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Sites historiques et paysages culturels du Manden

Date of Submission: 08/01/2018
Criteria: (ii)(iv)(x)
Category: Mixed
Submitted by:
Délégation permanente de la République du Mali
State, Province or Region:
Région de Koulikoro
Ref.: 6280
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Disclaimer

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Property names are listed in the language in which they have been submitted by the State Party

Description

Kamabulon ou Case Sacrée de Kangaba : 11° 56’ 31’’ N   8° 24’ 37’’ W

Site de KurukanFuga :  11° 56° 998’’ N  8° 24’ 420’’ W 

L’Arche de Kamandjan : 12° 23’ 111’’ N  8° 21’ 598’’ W 

Kamablon ou Case Sacrée de Kéniéro : 12° 22’ 934’’ N  8° 31’ 269’’ W

Le bien dénommé « Sites historiques et paysages culturels du Manden » est un bien en série composé du Kamabulon, de la Case sacrée de Kangaba, du site historique de Kurukan Fuga, du Kamablon, Case sacrée de Kéniero et de l’Arche de Kamandjan. Le bien se situe dans les Cercles de Kangaba et de Kati, dans l’aire culturelle du Manden, au sud du Mali. Malgré l’inscription des quatre sites, pris séparément, sur la Liste indicative de l’UNESCO depuis, respectivement 1999, 2009 et 2017, l’inscription du bien, dans son ensemble, s’avère nécessaire pour que le dossier de proposition d’inscription en série du bien sur la Liste du patrimoine mondial puisse être recevable. Les quatre sites qui composent le bien « Sites historiques et paysages culturels du Manden » sont des vestiges de l’empire du Mali, fondé au XIIIe siècle par Soundjata Keita. Cette formation étatique, pendant son apogée au XIVème siècle, s’étendait entre le Sahara et la forêt équatoriale, l'océan Atlantique et la boucle du Niger.

Les éléments constitutifs du bien sont décrits comme suit :

Le Kamabulon, Case sacrée de Kangaba, construite en 1653, serait le dernier en date dans l’aire culturelle du Manden. Situé magnifiquement au cœur de la place publique (bara) de la ville de Kangaba, le Kamabulon, case sacrée de Kangaba, est un édifice de plan circulaire construit en terre (banco) et couvert d’un toit conique de chaume. Elle mesure 4 m de diamètre pour 5 m de hauteur. Ses murs sont élevés en briques crues recouvertes d’un crépi en banco. L’édifice est associé à des éléments sacrés qui l’entourent. Ces éléments sont : le puits, les trois plantes (fromagers), le terre-plein carré appelé « wasi », la tombe de Mansa Sèmè, fondateur et premier prêtre de la case sacrée et les piquets de régulation des mœurs. La réfection septennale du toit (la dernière en date de 2012) de la case sacrée de Kangaba est un véritable chef-d’œuvre du génie créateur humain à travers le regroupement des clans fondateurs de l’empire du Mali, de l’ensemble des populations du Manden et des hommes de caste, notamment les griots (maîtres de la parole) du patronyme Diabaté du village de Kéla, situé à 6 Km au sud-ouest de Kangaba. Ces griots viennent évoquer l’histoire la plus profonde et les traditions et expressions culturelles (contes, légendes, épopées, mythes, proverbes, chansons, etc.) du Manden. D’où l’inscription de la réfection septennale du Kamabulon, Case sacrée de Kangaba, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2009.

Le Kamablon, Case sacrée de Kéniéro a été construit par Naba Diola Keita, communément appelé Mansa Diola Keïta au XVIème siècle. A l’instar de celle de Kangaba, la case de Kéniéro est un édifice de plan circulaire construit en terre (banco) au centre du village et couvert d’un toit conique de chaume. Les cérémonies de réfection septennale de la toiture du Kamablon de Kéniéro regroupent l’ensemble des populations du Manden, la diaspora et les griots venant de Niagassola, (République de la Guinée) du patronyme Diabaté.

Le site historique de Kurukan Fuga est une élévation de bowal, une vaste clairière s’étendant sur 32 ha. Il est situé entre le village de Keniélen à l’ouest et la ville de Kaaba, plus connu sous le nom de Kangaba, au cœur du Manden à 90 km de Bamako. C’est sur ce site historique que l’empereur du Mali, Soundiata Kéita, après sa victoire sur Soumangourou Kanté, Roi du Sosso, lors de l’historique bataille de Kirina au début du 13ème siècle, fit convoquer en assemblée générale les « cεkun ou hommes de tête » du Manden (12 souverains), acquis à sa politique afin de leur soumettre pour approbation, après enrichissement s’il le fallait, la « Charte du Manden nouveau ». Le site est associé aux éléments suivants : les deux grosses pierres mythiques sur lesquelles se seraient assis Soundiata et son griot lors de la proclamation de la Charte, la place sacrée des femmes et la Charte édictée. Ladite charte a été inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2009.

