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NOSYnakà (Sahamalaza, Nosy Hara, Nosy Tanikely, Lokobe, Ambodivahibe, Ankarea, Ankivonjy)

Date of Submission: 15/02/2018
Criteria: (viii)(ix)(x)
Category: Natural
Submitted by:
Ministère de la Culture, de la Promotion de l’Artisanat et de la Sauvegarde du Patrimoine
State, Province or Region:
Régions Diana et Sofia
Ref.: 6306
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Disclaimer

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Property names are listed in the language in which they have been submitted by the State Party

Description

La partie nord de Madagascar abrite un mélange unique d'habitats marins en raison de leurs caractéristiques physiques et océanographiques variables d’Est en Ouest. Le site couvre le plateau continental du littoral à la bordure du plateau, englobant de nombreux types de baies et d'îles. À l'est, le plateau continental étroit et escarpé se traduit par des baies profondes et étroites avec des canyons menant à l'eau profonde, où l'on observe de fortes remontées d'eau comme aux baies d'Ambodivahibe. A l'ouest, une large bande peu profonde sillonne la côte avec un récif fossile à son extrémité, actuellement à 70 m de profondeur, abritant de grands systèmes de baies tel que Sahamalaza. Des deux côtés, les baies contiennent des habitats mixtes de récifs coralliens, de mangroves et d'herbiers marins, à l’image de Nosy Hara où se côtoient ces différents types d’écosystèmes. Au large de la côte ouest se trouve le banc de Castor submergé peu profond, avec le bord de la berge à 30-50 m et des profondeurs moins profondes de 10 m.

Les systèmes insulaires complexes se trouvent sur la côte ouest dont Nosy Hara, Nosy Tanikely et Nosy Mitsio/AMP Ankarea étant d'origines différentes y compris volcanique, karstique (structures de récifs érodés) et sédimentaire.

Le courant sud-équatorial circulent entre 10-20° de latitude Sud avec un bras Nord entre 12-13°S et un bras Sud entre 16-17°S. Lorsque ce dernier atteint le littoral Est de Madagascar, il se divise en courant Nord-Madagascar (NMC) et Sud-Madagascar (SMC) qui génèrent un up-welling sur les côtes orientales. Le courant Nord-Madagascar s'accélère, puis fléchit vers l'Ouest au niveau du gyre des Comores qui brasse intensivement les eaux dans le Nord du Canal du Mozambique. Dans cette zone, les courants se divisent en deux bras : l'un alimente le courant côtier est-africain, l'autre se diffuse et alimentent d'autres courants de recirculation (eddies). Ces derniers rejoignent le courant Sud-Madagascar pour former le courant d'Agulhas qui circule vers les eaux tempérées des côtes de l'Afrique du Sud. Une meilleure compréhension des courants en jeu et des schémas biogéographiques a révélé que la province occidental joue un rôle crucial pour la biodiversité et la productivité marine de l'Océan Indien. Le Nord du Canal de Mozambique, en particulier, se révèle être une écorégion centrale qui exerce une forte influence sur le Canal dans son ensemble et au-delà. Les informations scientifiques disponibles suggèrent que c'est le second centre de diversité régionale après le triangle du corail au carrefour de l'Océan Indien oriental et du Pacifique Ouest (PLANGRAP MNP, 2014).

Le bien en série NOSYnakà se trouve à l'extrémité, en amont de la région pointe de la biodiversité de l'Océan Indien, juste après le « Triangle de Corail » qui abrite la plus grande abondance d’espèces par unités de surface dans un écosystème marin tropical, en termes de diversité des espèces marines des eaux peu profondes. Mais ce site n’est pas seulement une partie importante de cette région de haute biodiversité, elle présente aussi des caractéristiques géologiques et océanographiques qui peuvent être des déclencheurs clés pour les interactions océano-climatiques et constituent des récifs habitats en amont pour plusieurs espèces marines de cette zone très riche en diversité.

