1.         Mosi-oa-Tunya / Chutes Victoria (Zambie,Zimbabwe) (N 509)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1989

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2007)
Montant total approuvé : 93 485 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission de suivi conjointe entre l'UNESCO et l'UICN en novembre 2006

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2007

Comme demandé par le Comité lors de sa 30e session (Vilnius, 2006), le Centre du Patrimoine mondial et l'UICN ont effectué une mission de suivi sur le bien en novembre 2006 en coopération avec les deux Etats parties, la Zambie et le Zimbabwe. La mission a constaté que des pressions liées au développement sont exercées dans et autour du bien ayant de graves conséquences sur sa valeur et son intégrité, ce principalement en raison dans l'échec de la mise en œuvre des décisions, visant à une gestion efficace, prises de par le passé par le Comité.

Dans les rapports remis en janvier 2007, les deux Etats parties ont identifié le manque de cadre de gestion commun, le manque de plan de gestion commun, ainsi que le manque de mise en œuvre des recommandations faites lors de l'atelier binational en 2002 comme étant les principaux obstacles de gestion pour la conservation du site. Les rapports des Etats parties et la mission de suivi de 2006 ont confirmé que le développement touristique non planifié continue d'avoir un impact sur l'intégrité du bien. Ce sujet a aussi été évoqué dans plusieurs articles parus dans les medias.

Les problèmes principaux identifiés par la mission et les rapports des Etats parties incluent:

a) le développement touristique non planifié

Le rapport établi par l'Etat partie du Zimbabwe a identifié le développement des activités touristiques comme facteur portant atteinte au caractère sauvage et à la valeur esthétique du bien. Le rapport de la Zambie a aussi identifié comme facteurs affectants le bien les pressions liées au développement, plus particulièrement, le projet d'hôtel et de country club ainsi que le ballon à haute altitude dans le nord est du site, à 3 kilomètres des chutes.

La mission a exprimé ses sérieuses inquiétudes à la Zambie à propos du projet immobilier de l'Hôtel Mosi-oa-Tunya et du Country Club. On s'attend à ce que le projet détruise non seulement la végétation des berges de la rivière, mais ait aussi un impact sur la fonction de captage et sur les mouvements de la faune, et contribue à la pollution de la rivière, ayant ainsi de graves conséquences sur la valeur universelle exceptionnelle et sur l'intégrité du bien. Selon des articles diffusés dans les medias en décembre 2006, la Zambie a reconsidéré le projet en raison des conséquences négatives que celui-ci aurait sur le bien. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN restent préoccupés par le projet et accueilleraient favorablement toute nouvelle information donnée par l'Etat partie quant à l'état actuel du projet.

b) Capacité d'accueil de visiteurs sur le site:

Les deux rapports des Etats parties confirment que le nombre de visiteurs augmente et remarquent que cette augmentation s'inscrit dans le cadre de leurs politiques. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ont observé durant la mission que le grand nombre de visiteurs provoque une pollution sonore due aux hélicoptères, aux ULM, et aux bateaux. En outre, la faune aquatique est constamment dérangée par des activités sur les berges.

La mission a aussi remarqué que les Autorités de l'Aviation Civile du Zimbabwe développent actuellement l'aéroport des Chutes Victoria, anticipant ainsi un nombre croissant de visiteurs, en particulier à l'occasion de la Coupe du Monde de football qui se déroulera en 2010 en Afrique du Sud. Le gouvernement de la Zambie a, lui aussi, fait du tourisme un secteur clé de la croissance économique, comme le prouve le projet d'hôtel et de complexe de golf. L'accroissement attendu du nombre de visiteurs requiert la création rapide d'un comité ministériel commun, afin que les Etats parties puissent inclure la gestion de la capacité d'accueil de visiteurs au sein du cadre et du plan de gestion communs.

c) Priorités écologiques pour le plan de gestion commun:

Les rapports des deux Etats parties et la mission de suivi ont fait ressortir des éléments supplémentaires qui affectent le bien et qui doivent être pris en compte par le plan de gestion commun .

Ces éléments comprennent:

(i) Le risque encouru par la végétation des berges, dépendante du courant, lors des basses eaux provoquées par le changement climatique et par des retenues d'eau en amont;

(ii) La fragmentation de l'habitat résultant du clôturage, de la croissance de la déforestation et du pâturage qui conduit à un nombre croissant de conflits entre la population et la faune, en particulier par le blocage des corridors utilisés par les éléphants;

(iii) Les espèces botaniques envahissantes qui font courir un risque à la biodiversité botanique indigène et à la capacité d'accueil des herbivores. En Zambie, le Lantana camara a colonisé les falaises et les palmeraies;

(iv) Les risques que font courir des espèces de poissons envahissantes à la biodiversité aquatique;

(v) La déforestation de zones illégales d'exploitation forestière;

