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Les forêts sèches de l’Andrefana

Date of Submission: 14/03/2008
Criteria: (ix)(x)
Category: Natural
Submitted by:
Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts et du Tourisme
State, Province or Region:
Régioins de Diana, Boeny, Anosy, Atsimo, Andrefana, Androy, SAVA, Melaky
Ref.: 5314
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Disclaimer

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Property names are listed in the language in which they have been submitted by the State Party

Description

Ce site est  composé de 7 aires protégées :

Réserve spéciale d'Ankarana S12 53 22 E49 09 47 (2009)

Parc national d'Ankarafantsika S16 12 30 E46 53 10 (2009)

Parc National d'Andohahela, Parcelle II S24 53 17 E46 35 24 (2009)

Parc national de Tsimanampetsotsa S24 06 06 E43 50 26 (A partir de 2012)

Réserve spéciale d'Analamerana S12 46 03 E49 29 46 (A partir de 2012)

NAP de Daraina S13 05 45 E49 42 00 (A partir de 2012)

Future NAP de Manambolomaty- Tsimembo S19 00 00 E44 23 29 (A partir de 2012)

Les aires protégées formant l'ensemble des forêts sèches de Madagascar sont localisées dans la partie occidentale et la partie sud de l'Ile. En contraste avec l'Ecorégion des forêts humides de l'Atsinanana représentée par un ensemble de six aires protégées, les forêts sèches sont marquées par une sévère fragmentation historique et seuls quelques grands blocs isolés existent encore. Malgré ce défi important, des inventaires biologiques récents indiquent très clairement que ces grands blocs sont très importants pour la représentation de la biodiversité de Madagascar et le maintien des processus d'évolution au sein des communautés écologiques distinctes et uniques. Dans la même optique, ces inventaires indiquent que la diversité biologique au sein des forêts sèches a été historiquement sous estimée. Donc, il est de plus en plus évident que la région est caractérisée par une hétérogénéité biologique extraordinaire avec un nombre remarquable d'espèces localement endémiques et des changements de composition floristique et faunistique même entre des sites relativement proches. Cette richesse en matière de biodiversité est également accompagnée par un niveau de vulnérabilité de ces habitats et  communautés qui, heureusement, est de plus en plus maîtrisée par des efforts majeurs pour la création et la bonne gestion des aires protégées.  

Une variation de la composition floristique et faunistique existe au sein de l'Ecorégion des forêts humides de l'Atsinanana mais ces différences sont relativement subtiles et il est donc convenable de les regrouper dans une seule écorégion unique. Par contre  les forêts sèches de Madagascar démontrent une variation fortement marquée du nord au sud et deux écorégions pourraient être distinguées. Cependant, on observe une zone de transition assez large entre les deux et il est convenable de les regrouper pour la représentation de cette région extensive.

Justification of Outstanding Universal Value

Pour les deux écorégions de l'Ouest et le Sud, les niveaux de diversité biologique sont élevés au sein de tous les reliquats d'habitats naturels intacts. Les aires protégées choisies assurent une bonne représentation des genres et espèces uniques aux deux écorégions. Une fois que tous les sites proposés seront inscrits, une famille floristique endémique à la région sera représentée au sein de la liste des sites du patrimoine mondial, le Diegodendraceae.  

D'une manière similaire, la famille des Didiereaceae est presque endémique à la région (d'autres espèces existent en Afrique) et elle sera bien représentée dans l'ensemble. Cette zone est exceptionnellement riches en Légumineuses (Famille des Fabaceae) avec plusieurs taxons localement endémiques L'ensemble représentera également une large gamme de genres floristiques endémiques à la région ou même à chacune de ces écorégions distinctes : l'Ecorégion des forêts sèches de l'Ouest et l'Ecorégion des forêts et fourrés succulents du Sud. Par exemple, cette dernière est distinguée par 11 genres localement endémiques tels que Didierea, Alluaudia, Lemuropisum Disynstemon et Androya entre autres. D'autres plantes importantes en terme de la représentation de la région comprennent plusieurs membres du genre Delonix (les flamboyants ayant une valeur esthétique et commerciale) et du genre Adansonia : six espèces de baobab endémiques à la région dont le Renala (la mère de la forêt), A. grandidieri, qui est devenue un véritable symbole du pays.  

