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Le tronçon Bavay-Tongres de la chaussée romaine Boulogne-Cologne situe sur le territoire de la Région wallonne

Date of Submission: 08/04/2008
Criteria: (iii)(iv)
Category:
Submitted by:
Division du Patrimoine de la Région wallone de Belgique
State, Province or Region:
Province de Hainaut, Province de Brabant wallon, Province de Namur, Province de Liège, Région wallonne,
Ref.: 5359
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Word File
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Property names are listed in the language in which they have been submitted by the State Party

Description

La voie romaine Bavay-Tongres est une section d'un des axes majeurs de la Gaule septentrionale qui reliait deux points stratégiques, la Mer du Nord depuis Boulogne jusqu'au Rhin à Cologne.

 

Afin d'assurer la maîtrise du territoire après la conquête de la Gaule par César, les Romains entreprirent la création d'un réseau de chaussées s'articulant autour des villes, chef lieux de cités. Les travaux débutèrent dans le Nord de la Gaule vers les années 20 avant Jésus Christ. Depuis Rome et Lyon, capitale de la Gaule, deux grands axes rejoignaient d'une part Reims et Boulogne et d'autre part Trèves et Cologne, frontières de l'Empire et des royaumes germaniques. Une liaison transversale fût établie entre les deux points extrêmes des zones nouvellement administrées. Elle devait permettre la liaison entre le pouvoir central de Rome et les centres administratifs ou stratégiques des provinces. Elle assurait une circulation aisée et sécurisée des armées, de la poste impériale et du ravitaillement. Pour cela, elle devait satisfaire aux exigences de son rôle et donc être praticable en toute saison, être rapide et sûre. La stabilité et le drainage sont deux préoccupations essentielles. Les matériaux locaux sont utilisés et les itinéraires directs sont privilégiés. On constate donc que les constructeurs ont toujours cherché le sol vierge pour établir l'assise de la route; son épaisseur varie et comprend un nombre de couches variable. La surface, empierrée ou faite de cailloutis, est aménagée pour adopter un profil bombé afin de faciliter l'écoulement des eaux. La largeur varie mais avoisine généralement 6m à 6,5m Elle est parfois bordée de fossés de drainage. Elle appartient à la catégorie principale des voies romaines autour desquelles se développe un réseau secondaire. De Boulogne par Thérouanne, par Arras, Cambrai, la chaussée arrive à Bavay. Elle traversait la Hesbaye et rejoignait Tongres où elle se poursuivait vers l'est, traversant la Meuse à Maestricht avant d'atteindre Cologne. Elle figure sur l'Itinéraire d'Antonin et la Table de Peutinger, documents routiers antiques rédigés tardivement sur base d'originaux, renseignant un grand nombre d'itinéraires de l'Empire romain.

 

Le rôle politico-stratégique s'élargira rapidement à une fonction économique et culturelle, favorisant les échanges de biens et d'idées.

 

Environ tous les 30 km, ce qui correspondait à une journée de marche, la chaussée était pourvue de haltes routières et d'agglomération abritant ateliers, commerces, bains, temples . . . Les principaux vicus entre Bavay et Tongres sont Waudrez-Binche (Vodgoriacum), Liberchies-Pont-à-Celles (Germlliiacum), Taviers-Eghezée (Taberme) et Braives (Perniciacum). Waudrez, Liberchies et Braives ont fait ou font l'objet de fouilles. Des relais de moindre importance étaient aménagés à mi distance entre deux vicus.

 

A la période tardive, la chaussée reprend une importance stratégique; à partir du milieu du IIIe siècle, elle sert d'appui à un réseau de fortifications destinées à contrer les raids des tribus germaniques. Ces fortins ont aujourd'hui disparu; certains ont fait l'objet de fouilles et d'études approfondies.

 

D'autres monuments caractéristiques jalonnent cette importante voie, les tumuli. Ces tombes monumentales ont été implantées à partir du dernier quart du 1er siècle. Ils se concentrent essentiellement en Hesbaye dont ils constituent un trait marquant. Leurs dimensions sont parfois importantes. Ils abritaient un mobilier funéraire riche mais nombre d'entre eux ont été pillés, parfois dès l'époque mérovingienne. Des fouilles réalisées au 19e siècle ont encore permis de découvrir des objets de grandes qualités présentés dans nos musées. Il reste très peu de tombes intactes. A ce jour, la totalité des tumuli encore en élévation sont protégés par un classement. Nombre d'entre eux se situent le long ou aux abords immédiats de la chaussée romaine.