Il est constitué de 7 aires marines protégées de différentes catégories selon la classification de l’UICN :

1-Parc National marin Nosy Hara : catégorie II

2-Parc National Sahamalaza Iles Radama : catégorie II

3-Parc National Lokobe : catégorie II

4-Parc National Nosy Tanikely : Catégorie II

5-Aire Marine Protégée d’Ambodivahibe : Paysage Harmonieux Protégé, Catégorie V

6-Aire Marine Protégée Ankivonjy : Paysage Harmonieux Protégé, Catégorie V

7-Aire Marine Protégée Ankarea : Paysage Harmonieux Protégé, Catégorie V

Ce site est parmi les aires marines protégées pionnières ayant investies dans la lutte contre le changement climatique. A l’exemple d’Ambodivahibe qui est reconnu comme un site ayant une capacité de résilience naturelle au changement climatique et Nosy Hara qui a été un des premiers à appliquer des mesures d’adaptation sur la lutte contre le changement climatique et à intégrer cet aspect dans son Plan d’Aménagement et de Gestion.

Justification of Outstanding Universal Value

D’Ambodivahibe à Sahamalaza, ce bien a été établi comme potentiel site marine à Valeur Universelle Exceptionnelle dans la publication de l’UNESCO (World Heritage papers 32 : Assessing Marine World Heritage from an Ecosystem Perspective, the Western Indian Ocean. Obura&Church, 2012). Suivant la stratégie globale pour une liste du patrimoine mondial (Orientations 2016 : 55-58) et l’analyse de la représentation biogéographique de patrimoine naturel marin dans la liste du patrimoine mondial (Abdulla et al., 2013. Marine Natural Heritage and the World Heritage List), Madagascar souhaite assurer la représentativité de ses biens naturels de la liste indicative en proposant ce bien naturel marin au vue de ses Valeurs Universelles Exceptionnelles.

Représentatifs de riches écosystèmes benthiques comme les récifs coralliens (Fig.1), les herbiers marins (Fig.2) et les mangroves (Fig.3), NOSYnakà présente aussi une biodiversité marine importante en termes d’espèces (Fig.4). Il comporte 4 Zones Clés pour la Biodiversité (Ambodivahibe, Nosy Tanikely, Lokobe, Sahamalaza) et 3 sites Alliance for Zero Extinction (Lokobe, Nosy Tanikely et Sahamalaza). Le bien comprend Sahamalaza qui est un des sites malgaches à Désignation Internationale Multiple puisque c’est à la fois un site Ramsar et une Réserve de Biosphère. Sahamalaza présente en effet des récifs coralliens de près de 12 576ha et des mangroves de près de 10 000ha assurant un habitat important de l’écorégion marine et côtière du Nord de Madagascar pour les espèces de coraux et de vertébrés et pour plusieurs espèces d’oiseaux menacées. Ses herbiers sont des zones de reproduction et d’alimentation des herbivores. Le site représente aussi une zone de frayère et d’alevinage pour 168 espèces de poissons. En outre, il fournit des services écosystémiques importants pour la population environnante (eau potable, eau agricole, matière première pour construction et artisanat,…).

Critère (viii) : Géologie : les côtes de la pointe nord de Madagascar sont des marges continentales passives, une partie du Gondwana qui était auparavant reliées à l'Afrique à l'ouest et l'Inde à l'est. Ce processus géologique témoigne de l’histoire de l’évolution de la terre. Le bord du plateau ouest est bordé par une ancienne barrière de corail submergée sur une longueur de 500 à 700 km. Les « tsingy » des formations rocheuses avec des pointes calcaires fortement érodées et caractéristiques de Madagascar sont présentes sur la côte ouest de NOSYnakà. Elles sont notamment visibles au niveau du Parc National Nosy Hara, Nosy Mitsio/AMP Ankarea, Nosy Iranja/AMP Ankivonjy.

Océanographie : cette zone nord de Madagascar est une des caractéristiques les plus importantes de l'océanographie des côtes est africaines et du canal du Mozambique. Il provoque une accélération et une vorticité semblables à celles du venturi sur le courant équatorial sud, contribuant à la variabilité à l'échelle méso exprimée en fronts (Glorioso Front) et aux tourbillons dans le canal du nord du Mozambique. Ces tourbillons dominent les processus océanographiques et biologiques du Canal.