L’Arche de Kamandjan est située à environ quatre (4) kilomètres au nord-ouest du village de Siby. Du point de vue typologie du patrimoine, le site est un paysage culturel et naturel, surplombant un massif de granite gréseux qui servait de muraille de protection pour le village de Siby. Concernant l’Arche elle-même, selon la légende, elle est attribuée à Kamandjan Camara, un des lieutenants de Soundiata Kéita. Kamandjan aurait, par démonstration de puissance et de pouvoirs occultes, face à Soumaoro Kanté, Roi du Sosso, sculpté d’un seul coup de sabre une partie du massif de granite afin de frayer un passage pour ses troupes. Cette action spectaculaire a fait peur à Soumaoro Kanté et l’amena à renoncer à la bataille contre les troupes de Kamandjan Camara. Elle reste fortement gravée dans la mémoire des populations du Manden. L’Arche est non seulement le témoignage de l’héroïsme et de la puissance tutélaire de Kamandjan, mais aussi un symbole de la détermination de ses troupes à vaincre Soumaoro. Le site de l’Arche de Kamandjan se présente ainsi comme une œuvre historique conjuguée de l’homme et de la nature. Le site a abrité des événements majeurs (réunions de troupes, conseils de guerre, démonstrations de connaissances occultes) pour la formation et l’épanouissement de l’Empire du Mali. Vers 1232, s’est tenu sur le site de l’Arche, sous l’égide de Kamandjan Camara, le premier Conseil de guerre de Soundiata Kéita en exil, auquel dix (10) chefs de guerre du Manden et leurs alliés ont participé. Le site de l’Arche a servi également à préparer la cérémonie d’investiture de Soundiata Kéita après sa victoire sur Soumaoro Kanté, en 1235, lors de la bataille de Kirina. Le site comprend, en plus de l’Arche, la grotte des lions, le lieu de divination, la grotte des sacrifices, les abris sous-roche, le site de Telikourou.

Justification of Outstanding Universal Value

Les éléments constitutifs du bien « Sites historiques et paysages culturels du Manden » sont des lieux historiques et de mémoire de grande importance. Ils constituent un témoignage historique et culturel des grands empires qui ont évolué en Afrique subsaharienne.

De forme circulaire et bâti en briques de terre crue recouvertes d’un crépi en banco, le « Kamablon », Case sacrée de Kangaba ou de Kéniero, est un ouvrage de style soudanais. Tous ses éléments constitutifs (les murs, le toit, les portes et les nombreux ornements sur les murs) et tous les objets et mobiliers qu’il abrite sont pleins de symboles et significations sur l’histoire, la philosophie, la vision du monde et la religion. Les populations du Manden, en général, considèrent que le « Kamablon » est éternel et l’un des premiers vestibules, qui a réussi à cristalliser pendant des siècles plusieurs aspects de la culture du peuple Manden.

Depuis la nuit des temps, le site de Kurukan Fuga a gardé sa forme de croûte latéritique indemne de tout établissement humain en raison de la protection coutumière, des mythes qui lui sont associés, et des événements historiques qui s’y sont déroulés après l’investiture de Soundjata Kéita. La Charte du Manden, proclamée à Kurukan Fuga (ou charte de Kurukan Fuga) en 1235, apparaît comme l’une des plus vieilles constitutions du Manden ayant posé les fondements de la politique, de l’administration, de son fonctionnement et des règles de conduite des hommes et des femmes du grand ensemble mandingue.

Le site culturel et naturel de l’Arche de Kamandjan est constitué par des formations géologiques pittoresques, physiques et biologiques auxquelles sont associées des croyances, des pratiques culturelles, des savoirs et savoir-faire transmis de génération en génération, donc recréés en permanence par les communautés auxquelles ils procurent un sentiment d'identité et de continuité.

Critère (ii) : Le bien « Sites historiques et paysages culturels du Manden » satisfait aux critères (ii). Les quatre sites, qui le composent, sont incontestablement les lieux les plus célèbres des places du Manden. Ce sont des espaces de rencontres, d’échanges entre les communautés depuis plus de huit (8) siècles.   

