1.         Ville de Bath (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 428)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/428/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/428/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/428/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

La ville de Bath a été inscrite au patrimoine mondial pour la façon dont ses grandes rues en arc de cercle, ses immeubles alignés et ses places qui s'étendent sur les collines et dans la vallée se mélangent harmonieusement, intégrant ainsi dans un même ensemble l'architecture, la planification urbaine, et le paysage afin de créer délibérément une belle ville. Par un courrier en date du 31 janvier 2008, l'Etat partie a soumis pour approbation par le Comité du patrimoine mondial une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle qui reprend les éléments exposés ci-dessus. Celle-ci sera examinée par le Comité du patrimoine mondial au point 8B de l'ordre du jour (document WHC-08/32.COM/8B).

Le bien inscrit sous l'appellation de "Ville de Bath" comprend le centre ville, une zone de 2.900 hectares (ce qui a été confirmé par l'Etat partie dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif en 2005) dans laquelle se trouvent 4 919 bâtiments protégés, dont 638 répertoriés comme "à haut niveau de protection". Lors de l'inscription, l'ICOMOS a considéré la totalité de l'ensemble monumental et historique de Bath comme étant d'une valeur exceptionnelle. L'ICOMOS reconnaissait aussi que la sauvegarde de ce patrimoine bâti à diverses époques pourrait poser de sérieux problèmes.

Au cours des deux dernières années, un grand projet de réhabilitation d'une vaste zone plane le long de la rivière, a peu près au centre du bien du patrimoine mondial, a été présenté. Ce projet, appelé "Bath Western Riverside", se situe au fond de la vallée et pourrait ainsi être visible depuis les parties hautes de la ville.

Ce projet immobilier, consistant en une série de grands immeubles de 6 étages, totalisant 2.000 appartements, et en trois bâtiments plus hauts d'environ 9 étages près de la rivière, a suscité une vive opposition de la part de beaucoup d’organismes en charge de la conservation et de résidents en raison de l'impact négatif du projet sur les perspectives depuis les immeubles en arc de cercle et les immeubles alignés et sur les cohérences visuelle et architecturale du bien dans son environnement. Au 19e siècle et jusqu'au début du 20e, la zone en question était une prairie publique qui fut plus tard utilisée pour la production de gaz et par d'autres petites industries. Malgré de nombreuses objections au projet, auquel English Heritage était associé à l'origine, le Conseil municipal de Bath et du Nord-est du Somerset a déclaré son intention de donner son accord au projet. En janvier 2008, le ministre concerné a décidé de ne pas soumettre le projet à enquête publique. Le projet n'est, à ce jour, toujours pas confirmé car des conditions techniques requises ne sont pas satisfaites.

En février 2008, le Conseil municipal de Bath et du nord est du Somerset a aussi déclaré son intention de donner son accord à un autre grand projet le long de la rivière, et ce, en contradiction avec les recommandations de ses propres fonctionnaires. Ce projet concerne la construction d'une nouvelle Académie Dyson et impliquerait la démolition d'un bâtiment classé et la construction de bâtiments recouverts de larges façades en verre qui pourraient être très visibles lorsqu'ils seront éclairés.

Dans son rapport du 18 février 2008, l'Etat partie rappelle l'importance de Bath pour son architecture géorgienne et pour les qualités de planification urbaine et de paysage global qu'elle offre, il reconnaît que le projet Bath Western Riverside est très visible depuis la rivière et les collines entourant la ville. Les autorités considèrent cependant que ce projet s'étendant sur un terrain vaste de 35 hectares est nécessaire afin de pourvoir aux besoins de la ville en une nouvelle zone résidentielle du 21e siècle.

En dépit d'un soutien général à l'évolution de la ville de Bath, il y a une vive inquiétude quant aux projets qui ne respectent pas la valeur universelle exceptionnelle du bien, valeur présente dans toute la ville tant sous sa forme bâtie qu'environnementale. Le projet Bath Werstern Riverside et d'autres projets ne sont pas en accord avec le développement résonné établi dans le plan de gestion de 2003. Les deux projets situés près de la rivière devraient être examinés par une mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS avant tout accord final des autorités responsables.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.116

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Se déclare préoccupé de l'impact potentiel des projets « Bath Western Riverside » et « Dyson Academy » sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien ;

3. Demande à l'État partie de suspendre l'autorisation définitive des projets de développement tant que le Comité du patrimoine mondial n'a pas eu la possibilité de les examiner en totalité ;

4. Demande également à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS sur le site afin d'examiner l'état de conservation général et, en particulier, l'impact des projets « Bath Western Riverside » et « Dyson Academy » sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien ;

5. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport sur l'état de conservation du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.

Décision adoptée: 32 COM 8B.97

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-08/32.COM/8B.Add et WHC-08/32.COM/INF.8B1.Add,

2. Adopte la Déclaration de valeur suivante pour la Ville de Bath, Royaume-Uni:

Les vestiges romains, en particulier le temple de Sulis Minerva et le complexe thermal (situés autour des sources chaudes au coeur de la cité romaine d'Aquae Sulis, qui jouent un rôle primordial dans le développement de la ville depuis cette époque lointaine) comptent parmi les vestiges romains les plus célèbres et les plus importants au nord des Alpes et ils marquent le début de l'histoire de Bath en tant que ville thermale.

La ville géorgienne est à l'image des ambitions de John Wood père, de Ralph Allen et de Richard 'Beau' Nash qui voulurent en faire une des plus belles cités d'Europe, où l'architecture se combinerait harmonieusement au paysage pour le plaisir d'une population de curistes.

