1.         Parc national de Manú (Pérou) (N 402bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/402/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1987-1993)
Montant total approuvé : 80 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/402/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/402/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Le Centre du patrimoine mondial a reçu un rapport (en espagnol) intitulé « Vers un système normalisé de suivi environnemental à distance du réseau national d’aires naturelles protégées du Pérou – 5e étude expérimentale », publié en août 2006 par l’Institut national des Ressources naturelles (INRENA), la Société zoologique de Francfort et l’Université de La Molina. Ce rapport présente une mise à jour du statut juridique du bien et donne des chiffres détaillés et actualisés sur les modifications d’utilisation des terres survenues dans le Parc national de Manú et dans plusieurs aires de conservation et zones tampons adjacentes.

Le rapport indique que le Parc a été agrandi le 14 juillet 2002 avec l’ajout des 257 000 ha de l’ancienne Zone réservée de Manú (Décret suprême n° 045-2002-AG), ce qui donne une superficie actuelle totale calculée par SIG de 1 696 803 ha. Le dossier de proposition d’inscription au Centre du patrimoine mondial mentionne une surface totale de 1 532 806 ha, bien que la carte fournie avec la proposition d’inscription semble avoir été réalisée à la main et comporte des limites non conformes aux limites figurant dans le rapport. Un plan de gestion datant de 1985 a été actualisé en 2002 pour inclure à la fois le bien du patrimoine mondial et la Réserve de biosphère dont le bien constitue la zone centrale.

À partir de données fournies par télédétection, le rapport signale une nette augmentation entre 2000 et 2005 de l’utilisation des terres sur le site sans lien avec la conservation. On note une augmentation totale de 57 % de l’utilisation agricole et de 10,3 % de l’élevage de bétail en ranchs. Ces taux de croissance sont significatifs et, si l’on n’y veille pas, risquent d’entraîner rapidement d’importants impacts irréversibles sur la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité du bien.

Le rapport mentionne que la conversion des terres se produit en grande partie le long de la limite sud-ouest du Parc, par empiètement causé par les activités d’élevage en ranchs, et autour des quatre zones habitées du bien (dont trois par des communautés autochtones). Les taux de déboisement ont beaucoup augmenté dans les communautés autochtones de Mameria et Callanga. Étant donné que les rondins et le bois de sciage sont transportés par voie navigable, et vu la configuration des principales rivières de la région, ce déboisement pourrait bientôt aboutir à la fragmentation de ce qui est actuellement une grande zone d’un seul tenant.

Il est également évident que la forte proportion de conversion des terres à l’extérieur des limites du Parc le long du corridor du Rio Mapacho et près de la ville de Pilcopata commence à gagner le Parc. Au nord de cette ville, le rapport montre que le déboisement gagne directement le Parc par la vallée du Rio Tono. La configuration des limites du Parc dans cette région (c’est-à-dire une pointe de terre se rétrécissant vers le sud, entourée de corridors de zones habitées et de réseaux routiers en cours de modernisation) le rend particulièrement vulnérable à l’empiètement.

Le rapport signale aussi la présence de concessions pétrolières autour du bien, et dans un cas (la parcelle 76) pénétrant à l’intérieur du bien. Toutefois, la carte nationale des concessions pétrolières, consultable sur le site Internet de la compagnie pétrolière publique péruvienne ne confirme pas cette revendication.

L’ouverture de terrains autour du Parc national de Manú à la prospection pétrolière, ainsi que la construction de routes, notamment dans la zone vers le sud et le sud-ouest du Parc (y compris la liaison routière intercontinentale brésilo-péruvienne en construction) contribuent à causer d’importants changements socio-économiques dans la région. En termes de conservation, ces changements entraînent des pressions grandissantes d’empiètement agricole et d’exploitation illégale des ressources forestières. À moins que l’État partie ne prenne des mesures efficaces pour contrecarrer ces menaces, on peut sérieusement craindre qu’elles n’augmentent encore dans les années à venir, avec des conséquences néfastes pour le Parc. Il est clair que l’empiètement agricole et le déboisement constituent de très importantes menaces pour le bien et pourraient constituer un motif d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.41

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Demande à l'État partie de fournir une carte actualisée du bien montrant clairement ses limites;

3. Demande également à l'État partie d'adresser une demande de modification mineure des limites pour rendre compte de l'extension du bien, conformément aux paragraphes 163 et 164 des Orientations;

4. Note avec préoccupation les problèmes signalés qui menacent la conservation et l'intégrité du bien, notamment le déboisement important, l'empiètement agricole et les concessions pétrolières qui ont une incidence sur le bien;

5. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2008, un rapport précisant l'étendue et les impacts des menaces signalées ainsi que les mesures prises pour faire cesser ces menaces et les supprimer, dans le périmètre du bien et aux alentours, ainsi qu'une carte montrant les limites actuelles du bien.