Le « Kamablon », Case sacrée de Kangaba ou de Kéniero apporte un témoignage historique typique non seulement de l’architecture traditionnelle en milieu soudanais (en terre de plan circulaire avec un toit conique de chaume), mais aussi la cohésion sociale de l’ensemble des communautés du Manden. D’après les traditions, le « Kamablon », a servi de vestibule ou sénat villageois où les patriarches et les clans débattaient des affaires communes. Cette tradition de vestibule public où les anciens se réunissaient pour causer, discuter des problèmes de la communauté est encore vivace dans les villages bamanan et malinké du Mali. La réfection septennale du toit du Kamablon est un véritable chef-d’œuvre du génie créateur humain à travers le regroupement des clans fondateurs de l’empire du Mali, de l’ensemble des populations du Manden, des hommes de caste, notamment les griots (maîtres de la parole), pour évoquer l’histoire la plus profonde et les traditions et expressions culturelles (contes, légendes, épopées, mythes, proverbes, chansons, etc.) du Manden. Ces expressions et traditions orales associées à ces cases sacrées sont encore des sources intarissables pour la réécriture de l’histoire du Manden et du Soudan occidental. La pratique existe depuis plus de huit (8) siècles. Ces cérémonies ont cristallisé pendant des siècles plusieurs aspects de la culture du peuple Manden, même si, aujourd’hui, elles sont de plus en plus décriées par les intégristes musulmans.

Le site historique de Kurukan Fuga est une élévation de bowal, une vaste clairière s’étendant sur 32 ha. C’est sur ce site historique que l’empereur du Mali, Soundiata Kéita, après sa victoire sur Soumangourou Kanté, Roi du Sosso, lors de l’historique bataille de Kirina au début du 13ème siècle, fit convoquer en assemblée générale les « cεkun ou hommes de tête » du Manden, acquis à sa politique afin de leur soumettre pour approbation, après enrichissement s’il le fallait, la « Charte du Manden nouveau ». Les Dépositaires de la Charte du Manden au sein de la communauté malinké sont les couches socioprofessionnelles : les clans fondateurs, les agriculteurs, les chasseurs, les forgerons et les griots. La Charte du Manden, proclamée à Kurukan Fuga (ou charte de Kurukan Fuga), apparaît ainsi comme l’une des plus vieilles constitutions du Manden ayant posé les fondements de la politique, de l’administration, de son fonctionnement et des règles de conduite des hommes et des femmes du grand ensemble mandingue.

L’Arche de Kamandjan est un site naturel et historique impressionnant. Ce paysage est constitué par des formations géologiques pittoresques, physiques et biologiques auxquelles sont associées des croyances, des pratiques culturelles, des savoirs et savoir-faire transmis de génération en génération, donc recréés en permanence par les communautés auxquelles ils procurent un sentiment d'identité et de continuité. L’Arche de Kamandjan est un symbole pour toutes les populations du Manden. Elle a abrité des événements majeurs (réunions de troupes, conseils de guerre, démonstrations de connaissances occultes) pour la fondation et l’épanouissement de l’Empire du Mali. En effet, c’est sur l’Arche (à Telikourou, un site associé), un endroit qui se prête aux réunions sécrètes, aux démonstrations de connaissances occultes, que s’est tenu, sous l’égide de Kamandjan CAMARA, Roi de Siby, le premier Conseil de guerre du monarque (Soundjata) en exil, vers 1232. Ont participé à ce conseil, dix (10) chefs de guerre ou chefs des clans du Mandé et leurs alliés. Lors de ce Conseil, Kamadjan, dernier grand roi des CAMARA, a transféré l’essentiel de son pouvoir politique et le secret des cases sacrées à Soundjata KEITA, après son retour d’exil de Méma. C’est lors de ce Conseil que tous les chefs de guerre ont décidé de combattre pour Soundjata KEITA. Après avoir remporté la victoire lors de la bataille de Kirina en 1235, une autre rencontre de Soundjata et de ses alliés aurait eu lieu sur l’Arche, pour décider de l’élaboration de la Charte du Manden et sa proclamation sur le site de Kurukan Fuga en 1236.

Critère (iv)Le bien « Sites historiques et paysages culturels du Manden » satisfait également au Critère (iv). Il est un ensemble de vestiges historiques et de lieux de mémoire de l’empire du Mali, fondé par Soundjata Keita au XIIIe siècle. L'empire du Mali s’étendait entre le Sahara et la forêt équatoriale, l'océan Atlantique et la boucle du Niger, soit sur les actuelles républiques du Mali, du Burkina Faso, du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée, de Guinée-Bissau, de la Mauritanie et une grande partie de la Côte d'Ivoire. Berceau de la charte du Manden adoptée sur le site historique de Kurukan Fuga en 1235, cette puissante formation étatique connut son apogée au XIVème siècle sous le règne de l’Empereur Kankou Moussa qui fut un pèlerinage prestigieux à la Mecque en 1324.   

