrie et en Turquie. 

Critère (iii) :  Les tombes mégalithiques de Menjez et les monuments associés apportent un témoignage exceptionnel sur une civilisation qui s’est développée sur la rive Est de la méditerranée et qui date de la période chalcolithique ou de l’âge du bronze ancien. Elles témoignent de la continuité d’une tradition qui s’est étendue jusqu’aux époques phénicienne et romaine. 

Critère (iv) :  Les tombes mégalithiques de Menjez offrent un exemple éminent d’un type de construction qui illustre une période significative de l’histoire humaine à l’époque chalcolithique.

Statements of authenticity and/or integrity

Les tombes mégalithiques de Menjez présentent des formes, des matériaux et une localisation authentiques. Ils sont en majorité restés intacts depuis l'époque de leur construction et leur état actuel résulte d'un processus normal de détérioration. Si quelques-uns d'entre eux ont été démantelés par des paysans, leurs pierres sont restées intactes et on peut facilement reconstituer leur forme originale et retrouver leur localisation. Le temple de Nemesis est en bon état de conservation, le château conserve ses limites d’origine avec les installations qui l’accompagnaient.

Comparison with other similar properties

Plusieurs monuments mégalithiques dans le monde sont inscrits sur la Liste du Patrimoine Mondial, tels que Antequera en Espagne, Stonehenge et New-Grange en Angleterre ou encore ceux de Corée et de Sénégambie. Dans l’aire méditerranéenne sont également inscrits les temples mégalithiques de Malte (Ggantija, Hagar, Qim, Mnajdra, Skorba, Ta’Hagraf et Tarxien). 

Les tombes mégalithiques de Menjez sont assez comparables en proportion à ceux de Malte qui dateraient de la même époque. Elles constitueraient la plus large nécropole mégalithique découverte sur la côte est de la Méditerranée. Ils présentent une iconographie ophidienne qui apparaît dès le Néolithique, le serpent ayant un rôle important dans les cultures Néolithique et Chalcolithique. On lui prête également un rôle primordial dans les mythologies des peuples agro-pastoraux. Similaire à Menjez, le site de Jebel Mutawwaq, en Jordanie est un village de maisons à double abside avec une vaste nécropole de dolmens auxquels est adjoint un temple aux serpents.

Le temple de Menjez peut être comparé à plusieurs   temples en Syrie, temple d’Arfa en Syrie centrale, mais qui date de la période romaine.  Il peut être aussi comparé au temple de Ain Dara de la période de l’Age du fer, néo-hittite, hellénistique, romaine. Mais l’état de conservation des monuments de Menjez est très souvent excellent et permet de nombreuses réflexions sur les techniques architecturales lesquelles ne sont plus possibles sur des nécropoles syriennes qui ne sont pourtant qu’à une trentaine de kilomètres.

Du château de Felicium, construit sur un éperon rocheux surplombant le nahr el-Kebir, ne reste aujourd’hui que quelques parements en basalte datant de la construction médiévale initiale ainsi qu’une église castrale. On trouve une structure identique dans le château de Mélechin situé non loin de Felicium, dans le Djebel Akroum.