Interactions océan-climat : l'upwelling d'eaux froides plus profondes sur la côte nord-est, en particulier dans la baie d'Ambodivahibe, protège les coraux des températures chaudes surtout lorsque la turbidité élevée et les grandes variabilités de turbulences influent sur les sites affectant les blanchissements des coraux. La géomorphologie de la Baie est unique pour le Nord Est de Madagascar, et cela joue un rôle important dans la préservation de l’écosystème marin et côtier. La présence d’un chenal étroit et profond dans la Baie, située au niveau d’une côte rectiligne à hydrodynamisme intense, favorise l’existence d’un phénomène de « upwelling ». Ce phénomène, qui se traduit par une remontée des eaux du fond de l’océan vers la surface, entraine : un renouvellement permanent de l’eau de surface, un apport en nutriments surtout en phytoplanctons et enfin un rafraichissement de la température de surface de la mer. Le phénomène de « upwelling » atténue considérablement les effets néfastes du réchauffement global de la planète sur l’écosystème marin et côtier d’Ambodivahibe et convainc les scientifiques de la forte capacité de résilience de la Baie face au changement climatique.

Critère (ix) : Le site est une mosaïque d'écosystèmes riches: récifs coralliens, bancs de coraux, mangroves et herbiers, et îles volcaniques, karstiques ou coralliens, baies et îlots.

Processus écologiques : le nord du canal du Mozambique est similaire à un musée puisqu’il conserve des espèces sur des dizaines de millions d'années en raison de sa relative stabilité par rapport aux autres parties de l’Océan Indien: les côtes sont parmi les plus anciennes de l'océan Indien datant de 180 millions d’années ; le climat de la région est resté stable durant le Tertiaire (67 millions d’années auparavant), leur structure entraîne peu de changement d'habitat avec l’effet des variations du niveau de la mer, et les courants océaniques apportent dans leurs sillages des espèces dans la région maintenant un haut degré de connectivité, réduisant ainsi les risques d’extinction des espèces.

Connectivité: à l'extrémité en amont de la région à forte biodiversité de l'Océan Indien, cette région est essentielle pour l'approvisionnement larvaire des récifs en aval et donc essentielle à la restauration potentielle due aux perturbations et surtout représentant un réseau connecté d'Aires Marines Protégées.

Le triangle Nosy Iranja-Ankazoberavina-Baie des Russses est classé Aire Marine Protegee Ankivonjy avec sa biodiversité exceptionnelle et niveau de menace élevée. Les écosystèmes coralliens dans la région où se trouve les Aires Marines Protégées d’Ankarea et d’Ankivonjy ont une valeur exceptionnelle en terme de biodiversité et seraient parmi les plus riches de la planète et sont caractérisés par une couverture corallienne élevée et un grand nombre d'espèces de coraux (McKenna & Allen, 2003 ; McClanahan et al. 2009, Obura, 2012).

Ankarea et Ankivonjy représentent à la fois des habitats et zones de refuges des espèces rares et menacées telles que les requins baleines (Jonahson and Harding, 2007) et des populations saines et abondantes de petits cétacés côtiers (Cerchio et al. 2009) qui fréquentaient la zone), le mammifère marin le plus menacé à Madagascar. Le paysage sous-marin des récifs coralliens sera l’habitat prioritaire de la biosphère marine.

Critère (x) : Mangroves : la région du NOSYnakà contient la plus grande et quelques-unes des mangroves les plus importantes de Madagascar - Sahamalaza Bay (10 000 ha), Sambirano delta (10 000 ha), Ifasy delta (15 000 ha), Mahavavy nord (15 000 ha).

Les mangroves constituent des zones appropriées pour la pêche de crevettes et de poissons. Les bois de mangroves sont particulièrement importants pour fabriquer des pirogues et pour l'usage domestique, entre autre la construction de clôture, de maisons, et le combustible pour la cuisson (Rasolofo 1997). Elles fournissent également des écloseries et des viviers pour les poissons. Il existe énormément de données indiquant que les mangroves peuvent assurer la protection contre les ondes de tempêtes engendrées par les cyclones (Jones, 2013), dont on prévoit à l'avenir l’accroissement aussi bien en fréquence qu’en intensité en raison du changement climatique (IISD 2011, Banque mondiale 2013). Elles ont une capacité de régénération naturelle du côté d’Ambodivahibe (Etudes de vulnérabilité au changement climatique, 2011).