 

Au XXIe siècle, cette chaussée qui parcourt quelques 125 km sur le territoire de la Région wallonne continue à marquer le territoire. A divers endroits, elle sert de limites administratives : frontière entre pays, limites provinciales ou communales. Elle constitue un exemple remarquable d'aménagement du territoire qui a subsisté jusqu'à nos jours. Avec les tumuli, elle est le seul monument antique visible et subsistant dans cette région. En effet, elle est encore présente dans sa quasi totalité et est intégrée au réseau des voiries sous des statuts divers, route nationale, voiries communales ou simple rue.

 

En outre, en de nombreux endroits, sa présence se traduit dans la toponymie locale : chaussée de Brunehaut, rue chaussée, rue Haute chaussée, chaussée romaine, chaussée verte, hameaux de Brunehaut, de la Chaussée.

Justification of Outstanding Universal Value

La chaussée romaine de Boulogne à Cologne permettait de relier deux frontières de l'Empire romain et était destinée au déplacement des troupes et aux communications administratives. Elle deviendra un axe commercial important qui assurera sa pérennité jusqu'à nos jours. Elle est encore très présente dans les paysages traversés. Elle se distingue non seulement par son respect des règles de construction romaines mais également par le nombre et la spécificité des monuments funéraires qui la jalonnent. Elle reprendra également un rôle stratégique important au IVe siècle quand elle devient ligne de défense contre les invasions des tribus germaniques.

La chaussée romaine Boulogne-Cologne constitue donc à la fois un paysage culturel relique en ce qu'elle témoigne des techniques et des paysages de la période gallo-romaine mais également vivant en ce qu'elle garde son rôle de voie de communication. Afin d'assurer la qualité du témoin, une éventuelle inscription sur la liste du patrimoine ne pourra être envisagée qu'en concertation avec les autres pays concernés, à savoir : la France, les Pays-Bas et l'Allemagne.

Statements of authenticity and/or integrity

La réflexion sur l'authenticité et l'intégrité se déclinent selon différentes perspectives. La première serait l'authenticité en terme de fonction. Le tracé de la voie romaine est toujours présent, il est toujours utilisé dans son usage premier de voie de communication. Les matériaux ont sans doute changé, l'importance varie aussi les zones traversées. En certains endroits, elle a gardé son rôle de route principale en d'autres elle est intégrée au réseau secondaire. En tant que paysage culturel, elle revêt également une importance primordiale. Nous sommes en présence d'un paysage hérité de la période gallo-romaine avec sa succession de tumuli et de vicus.

Sur le plan archéologique, cette chaussée se révèle un trésor pour les fouilleurs et les chercheurs. Des chantiers de fouilles, ont révélé l'existence de l'ancienne chaussée sous ou à proximité immédiate de la voirie actuelle. Les vicus ont fait l'objet également de fouilles et témoignent de l'organisation d'une agglomération gallo-romaine. Certains fortins construits à l'époque tardive ont été localisés, fouillés et ont fourni de précieuses indications sur le système défensif de cette époque.

Comparison with other similar properties

Peu de voies de communication figurent sur la liste du patrimoine. Les voies romaines sont sans doute l'un des premiers réseaux de communication construit et hiérarchisé. Il répond à des préoccupations stratégiques et économiques. Les principes fondamentaux seront les mêmes à travers tout l'Empire mais ils seront déclinés en fonction des spécificités locales faisant de ces routes à la fois des témoins du savoir faire romain mais également de l'échange d'influences et de l'intégration des coutumes et traditions indigènes dans l'organisation de l'Empire. Ainsi, si la Via Appia qui figure sur la liste indicative de l'Italie est elle aussi rythmée par des monuments funéraires; il s'agit de construction de pierres, alors que la chaussée romaine Bavay Cologne est jalonnée de monuments funéraires d'inspiration locale tout à fait particulier de la région traversée, à savoir les tumuli.

Elle se distingue également par l'importance de son rôle stratégique : support de l'organisation de la conquête au départ, elle deviendra à la période tardive, un élément important de la défense de l'Empire contre les attaques des tribus germaniques.