(vi) La pollution de l'eau résultant du développement des berges de la rivière et d'un accroissement des vidanges sauvages dans la rivière.

d) Obstacles à la bonne gestion

La Zambie a défini le besoin de revoir sa législation actuelle afin de doter le bien d' une protection et d'une gestion appropiées, car il n'existe actuellement aucun cadre national en charge des questions relatives au patrimoine mondial. La Zambie a aussi identifié le cadre de gestion limité comme l'élément empêchant le suivi et a donc demandé une assistance internationale pour réviser les limites du bien et aider à sa gestion.

e) Progrès réalisés par les Etats parties et prochaines étapes

Les deux Etats parties ont rejoint la Zone de conservation transfrontalière Kavango-Zambèze qui encourage la gestion intégrée du bassin. Des rencontres bilatérales et des opérations communes au niveau du bien sont organisées régulièrement.

L'Etat partie de Zambie souhaite la formation d'un Comité national relatif aux questions du patrimoine mondial pour mars 2007. La Zambie utilise actuellement les orientations stratégiques de l'évaluation environnementale de 1996 pour contrôler le développement du bien, et a signé un protocole d'accord avec la Commission nationale de conservation du patrimoine et l'Autorité zambienne en charge de la faune et de la flore pour harmoniser les impératifs de conservation et de développement du bien.

La mission commune de suivi conclut qu'une série d'actions urgentes devraient être prises, en particulier le développement d'un plan de gestion intégrée commun pour le bien du patrimoine mondial. L'Etat partie du Zimbabwe (avec l'aide de la Zambie) a présenté une demande d'assistance internationale au Centre du patrimoine mondial, pour un montant de 30.000 dollars EU, afin de mettre en œuvre cette recommandation. Cette demande a été approuvée par le Président en janvier 2007. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ont dépêché un consultant international pour assurer la liaison entre les deux Etats parties et les aider dans la préparation du plan de gestion intégrée commun pour le bien. Le projet de plan de gestion devrait être finalisé pour mai 2007, avant la 31e session du Comité.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 31 COM 7B.4

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-07/31.COM/7B,

2. Rappelant la décision 30 COM 7B.8, adoptée lors de sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Exprime son inquiétude à propos du développement urbain incontrôlé, du développement touristique non planifié, et des espèces envahissantes, qui continuent de menacer l'intégrité du bien;

4. Regrette que les recommandations de l'atelier bilatéral de 2002 n'aient pas encore été mises en œuvre;

5. Note avec satisfaction un certain avancement en matière d'établissement de plan de gestion intégrée commun et de plans nationaux de gestion;

6. Note également le moratoire de l'État partie de Zambie sur certains projets de constructions et d'infrastructure touristique;

7. Prie instamment les deux États parties de la Zambie et du Zimbabwe de mettre en œuvre très rapidement les recommandations de l'atelier bilatéral de 2002 ainsi que celles de la mission de suivi de 2006, à savoir:

     a) Mise en place d'un Comité ministériel commun (comprenant les sous-comités techniques appropriés) pour une coordination transfrontalière efficace,

     b) Mise en œuvre d'un plan de gestion intégrée commun pour le bien du patrimoine mondial, les États parties devant s'assurer d'obtenir les accords et le financement nécessaires à sa mise en œuvre. Tous les problèmes liés au développement de l'infrastructure, aux équipements touristiques, à l'éradication des espèces envahissantes, au contrôle de la pollution, au pompage d'eau dans le Zambèze et autres devraient être envisagés et pris en compte dans le plan de gestion intégré commun, conformément aux recommandations de l'atelier bilatéral de 2002,

     c) Dans l'attente de l'action des deux États parties sur ces points précis, un moratoire sur la construction et le développement de toute infrastructure touristique, d'équipement ou de service sur le bien du patrimoine mondial devrait être mis en place,

     d) Rédaction d'un projet de déclaration sur l'état de conservation souhaité, état qui pourrait être évalué lors du suivi de l'état de conservation du bien, et meilleur traitement des problèmes de gestion et de protection;

8. Félicite l'État partie de la Zambie de l'arrêt immédiat du projet de l'Hôtel de Mosi-oa-Tunya, du projet immobilier du Country Club et du projet de ballon captif;

9. Invite les deux États parties à travailler en étroite collaboration avec l'UICN et le Centre du patrimoine mondial à l'établissement du plan de gestion intégrée commun, et à s'assurer des moyens nécessaires à sa mise en œuvre;

10. Demande aux deux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial avant le 1er février 2008 des rapports détaillés sur l'état de conservation du bien, comprenant des informations sur l'impact potentiel de tout nouvel aménagement touristique, ainsi que sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du plan commun de gestion intégrée et des autres recommandations de la mission de suivi de 2006, pour examen par le Comité lors de sa 32e session, en 2008.