Les récifs coralliens : les environnements récifaux sont très différents sur les côtes nord-est et nord-ouest. L'est est baigné par les eaux océaniques claires et froides du courant équatorial Sud (SEC), avec une forte remontée d'eau. L'ouest, sous le vent du SEC, dans les eaux chaudes des tourbillons anticycloniques du Nord Est du Canal de Mozambique et en raison des fortes précipitations, connaît des conditions de sédimentation élevée pour les récifs. Les récifs du Nord du Canal du Mozambique, centre de diversité pour l'Océan Indien, abritent aussi la plus grande diversité de coraux de la région (plus de 300 espèces), ainsi que la côte nord du Mozambique. Les récifs abritent également 525 espèces de mollusques dont 11 espèces sont restreintes à l'Océan Indien et 463 espèces de poissons avec environ 30 espèces confinées à Madagascar et les régions adjacentes et 8 espèces actuellement connues uniquement dans les mers de Madagascar. Du côté d’Ambodivahibe, le taux de blanchissement des coraux est très faible malgré les vagues du courant chaud (Etudes de vulnérabilité au changement climatique, 2011)

Les récifs coralliens fournissent les sources vitales de nourriture et de revenu qui peuvent aider les populations côtières à faire face aux impacts du climat (Cinneret al., 2009).

Oiseaux: la zone est une zone importante pour les oiseaux de mer dans l'ouest de l'Océan Indien. Sites importants pour plusieurs espèces de goélands (Sterna bengalensisS. dougallii et S. bergii); importance prioritaire des îles habitat karstique pour l'aigle pêcheur de Madagascar Haliaeetus vociferoides, endémique de Madagascar (la seule espèce de rapace diurnes répertoriée dans un état critique (CR) en Afrique (en 2008).  Le bien proposé comporte à cet effet des Zone d’Importance pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) à l’exemple de Sahamalaza.

Tortues: bien que les données les concernant soient rares, il existe de nombreux sites de nidification pour les tortues vertes (Cheloniamydas –EN ) et tortues imbriquées (Eretmochelysimbricata – CR) sur les plages des îles de NOSYnakà (Sahamalaza, Ankarea, Ankivonjy,…). Le parc national de Nosy Hara  ainsi que Nosy Iranja de l’AMP Ankivonjy sont des sites de ponte important pour la tortue imbriquée.

 Requins: l'archipel Mitsio (AMP Ankarea) et Ramada ont une grande diversité d'espèces, y compris récif gris, pointe blanche, silvertip, zèbre (Stegostoma fasciatum), requin-marteau halicorne (surtout en septembre et octobre) et requins-taupes fauves (Rhynchobatus djiddensis) sont relativement communs dans la Parc National de Nosy Tanikely.

Dugong: présence probable des dernières populations de dugong à Madagascar, avec des observations récentes dans le Nord-Ouest entre Mahajanga et Nosy Be et à Nosy Hara.

Dauphins et cétacés: NOSYnakà fait partie de la route migratoire importante pour mammifères. A l’exemple d’Ankarea qui en abrite environ cinq espèces : baleines à bosses (Megaptera novaeangliae - LC), baleine australe (Eubalaena australis), Tursiops sp., S. chinensis, dauphin à long nez (Stenella longirostris). La connectivité entre les 7 composantes du bien est important pour veiller à l’intégrité des habitats de ces espèces qui sont des attributs de Valeurs Universelles Exceptionnelles.