L'avifaune est bien représentée et plusieurs espèces sont spécifiques des forêts sèches malgaches y compris des nombreux membres des familles endémiques. A part des espèces probablement introduites à Madagascar, tous les mammifères non-volants sont endémiques. Environ la moitié des lémuriens malgaches se trouve dans la région qui sont tous endémiques. Parmi les carnivores, deux membres de la famille endémique Eupleridae se trouvent uniquement dans la région, Mungotictis decemlineata et Galidictis gradidieri ainsi que six rongeurs dans la famille endémique, le Nesomyidae. Les reptiles sont particulièrement diversifiés à Madagascar et 99% sont endémiques. La famille Opluridae est particulièrement bien représentée dans la région. 

L'endémisme local est aussi une caractéristique importante dans l'ensemble de ces deux écorégions. Des inventaires récents ont noté deux caractéristiques importantes : la composition des communautés écologiques pourrait changer rapidement même entre des sites avoisinants, et de nombreux sites sont caractérisés par des espèces très rares et avec des aires de répartition très restreintes. 

Le Gouvernement de Madagascar reconnaît l'importance des forêts sèches malgaches en terme de critères d'un site du patrimoine mondial. Cependant, la création de plusieurs sites importants a été relativement récente et une majorité reste à la phase de création et / ou consolidation. Ce processus est très participatif et nécessite une durée importante. Pour ces raisons, la liste indicative présente les sites qui sont éligibles à l'heure actuelle et des sites qui seront des candidats potentiels futurs. Un de ces derniers, la Réserve Spéciale d'Analamerana est déjà établi depuis longtemps mais sa candidature doit être vérifiée par des inventaires additionnels. 

Aires protégées éligibles à l'heure actuelle 

Réserve Spéciale d'Ankarana. L'Ankarana constitue une grande zone de karst calcaire de la période jurassique. Le karst est découpé par plusieurs canyons profonds où la présence de l'eau dans le sous-sol assure la présence d'une forêt sempervirente.  L'Ankarana a au moins 140 km des grottes connus à l'heure actuelle avec une faune troglodyte localement endémique. Des nombreuses espèces de faune et de flore sont endémiques à l'extrême nord-ouest du pays et plusieurs sont endémiques à la réserve. . A titre indicatif pour la flore, deux espèces d'Araceae, deux espèces d'Euphorbia et une espèce de Tacca, ce dernier étant une plante sauvage apparentée aux plantes cultivées. Cette réserve abrite plus d'une vingtaine d'espèces de plantes menacées.

Parc National d'Ankarafantsika. Ce parc national abrite plusieurs espèces de flore et de faune qui ne se trouvent pas dans les autres aires protégées dont  les lémuriens Propithecus coquereli et Microcebus ravelobensis et les espèces de plantes de Dalbergia davidii, Mimosa plantei. Plus d'une dizaine d'espèces de plantes menacées caractérisent ce parc. Le parc est parmi les pus grandes aires protégées et les menaces importantes ont été bien maîtrisées depuis plusieurs années.  

Parc National de Tsimanampetsotsa. Ce parc national abrite une faune et une flore typique du sud-ouest du pays et des nombreuses espèces ne se trouvent pas ailleurs au sein du système des aires protégées. Par exemple : (Anisotes divaricatus, Ecbolium humbertii, Secamone pedicellaris sont des plantes endémiques locales du parc. Un grand lac de chaux existe à la partie ouest du parc et il est très important pour des oiseaux aquatiques. Le centre du parc est une formation karstique avec un réseau hydrographique souterrain important. Récemment, le parc a été élargi vers le sud avec l'approbation de toutes les communautés locales et les autorités de la région. Sa superficie élargie doit assurer la viabilité à la longe terme. 

Parc National d'Andohahela, Parcelle II. Ce site abrite une végétation typique du bassin du fleuve Mandrare, et plusieurs espèces sont localement endémiques. La Parcelle II est également important car elle abrite une formation végétale unique à Madagascar : une zone de transition abrupte entre les forêts humides de l'Est (représentées par la Parcelle I du parc au sein du Site de Patrimoine Mondiale des Forêts Humides d'Atsinanana) et les fourrés épineux de l'Ecorégion du Sud. Plusieurs espèces sont localement endémiques pour n'en citer que deux espèces de palmiers, une espèce d'Aloe, deux espèces d'Impatiens, une espèce de Pandanus.

