1.         Île Macquarie (Australie) (N 629rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

L’UICN et le Centre du patrimoine mondial ont reçu des rapports de sources diverses sur les effets dévastateurs des lapins sauvages et des rongeurs non originaires de l’île sur la végétation et la faune sauvage de Macquarie. La population de lapins est passée de 10 000 à 100 000 depuis les années 1980. Les impacts négatifs de cette surpopulation sont, en particulier, la destruction de la végétation des versants, comme la canche touffue (Poa foliosa) et le chou de Macquarie (Stilbocarpa polaris), qui provoque à son tour des éboulements plus fréquents et plus importants et des ravines creusées par l’érosion. Ces phénomènes ont eu un impact considérable sur les valeurs esthétiques pour lesquelles l'île a été inscrite et représentent un grave danger pour les différentes espèces d'oiseaux marins qui vivent dans le parc. L’habitat de nidification de trois espèces d’albatros est menacé par la dégradation des versants. À Petrel Peak dans le sud de l’île, seul lieu de reproduction connu de l’albatros à tête grise (classé ‘vulnérable’ selon la législation environnementale australienne), la canche touffue a aujourd’hui quasiment disparu de l’habitat des versants. En conséquence, des glissements de terrain se sont produits et des nids risquent d’être emportés, s’ils ne le sont pas déjà. Le glissement de boue qui a affecté Lusitania Bay en septembre 2006 a causé la perte d’un nombre inconnu de pingouins royaux enfouis sous la boue. Les rats représentent une menace directe supplémentaire pour les oiseaux de mer dont ils tuent les poussins dans leur nid. 

Le Centre du patrimoine mondial a reçu une lettre de l’État partie en janvier 2007, qui explique les mesures prises par le gouvernement australien pour traiter les problèmes liés aux espèces envahissantes sur l'île, y compris :

· Le gouvernement australien a versé une contribution de plus de 1,5 million de dollars AUS (environ 1,2 million de dollars EU) au gouvernement de Tasmanie pour assurer la gestion des vertébrés nuisibles sur l’île, y compris l’engagement d’un chef de projet au Tasmanian Parks and Wildlife Service, chargé de la planification du programme d’éradication des lapins et des rongeurs sur l’île. 

· Un Projet de plan d’éradication des lapins et des rongeurs de l’île Macquarie subantarctique a été mis au point ; une analyse scientifique indépendante l’a jugé satisfaisant et le plan a été approuvé. Le rapport est consultable sur le site de l’État partie : http://www.environment.gov.au/heritage/publications/draft-macquarie-rabbit-eradication-plan.html

· Reconnaissant ses responsabilités au niveau de la protection des valeurs de patrimoine mondial de l'île, le gouvernement australien est en pourparlers avec le gouvernement de Tasmanie pour ce qui est du financement du plan d'éradication proposé (coût estimé : 20 millions de dollars EU). 

L’UICN et le Centre du patrimoine mondial constatent avec une vive inquiétude l’impact dévastateur des espèces envahissantes sur certaines parties de l’île Macquarie et soulignent le besoin urgent d’agir pour prévenir des dégradations encore plus importantes et potentiellement irréversibles pour le bien. Il est essentiel que les gouvernements d’Australie et de Tasmanie s’accordent à financer dès que possible le programme d’éradication de sorte que sa mise en œuvre puisse commencer en 2007. Il semble que l’établissement du plan d’éradication nécessite environ deux ans de planification et de préparation dès lors que son financement est garanti. De plus, il est indiqué que les mesures d’éradication ne sont vraiment efficaces que si elles sont prises en hiver (en été dans l’hémisphère Nord). C’est pourquoi, à moins qu’une décision sur le financement du plan ne soit rendue officielle dès que possible en 2007, l’éradication même pourrait être retardée jusqu’à l’hiver 2010, où le nombre de lapins aura considérablement augmenté. Si le plan est officialisé avant le deuxième semestre 2007, l’éradication pourra alors avoir lieu durant l’hiver 2009, autrement dit un an plus tôt.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.14

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Note avec préoccupation l'impact des populations envahissantes de lapins et de rongeurs sur les valeurs et l'intégrité du bien;

3. Prend note avec satisfaction de la décision prise par le gouvernement fédéral australien et le gouvernement de la Tasmanie de financer et d'exécuter en commun un plan d'éradication d'ensemble;

4. Demande à l'État partie d'assurer d'urgence la mise en œuvre du plan d'éradication et de rendre compte de l'impact des activités d'éradication sur les espèces non visées, et ce, dès le début de l'éradication;

5. Demande en outre à l'État partie de présenter dès que possible au Centre du patrimoine mondial un exemplaire du plan final d'éradication comportant un calendrier détaillé de mise en œuvre, et, avant le 1erfévrier2008, un rapport sur l'état de conservation du bien, et notamment sur l'avancement de la mise en œuvre du plan d'éradication, pour examen par le Comité à sa 32e session, en 2008.