Statements of authenticity and/or integrity

L’étendue globale de la pointe Nord de Madagascar est grande et probablement ne peut pas être raisonnablement désignée comme un seul site. En outre, de nombreuses zones sont déjà dégradées. C’est pourquoi sont proposés ici en bien sériel les 7 aires protégées ci-dessous qui couvrent les différentes caractéristiques mentionnées auparavant et présentent des conditions de protection et de gestion effectifs à l’heure actuelle :

Ces 7 éléments du bien officiellement protégés par la législation nationale en tant qu’aires protégées sont :

  • Le Parc National de Sahamalaza Iles Radama avec le décret de création n° 2007-247 du 19 mars 2007
  • Le Parc National Lokobeavec le décret de création n° 2011-500 du 6 septembre 2011
  • Le Parc National Nosy Tanikelyavec le décret de création n° 2011-499 du 6 septembre 2011
  • Le Parc National Nosy Hara avec le décret de création n°2011-497 du 6 septembre  2011 
  • L’Aire Marine Protégée d’Ankivonjy avec le décret de création n°2015-722 en avril 2015
  • L’Aire Marine Protégée d’Ankarea avec le décret de création n°2015-721 en avril 2015
  • L’Aire Marine Protégée d’Ambodivahibe avec le décret de création n°2015-753 du 28 avril 2015

Ces sites ont une importance culturelle et historique pour la tribu des Sakalava. Plusieurs îles et éléments terrestres représentent une commémoration de cet événement et sont des tabous (interdits d'accès, etc.).

A Ambodivahibe, la culture Sakalava Anjoaty s’adapte harmonieusement à ce trésor naturel, cadrant dans une règle de vie saine et prospère se résumant aux activités de pêche et de l’élevage bovin parsemé d’évènement socioculturel plutôt familial.

A Ankarea, parmi les us et coutumes les plus observés chez les Antakarana, le « Tsangantsaigny » ou cérémonie du couronnement du mât royal donne lieu à une grande festivité marquant la continuité de la monarchie. Cette grande cérémonie s’effectue tous les 5 ans en présence du roi et de tout le peuple Antakarana. Avant la cérémonie, le roi se rend à l’île Nosy Mitsio où est enterré le roi Tsimiharo puis dans les grottes sacrées. Nosy Mitsio fut en effet le dernier refuge et tombe de cet ancien roi Antakarana avec 5000 fidèles lors de l’invasion des Merina dans la région aux environs de 1840. Plusieurs tombes d’Ampanjaka sont situées sur Nosy Toloho et Nosy Lava, et sont donc des lieux de tabou exceptionnels. Sur le plan historique et culturel, Nosy Mitsio est un site très important pour le royaume Antakarana

Pour Lokobe, la Reine Soanaomby a initié la préservation de la forêt de Lokobe et à sa mort, le Roi Andriamaitso fut enterré à Andranotsinominy, du côté sud-ouest de Lokobe, donnant de ce fait un caractère sacré et tabou à la forêt : Ala fady première connotation d’aires protégées pendant les périodes de royauté.

A Sahamalaza, la fusion entre 2 ethnies ont donné naissance à la population de Sakalava Bemihisatra. Et l’île de Berafia est devenue sacrée suite à la mort d’un roi Sakalava en fuite après la trahison d’un de ses sujets.

Ces tabous renforcent par ailleurs la conservation de ce site.

Les limites des 7 composantes du bien proposé ont été mis en place consensuellement avec toutes les parties prenantes locales après les études de faisabilité scientifiques et les points corniers de chaque aire protégée sont décrits en détail dans chaque décret de création, processus ultime de création de l’aire protégée. NOSYnakà a une superficie totale d’environ 467 307ha.

Ambodivahibe est un Paysage Harmonieux Protégé cogéré par Conservation International avec les communautés locales. Le type de gouvernance de cette aire marine protégée est la cogestion conjointe avec comme principaux responsables la population riveraine groupée au sein des associations et des comités de gestions issus de ces quatre villages riverains du site. Cette structure de gouvernance est basée sur quatre niveaux : le noyau d’aide à la décision, le Gestionnaire, et les Unités Locales de Gestion. Cette structure est issue d’une série de réflexion faite à différent niveau par les intervenants et par les membres du comité technique.