Le style néo-classique de grands bâtiments publics (comme les Assembly Rooms et Pump Room) s'harmonise avec les proportions grandioses d'ensembles monumentaux (tels que Queen Square, Circus et Royal Crescent) et reflète sur un plan collectif les ambitions, notamment sociales, de la ville thermale du XVIIIe siècle.

Les bâtiments géorgiens particuliers ont profondément subi l'influence de Palladio. L'échelle, le style et l'organisation de l'espace entre ces bâtiments, qui constituent leurs caractéristiques collectives, incarnent la réussite d'architectes tels que John Wood père et fils, Robert Adam, Thomas Baldwin et John Palmer qui parvinrent à transposer les idées de Palladio à l'échelle d'une ville entière, située au creux des collines et conçue avec une esthétique du paysage pittoresque, pour créer une atmosphère de cité-jardin, plus proche des cités-jardins du XIXe siècle que des cités Renaissance du XVIIe siècle.

Critère (i) : À Bath, les immenses rangées d'habitations en demi-cercle, les terrasses et les places d'un style néo-classique inspiré par Palladio, s'étalant sur les collines environnantes et le fond de la verte vallée, sont la preuve par excellence de l'intégration de l'architecture, de la conception urbaine et du cadre paysager, qui aboutit à la création d'une ville splendide. Non seulement les bâtiments comme les Assembly Rooms et Pump Room sont chacun d'une élégance parfaite, mais ils font également partie intégrante du paysage général plus vaste de la ville, qui se développa tout au long du siècle suivant une logique harmonieuse, alliant les édifices et places publics et privés selon les préceptes de Palladio tempérés par un esthétisme pittoresque.

La qualité de l'architecture et du concept urbain de Bath, son homogénéité visuelle et sa beauté témoignent largement de la compétence et la créativité des architectes et visionnaires des XVIIIe et XIXe siècles, qui appliquèrent et développèrent les théories de Palladio pour répondre aux conditions spécifiques de la ville thermale, de son environnement physique et de ses ressources naturelles (notamment les sources chaudes et le calcaire oolitique de Bath). Trois hommes, l'architecte John Wood père, le propriétaire de carrières Ralph Allen et le célèbre personnage qui lançait la mode dans la société et était Maître de cérémonies, Richard "Beau" Nash, donnèrent ensemble l'impulsion qui favorisa le renouveau social, économique et physique, avec la création d'une ville qui reçut les personnalités marquantes de la société de l'époque, des milieux politiques et culturels. S'ils poursuivirent les travaux durant un siècle, sans plan directeur ni le moindre patron, les architectes suivants réussirent pourtant à créer des liens entre les nouvelles constructions urbaines individuelles, leurs voisines plus anciennes et le paysage plus vaste, donnant naissance à une ville conforme aux règles de l'harmonie et de la logique et s'accordant à son environnement naturel et d'une extrême beauté.

Critère (ii) : Bath illustre la manière dont le XVIIIe siècle s'est écarté des cités Renaissance, avec leur tracé uniforme de rues fermées sur elles-mêmes, prépondérant du XVe au XVIIe siècle, et adopta des idées nouvelles en plantant des bâtiments et des villes au milieu du paysage pour obtenir des perspectives et des formes pittoresques, que l'on retrouve dans l'ensemble de l'Europe, notamment au XIXe siècle. La preuve la plus flagrante de cette cohérence entre la nature et la ville, telle qu'elle se manifeste à Bath, est peut être fournie par le Royal Crescent (John Wood fils) et par le Lansdown Crescent (John Palmer). Les espaces urbains et paysagers de Bath sont dessinés par les bâtiments qui les enserrent, sous la forme d'une succession d'espaces reliés entre eux d'une manière organique, avec une ouverture visuelle (et parfois physique) sur la verte campagne environnante pour créer une atmosphère particulière de cité-jardin, esquissant ainsi les principes des cités-jardins développées par les urbanistes du XIXe siècle.

Critère (iv) : Bath reflète deux grandes époques de l'histoire de l'humanité, les époques romaine et géorgienne. Le complexe des thermes et du temple romains, ainsi que les vestiges de la cité d'Aquae Sulis qui les entouraient sont d'une grande importance pour comprendre et apprécier la société civile et religieuse romaine. Le redéveloppement du XVIIIe siècle représente une combinaison unique, associant une architecture urbaine exceptionnelle, l'aménagement spatial et l'histoire de la société. Bath est une illustration des principaux thèmes de la ville néo-classique du XVIIIe siècle, les proportions monumentales des maisons ordinaires, l'intégration du paysage et de la ville, la création d'espaces urbains reliés entre eux, conçus et développés pour répondre à la popularité grandissante de Bath comme haut lieu de la société et station thermale et pour offrir un cadre pittoresque et des installations appropriées aux curistes et autres visiteurs. Si elle connût son apogée aux temps des romains et à l'époque géorgienne, Bath garde les traces d'un développement continu durant deux millénaires, avec son impressionnante église abbatiale du Moyen Âge côtoyant le temple et les thermes romains, au cœur de la ville moderne qui est aussi celle du XVIIIe siècle.

3. Recommande que l'évaluation des déclarations d'authenticité et d'intégrité, de protection et de gestion soit repoussée à la 33e session du Comité du patrimoine mondial (2009) dans l'attente de l'adoption d'une méthodologie et d'un format convenu pour les Déclarations de valeur universelle exceptionnelle pour les biens inscrits.