Aires protégées potentiellement futures candidates 

Réserve Spéciale d'Analamerana. Cette réserve karstique est proche à l'Ankarana mais il y a des différences importantes entre les deux sites. La réserve est le seul site connu pour le primate Propithecus perrieri pour la plante d'Euphorbia analamerae et elle abrite la majorité du baobab endémique, Adansonia perrieri. Cette réserve est aussi une continuation effectivement de la Réserve Spéciale d'Ankarana et les deux ensemble pourraient assurer la viabilité de leurs populations respectives. 

NAP de Daraina. Cette NAP se trouve au nord-est du pays et elle abrite une série des différents habitats de transition entre les forêts humides de l'Est et les forêts sèches du nord. La flore et la faune sont très diverses et plusieurs espèces sont localement endémiques. Plus d'une vingtaine d'espèces végétales dont 3 espèces de Pandanus, une espèce de Dalbergia (communément connu sous le nom de Bois de rose ou Palissandre)  

Future NAP de Manambolomaty-Tsimembo. Le processus de création de cette NAP a débuté en 2007 et sa protection légale définitive est prévue en 2009. Le site combine des lacs, des mangroves et la forêt sèche et dans cet égard le site est unique à Madagascar tout en recelant une flore riche en endémisme à tous les niveaux taxonomiques. Par exemple, la famille endémique des Sphaerosepalaceae y est bien représentée, les genres endémiques (Dupuya, Abrahamia entre autres) ont une bonne représentation Il est un des plus importants lieux de reproduction pour les oiseaux aquatiques endémiques.

Statements of authenticity and/or integrity

  • Les aires protégées proposées pour la nomination possèdent le statut juridique de parc national, de réserve spéciale et des nouvelles catégories en voie d'établissement par le gouvernement (catégories I, II, III et IV, V et VII de l'UICN) et sont gérées par le réseau national, Parcs Nationaux Madagascar ou par la Direction du Système des Aires Protégées.
  • Les biens proposés contiennent les éléments nécessaires à l'illustration des principaux aspects des processus essentiels à la conservation à long terme des écosystèmes et de la diversité biologique qu'ils contiennent.
  • Chaque aire proposée contient les habitats qui permettent de maintenir le maximum de diversité animale et végétale qui sont caractéristiques des écorégions auxquelles elles appartiennent.
  • Les aires proposées pour chaque ensemble sont les aires qui représentent le mieux, en nombre et en diversité, la diversité biologique des écorégions auxquelles elles appartiennent.
  • Les aires protégées proposées représentent une série de centres de micro endémisme uniques. Chacun donc représente des communautés écologiques qui démontrent des voies d'évolution distinctes.
  • La promotion des approches écorégionales de conservation et de développement en dehors des aires protégées constitue une stratégie clé. En augmentant les zones d'habitat protégées ou gérées de manière durable, les approches écorégionales contribuent, d'une part, à réduire le risque de perte génétique lié à la vulnérabilité des petites populations isolées et, d'autre part, à augmenter la probabilité que des espèces encore inconnues ayant des répartitions géographiques restreintes soient conservées.

Comparison with other similar properties

L'île de Madagascar constitue une écorégion en soi. Elle appartient aux plus grandes zones prioritaires de conservation (Hotspots de CI, Ecoregion 200 de WWF, Birdlife, etc.) et compte parmi les centres de biodiversité les plus riches au monde : ses niveaux de diversité et d'endémisme représentant la quasi-totalité des groupes taxinomiques principaux y sont exceptionnellement élevés, et en raison de cet isolement, spéciation et adaptation n'existent nulle part ailleurs. L'isolement de l'île depuis 80 millions a permis le développement de nombreuses familles de plantes et d'animaux endémiques.  

Ainsi la disparition progressive de ces habitats endémiques constitue une perte irréversible de la biodiversité au niveau mondial et la disparition d'écosystèmes uniques au monde. 