Ankarea et Ankivonjy sont également des Paysages Harmonieux Protégés sous-régime de co-gestion entre les communautés locales  - regroupées au niveau d’une association par AMP : Association Ankarea et Association Ankivonjy)- et WCS Madagascar qui en est le promoteur. Au niveau local, l’association s’organise en un organe de décision (assemblée générale), un organe d’exécution (bureau exécutif) et les commissions de suivi communautaire (patrouille, suivi de capture). La gestion de ces 2 aires marines a comme objectifs globaux d’assurer la protection et le maintien à long terme de la biodiversité, du patrimoine culturel et des services écologiques et favoriser l’utilisation durable des ressources naturelles pour contribuer à la réduction de la pauvreté. Ainsi, y sont menées les actions de recherche et suivis scientifiques, les actions d’amélioration des conditions de vie des populations riveraines, les actions de surveillance et patrouille, les actions d’information-éducation – communication pour le changement de comportement à l’attention de la population locale et des usagers du site (operateurs touristiques, population des villages et villes riverains,..). ‘

Les 4 Parcs Nationaux (Sahamalaza, Lokobe, Nosy Tanikely, Nosy Hara) font partie du Réseau des Parcs et Réserves gérées par Madagascar National Parks dans le cadre d’une cogestion de type collaboratif où les communautés riveraines des Parcs regroupés en Comités Locaux du Parc (CLP) contribuent dans la conservation des Parcs à partir d’un cadre de cogestion clair et le Comité d’Orientation et de Soutien aux Aires Protégées, regroupant toutes les parties prenantes locales (CLP, Services Techniques déconcentrés, Partenaires techniques et Financiers, Autorités locales, Opérateurs économiques,…) pour assurer que les intérêts des aires protégées et de ses populations riveraines soient pris en considération dans toute planification locale, régionale et nationale de développement. Madagascar National Parks, reconnu d’utilité publique et auquel le Ministère de l’Environnement et des Forêts a donné mandat de gestion du réseau des Parcs et Réserves, gère déjà 2 sites patrimoines mondiaux à Madagascar : le Parc National Tsingy de Bemaraha et les Forêts Humides de l’Atsinanana.

Cette diversité de gestion et de catégorie est un cadre de gestion global national existe puisque ces 7 composantes font partie du Système des Aires Protégées de Madagascar et sont coordonnées par la loi n°2015-005 du 26 février 2015 portant refonte du Code de Gestion des Aires Protégées et son décret d’application n°2017-415 du 30 mai 2017. Au niveau régional, un Comité d’Orientation et de Suivi (COS) existe pour la coordination de toutes les Aires Protégées de la Région de Diana.

Des outils de gestion communs commencent à être mis en place à l’exemple de l’outil de suivi des pressions et d’application des lois SMART (Spatial Monitoring And Reporting Tools). Les suivis écologiques marins sont aussi effectués avec des protocoles spécifiques (récifs, herbiers, mangroves, etc.) par les 3 gestionnaires permettant d’avoir des séries de données chronologiques et temporelles permettant de suivre la santé de la biodiversité de ce site et l’état de l’écosystème.

Les menaces auxquelles sont confrontées le bien proposé sont l’exploitation illicite des produits halieutiques (holothurie, poissons, crevettes, etc.), les coupes sélectives, le braconnage et dans son ensemble les effets du changement climatique.

Des mesures de conservation sont déjà prises au niveau de chaque gestionnaire. Le plan régional de développement de la région DIANA a également un programme environnemental qui reconnaît l'importance des aires protégées et la gestion durable des ressources naturelles, en particulier halieutiques. Quant au changement climatique, des partenariats sont en cours pour identifier et continuer les activités d’adaptation déjà en cours.

Comparison with other similar properties

Le bien est constitué d’un ensemble d’écosystèmes marins et côtiers avec une zone terrestre et des ilots. Il est utile de le comparer avec d’autres sites du patrimoine similaires. Il s’agit : de la grande barrière en Australie, du  Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize, des îles Lord Howe, de la Baie Shark en Australie occidentale et du Parc national marin de Sanganeb et Parc national marin de la baie de Dungonab – île de Mukkawar.

Récifs coralliens

Ambodivahibe, Ankarea, Ankivonjy, Nosy Hara, Sahamalaza et Nosy Tanikely  sont majoritairement consitutués de Récifs coralliens et sont riches en biodiversité marine notamment en poissons récifaux. Ils abritent également de nombreuses espèces d’oiseaux.