Le bien est aussi particulièrement représentatif de l’architecture traditionnelle soudano-sahélienne. Il est caractérisé par un usage intensif et remarquable de la terre particulièrement dans son architecture. Le « Kamablon », Case sacrée de Kangaba ou de Kéniero, est un exemple éloquent et exceptionnel de construction traditionnelle locale, au regard de son plan, de sa forme et de son architecture. Sa conception et son emplacement ont favorisé le développement du style soudanais dans l’espace culturel mandingue. Ce style caractérise la plupart des constructions de l’Afrique subsaharienne, en raison des matériaux qui la constituent, adaptés aux changements climatiques et des avantages écologiques du matériau « terre », une ressource locale abondante et renouvelable. Depuis sa construction, le « Kamablon », Case sacrée de Kangaba ou de Kéniéro, garde tous ses éléments constitutifs, en particulier le cycle d’entretien de sa toiture qui cristallise toute sa valeur d’institution de régulation sociale intégrée dans la structuration du paysage des deux villages. Ce type de construction constitue un modèle d’inspiration non seulement pour toutes les constructions dans l’aire culturel du Manden, mais aussi pour les constructions dans les milieux traditionnels.

Le site de Kurukan Fuga est un lieu historique et de mémoire de grande importance. Haut lieu de rassemblement des douze (12) souverains du Manden sous la houlette de Soundiata Keita pour l’adoption de la « Charte de Kurukan Fuga » en 1235, le site historique de Kurukan Fuga est considéré par les populations du Manden vivant surtout en Afrique de l’Ouest comme le lieu où la nouvelle formation étatique, l’Empire du Mali, a pris de l’envol. Le site de Kurukan Fuga est, de nos jours, le lieu des grandes manifestations artistiques et culturelles, à travers lesquelles, les valeurs culturelles profondes du Manden telles la paix, l’entente, la solidarité, l’entraide, le pardon, sont perpétuées.

Le site culturel et naturel de l’Arche de Kamandjan est une œuvre historique et un témoignage significatif de la formation et du développement de l’Empire du Mali au 13ème siècle. Il est lié aux préparatifs de la grande bataille de Kirina de 1235 entre Soundiata Keïta et Soumangorou Kanté, roi du Sosso (réunions des alliés de Soundiata Keïta, l’organisation des troupes, conseils de guerre), la préparation spirituelle et occulte (démonstrations de connaissances occultes), la préparation de la cérémonie d’investiture de l’empereur ont eu lieu sur ce site. Occasion a été donnée à chaque chef de produire une action mémorable et de renouveler son serment devant tous les fils du Manden. L’action spectaculaire sur le massif de granite, ci-dessus citée, de Kamandjan Camara en est l’illustration à jamais gravée dans la mémoire des populations du Manden et dans les annales de l’histoire du Mali. C’est pourquoi, le site culturel et naturel de l’Arche de Kamandjan est associé à des croyances encore vivaces. Sur le site, le passé est encore le présent. Chaque jour, des hommes et des femmes, en quête du mieux-être, apportent des offrandes sur le site. Sur le lieu de divination et dans la grotte des sacrifices du site, des géomanciens reçoivent de nombreux clients locaux et nationaux, ainsi que de nombreux touristes venus présager leur avenir, le bonheur et exorciser le mal et le mauvais sort. En outre, le site est associé à une grotte préhistorique qui se trouve à quelques dizaines de mètres au nord.   

Critère (x) : Le bien « Sites historiques et paysages culturels du Manden » possède un habitat naturel unique sur le site culturel et naturel de l’Arche de Kamandjan dans la Commune rurale de Siby. Il offre une vue pittoresque contenant diverses espèces végétales, souvent rares ailleurs et servent d’attrait à de nombreuses espèces de reptiles. Les ressources ligneuses et herbacées favorables à la reproduction rapide de ces espèces sont abondantes. Protégé par le droit coutumier et la réglementation en vigueur, le site historique et naturel de l’Arche de Kamandjan contient des espèces ligneuses les plus menacées de l’espace mandingue. Il s’agit notamment de l’afromosia laxiflora (appellation locale : Kolokolo), Pseudocedrela kotchii (appellation locale : Lumpo), Cussonia arborea (appellation locale : bolokourouni), Ficus licardii (appellation locale : Soro), Ficus platifila (appellation locale : Ngaba Blen), Ficus gnaphalocarpa (appellation locale : Toro). C’est un reservoir naturel dans lequel plus des centaines d’éspèces ligneuses ont été identifiées. Cette zone offre un micro climat qui favorise l’éclosion, la diversité d’habitats et la reproduction de différentes espèces. Ce climat offre également une végétation dense et luxuriante pendant la saison sèche. 