  • La grande particularité de la biodiversité de Madagascar est le haut degré de son endémisme, particulièrement au niveau des familles et des genres. Madagascar a aussi un fort taux d'endémisme au niveau des espèces par rapport à la faible superficie de l'île (590 000 km2). À cause de sa richesse biologique, l'île de Madagascar est de plus considérée comme un lieu d'origine de plusieurs taxons qui se sont dispersés dans le monde comme les caméléons (Raxworthy 2003).
  • Le taux d'endémicité au niveau des espèces végétales est très élevé : 6 espèces de baobabs contre 2 espèces pour toute l'Afrique ; une famille entière de forêt sèche épineuse ; au moins 12.000 espèces d'arbres de forêt. Parmi les plantes actuelles il y a environ 12 000 espèces dont les 90% sont endémiques à Madagascar (Shatz & Lowry, unpbl.). Il y a six familles de plantes endémiques qui n'existent dans aucun autre pays au monde. Par exemple les Philippines ne possèdent aucune famille endémique (Fernando et al, 2003). Il n'y a que l'Australie, l'Afrique du Sud et la Nouvelle Calédonie dont le taux d'endémicité des plantes au niveau des familles approche celui de Madagascar.
  • En Amérique Latine, dans la Forêt Atlantique qui recouvre près de 1 233 875 km2 (72 fois plus vaste que la superficie totale des aires protégées à Madagascar) on recense quelques 20 000 espèces de plantes vasculaires dont uniquement 40% sont endémiques à la région (Mori et al, 1981). Pour une superficie 30 fois plus grande, le complexe forestier de la Guinée occidentale abrite le même nombre d'espèces que Madagascar mais avec un taux d'endémisme ne dépassant pas les 55% (Poorter et al, 2004).
  • Les Mammifères sont représentés par plus de 150 espèces recensées dans l'ensemble des aires protégées Malgaches (superficie de 1 710 300 ha). Alors qu'au Brésil, le Parc National de Jau (un site du Patrimoine Mondial) qui a une superficie de 2 272 000 ha n'abrite que 120 espèces de mammifères. En outre, la valeur du groupe des mammifères Malgaches repose également sur la présence des formes primitives endémiques dans l'ordre des primates (les lémuriens) et des carnivores (Cryptoprocta ferox).
  • Parmi les prosimiens actuels, Madagascar est le seul endroit où le sous-ordre des Lémuriformes existe encore dans leur milieu naturel. Il y a en tout environ 90 taxa décrits actuellement mais le processus de radiation spécifique est encore en cours depuis la séparation de l'île du continent de Gondwana il y a 80 millions d'années.
  • Bien qu'il n'y ait qu'une seule famille de reptile endémique et 1 famille endémique d'amphibiens à Madagascar, il y a une forte endémicité des reptiles et amphibiens au niveau des espèces: sur les 340 espèces de reptiles recensées, 314 sont endémiques (92,35%) (Raxworthy 2003). Dans le complexe forestier de l'Atlantique, parmi les 306 espèces de reptiles, il y a uniquement 94 espèces endémiques (30,71%) (Rylands, 2004). Même dans l'ensemble des îles de Philippines, le taux d'endémicité reptilienne assez fort (68,08%) ne dépasse pas celui de Madagascar au niveau des espèces.
  • Parmi les 283 espèces d'oiseaux, 109 sont endémiques (soit 38,51% avec 5 familles endémiques) et 209 se reproduisent sur l'île (Hawkins et Goodman 2003). Au niveau des genres, 34 des 148 genres sont endémiques, soit 22,97%. Aux Philippines (297 179 km2), 185 espèces d'oiseaux sont endémiques sur les 535 espèces recensées, soit 34,57% avec une seule famille endémique. Ce taux d'endémicité est moins élevé dans le complexe forestier de l'Atlantique avec 148 espèces endémiques sur les 936 espèces recensées (15,81%) (Stattersfield et al, 1998). En outre Madagascar abrite des formes reliques d'oiseaux comme le Mesitornis unicolor, Leptosomus discolor, et Atelornis crossleyi (Goodman et al., 2003).
  • Parmi les groupes des invertébrés non-marins, tous les escargots terrestres sont endémiques (651 espèces), les 40 espèces de scorpions sont endémiques et 84,96% des araignées sont endémiques. En tout, dans le groupe de macroinvertébrés, 86% des taxons sont endémiques parmi les 5800 espèces récemment recensées (Goodman et Benstead, 2003).