La Grande Barrière représente le plus grand ensemble corallien le plus étendu du monde.  La diversité des espèces et des habitats et leur inter connectivité font de la Grande Barrière l’un des écosystèmes naturels les plus riches et les plus complexes de la Terre. On y a recensé plus de 1 500 espèces de poissons, environ 400 espèces de coraux, 4 000 espèces de mollusques et près de 240 espèces d’oiseaux, ainsi qu’une grande diversité d’éponges, d’anémones, de vers marins, de crustacés et d’autres espèces. Au moins 30 espèces de baleines et de dauphins sont également présentes dans le site qui est une importante zone de vêlage de la baleine à bosse. Six des sept espèces de tortue marine recensées dans le monde sont représentées dans la GB. Aucun autre bien du patrimoine mondial ne contient une telle biodiversité avec un taux d’endémicité très élevé et un nombre important d’espèces menacées, présentant une importance mondiale en termes de conservation.

Mais une des caractéristiques importantes du bien proposé NOSYnakà est outre ses caractéristiques géologiques et océanographiques mais surtout de protéger des écosystèmes très diversifiés car il présente à la fois des écosystèmes marins, côtiers et terrestres. 

Ecosystèmes Marins et côtiers

Ecosystèmes Terrestres

- Récifs coralliens 

- Mangroves

- Formations rocheuses à côté de la mer

- Récifs coralliens

- Herbiers marins lagunaires et de platiers 

- Les ilots (corallien, volcanique et calcaire) 

- Fonds sablo-vaseux 

- Canyon sous-marin (passe)

- Pente de plateau

- La mer ouverte et la plage

- Les côtes rocheuses

- Tanne

- Vasière

- Forêt de transition de Sambirano ou - Forêt de Sambirano (0-430m)

- Forêt dense humide de basse altitude (400m-430m) 

- Forêts denses sèches semi-caducifoliées de basse altitude (< 400m) 

- Fourré xérophile sur tsingy

- Marécage avec raphia 

- Savanes/prairies boisées sur les plateaux 

 

Iles volcaniques

Les Parcs Nationaux de Nosy Tanikely, Nosy Hara, Lokobe et Sahamalaza iles Radama se trouvent sur des îles ou sont formés par des îlots. Nosy Be est un d’ailleurs une île volcanique, de même pour les îles qui l’entourent.

Les îles Lord Howe Remarquable exemple d’îles océaniques isolées, nées d’une activité volcanique sous-marine à plus de 2 000 m de profondeur, ces îles présentent une topographie spectaculaire et abritent de nombreuses espèces endémiques, en particulier d’oiseaux.

Les îles Lord Howe sont un exemple remarquable d’îles océaniques d’origine volcanique abritant un biotope végétal et animal unique, ainsi que d’authentiques récifs coralliens les plus méridionaux de la planète. Elles forment une région de paysages impressionnants et pittoresques enserrés à l’intérieur d’une petite zone terrestre et constituent une aire de reproduction importante pour plusieurs populations d’oiseaux marins, ainsi qu’un habitat naturel précieux pour la conservation d’espèces menacées. Environ 75% de la partie terrestre du bien est gérée comme une réserve naturelle permanente comprenant les montagnes du nord et du sud de l’île Lord Howe proprement dite, les îles de l’Amirauté, l’île de Muttonbird, la pyramide de Ball et les îlots environnants. Le site se trouve dans la mer de Tasmanie, à environ 570 kilomètres à l’est de Port Macquarie. Sa superficie totale, y compris l’aire marine et les récifs coralliens associés, est de 146 300 hectares, l’aire terrestre représentant environ 1 540 hectares.

La Baie Shark, d’une superficie de 2 200 902 ha, est située à l’extrémité ouest du continent australien, avec ses îles et les terres qui l’entourent, possède trois caractéristiques naturelles exceptionnelles : ses vastes herbiers marins, les plus étendus (4 800 km²) et les plus riches du monde, sa population de dugongs, ou « vaches marines », et ses stromatolites, colonies d’algues qui édifient des monticules et sont parmi les plus anciennes formes de vie sur terre. La baie Shark abrite en outre cinq espèces de mammifères menacées.