Statements of authenticity and/or integrity

Le bien « Sites historiques et paysage culturel du Manden » ne souffre d’aucune perturbation et est doté d’une intégrité physique extrêmement élevée liée à la protection communautaire, régionale et nationale. Le caractère sacré du « Kamablon » et la déposition de la tradition par un clan qui le conserve jalousement lui ont conféré sa persistance, sa résistance aux changements et son authenticité. En outre, la participation de diverses communautés du Manden et le soutien des autorités politiques et administratives constituent une garantie de durabilité et de vivacité dans la conservation des Cases sacrées et des pratiques et traditions culturelles qui leur sont liés.

A l’instar des Cases sacrées, les sites de Kurukan Fuga et de l’Arche de Kamandjan sont bien conservés et dotés d’une bonne intégrité physique grâce aux actions des populations riveraines, aux effets de protection du droit coutumier et des mesures juridiques. Depuis des siècles, ces sites culturel et naturel ont maintenu leur forme de paysage varié, leurs caractéristiques naturelles, leurs pratiques et traditions culturelles qui leur sont liées.

Tous les éléments qui composent le bien « Sites historiques et paysage culturel du Manden » sont dotés d’instruments juridiques. Le Kamablon, case sacrée de Kangaba et le site de Kurukan Fuga sont classés dans le patrimoine culturel national respectivement par Décret N°05-547/P-RM du 20 décembre 2005 et par Décret N°09-402/P-RM du 31 juillet 2009. Le Kamablon, Case sacrée, de Kéniéro et l’Arche de Kamandjan sont classés dans le patrimoine culturel national par Décret N°2017-0953/P-RM du 04 Décembre 2017 et du Décret N°2017-0954/P-RM du 04 Décembre 2017.

Tous les quatre sites sont dotés séparément d’un règlement d’urbanisme de leurs zones tampons de protection. En plus des textes législatifs et réglementaires, ces sites bénéficient d’un système de protection traditionnel axé sur les interdits et le caractère sacré de ces biens culturels.

Néanmoins, le bien « Sites historiques et paysage culturel du Manden » est soumis à certaines menaces dont entre autres l’empiètement par les activités socioéconomiques, les incendies, les changements climatiques, l’utilisation inappropriée des abords immédiats et l’urbanisation anarchique. La sensibilisation et la conscientisation des populations riveraines permettront d’assurer l’intégrité du bien.

Comparison with other similar properties

Le bien « Sites historiques et paysage culturel du Manden » s’apparente au sanctuaire naturel et culturel de la falaise de Bandiagara, dans la Région de Mopti, République du Mali. Il partage avec ce site certaines spécificités, notamment les paysages exceptionnels pittoresques de falaises et de plateau gréseux intégrant de très belles architectures en terre (habitations, greniers, autels, sanctuaires et toguna – abris des hommes). Toutefois, en termes de nombre, de concentration et de qualité de fossiles, le bien « Sites historiques et paysage culturel du Manden » est très riche et plus accessible.

En outre, le bien s'apparente à d'autres sites culturels et historiques du Mali, plus particulièrement, la Case sacrée de Karatabougou dans la Commune de Sanankoroba, la Case sacrée des Diarra à Koulikoro, toutes dans la Région de Koulikoro, République du Mali. D’après les traditions orales, ces genres d’édifices publics existaient déjà du temps de Soundiata Keïta, fondateur de l’empire du Mali. Alliant enseignement de l’histoire et de l’éthique sociale sur fond de grande mobilisation, ces sites réussissent encore de nos jours, à cristalliser à travers les rituels cycliques institutionnalisés, les symboliques de renforcement des liens sociaux de conservation des biens cultuels.

Le bien s’apparente également à d’autres sites culturels et lieux de mémoire du Mali, en particulier la place de prestation de serment des combattants peuls à Mayel (Nioro du Sahel, Mali) contre les troupes françaises commandées par Archinard en décembre 1890. Au plan national et international, le bien « Sites historiques et paysage culturel du Manden » demeure plus célèbre par la Charte du Manden qui s’y est proclamée et les rencontres culturelles qui enregistrent la participation de diverses communautés.