Le réseau de réserves du récif de la barrière du Belize, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1996, est constitué de sept aires protégées. Par sa taille, c’est le plus grand réseau récifal de la région Atlantique-Caraïbes et le deuxième au monde. Les sept aires protégées qui constituent le BBRRS représentent 12% de tout le réseau récifal. Le bien constitue un habitat essentiel pour un certain nombre d’espèces marines menacées présentant un intérêt en termes de conservation, notamment le Lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus), la Tortue verte (Chelonia mydas), la Tortue imbriquée dite également « à écailles » (Eretmochelys imbricata), la Tortue caouane (Caretta caretta) et le Crocodile américain (Crocodylus acutus) ainsi que des oiseaux endémiques et migrateurs qui se reproduisent dans les forêts littorales des cayes, des atolls et des zones côtières. Environ 257 taxons de flore marine ont été décrits sur le territoire du réseau et plus de 500 espèces de poissons, 65 coraux scléractiniaires, 45 hydroïdes et 350 mollusques ont également été identifiés ainsi qu’une grande variété d’éponges, de vers et de crustacés marins.

Mais ce qui rend exceptionnel le bien sériel NOSYnakà proposé est le haut degré de biodiversité marine qui s’y trouve s’expliquant par la connectivité importante causée parle brassage de courants de circulation, dont le gyre des Comores. De plus, la configuration des côtes et du relief sous-marin continental de Madagascar contribue à une diversité d'habitats générateurs de diversité. Ainsi, on y trouve des mangroves, des formations coralliennes variées, des herbiers et la plupart des îlots du pays. La richesse corallienne du nord-ouest de Madagascar est la plus élevée de l'Océan Indien occidental, alors que celle des poissons et des mollusques est également importante. Cette portion malgache de l’écorégion marine du Canal de Mozambique est très importante pour la nidification et l'alimentation des tortues marines. Les 5 espèces de l'Océan Indien y sont rencontrées : la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), la tortue caouanne (Caretta caretta), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) et moins fréquente, la tortue-luth (Dermochelys coriacea). Le Parc National de Nosy Hara est un site de ponte important pour la tortue imbriquée, alors que les tortues vertes et olivâtres nidifient ailleurs dans l'écorégion. Les cétacés sont également bien représentés dans l'écorégion, laquelle est aussi importante pour les oiseaux migrateurs ou marins. Les îles du Nord sont des sites de nidification importants pour divers oiseaux marins (fous, sternes, pailles-en-queue). Le Parc National de Nosy Hara abrite également la plus grande colonie de sternes huppées (Thalasseus bergii) de l'Océan Indien occidental ; au nord-est au niveau du front de up-welling, Nosy Manampaho abrite la plus grande colonie de sternes fuligineuses de Madagascar (Le Corre & Bemanaja, 2009). D'autres oiseaux marins et migrateurs visitent cette écorégion. L'aigle-pêcheur de Madagascar (Haliaeetus vociferoides) niche principalement sur la portion malgache de cette écorégion.

Comparaison avec d’autres biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial national

Les autres biens malagasy déjà inscrits sur la liste du patrimoine mondial sont exclusivement formés de parc national terrestre. Et NOSYnakà est constitué de parcelles marines et côtières riches en écosystèmes et en biodiversité marine.

Réserve naturelle intégrale du Tsingy de Bemaraha

La Réserve Naturelle Intégrale Tsingy de Bemaraha représente des phénomènes géologiques rares ou éminemment remarquables et d’une beauté exceptionnelle et abrite des communautés d’espèces d’animales rares et/ou menacées. Il évoque un paysage karstique et un massif calcaire avec son impressionnant tsingy , ou « forêt » d’éperons calcaires, la gorge spectaculaire de la rivière Manambolo, des collines ondulantes et des pics élevés composent le relief de la réserve naturelle de Bemaraha, où des forêts intactes, des lacs et des mangroves servent d’habitat à des espèces d’oiseaux rares et menacées et des lémuriens.

Forêts humides de l’Atsinanana

Les forêts humides de l’Atsinanana comprennent six parcs nationaux répartis le long des marges orientales de l’île. Ces forêts anciennes sont très importantes pour le maintien des processus écologiques nécessaires à la survie de la biodiversité unique de Madagascar. Elles ont été inscrites pour leur biodiversité et les espèces menacées qu’elles hébergent, notamment pour les primates et les lémuriens.