1.         Palais de Westminster et l'abbaye de Westminster incluant l'église Sainte-Marguerite (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 426bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006: mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Projets de construction aux alentours immédiats du bien du palais de Westminster, de l'abbaye de Westminster et de l'église Sainte Marguerite, qui pourraient avoir un impact considérable sur le cadre, les perspectives visuelles et l'intégrité du bien du patrimoine mondial;

b) Absence d'une étude de fond sur l'impact visuel des projets d'aménagement et absence d'un plan de gestion approuvé;

c) Besoin d'une protection des alentours immédiats du bien du patrimoine mondial au moyen d'une zone tampon adaptée et reconnue par tous.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/426/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Le 31 janvier 2008, l'Etat partie a remis un rapport. Il a également remis une proposition de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle. Celle-ci sera examinée par le Comité du patrimoine mondial au point 8 de l'ordre du jour (document WHC-08/32.COM/8B).

a) Etude d'impact visuel dynamique

L'Etat partie a signalé que cette étude était toujours en cours. Elle fait partie d'une étude plus vaste entreprise par English Heritage, appelée « Une vision de l'histoire par les perspectives visuelles » (Seeing History in the View) qui établira une méthodologie d'évaluation de l'impact de l'aménagement urbain sur les perspectives visuelles depuis et vers les biens du patrimoine mondial. Aucun détail complémentaire concernant cette étude n'a été fourni et aucune date d'achèvement n'a été précisée. Il est assez préoccupant que l'étude menée soit générale et pas spécifique au Palais de Westminster, l'abbaye et l'église Sainte Marguerite. Le Comité du patrimoine mondial avait demandé qu'une étude propre au paysage du Palais de Westminster, l'abbaye et l'église Sainte Marguerite soit menée, y compris son site et ses perspectives visuelles, afin de permettre une rapide évaluation de l'impact potentiel des projets d'aménagement proposés. L'un des objectifs du plan de gestion est de mener cette étude.

b) Zone tampon

Le Comité du patrimoine mondial a demandé que des mesures soient prises afin d'assurer la protection des alentours immédiats du Palais de Westminster, mesures consistant en la définition d'une zone tampon adaptée et reconnue par tous. Le plan de gestion met en évidence l'absence d'une zone tampon, telle que définie dans les Orientations, qui aiderait à maintenir les qualités spécifiques du cadre du bien. Sans prise en compte des spécificités du bien et de son cadre, les grands projets d'aménagement urbain au-delà des limites du bien sont susceptibles de menacer sa valeur universelle exceptionnelle. Le rapport de l'Etat partie signale que la délimitation d'une zone tampon se fera dans le prolongement de l'étude d'impact visuel.

c) Plan de gestion

En juin 2007, l'Etat partie a remis la version finale du plan de gestion pour examen par l'ICOMOS. Ce plan a été élaboré par un comité directeur travaillant en collaboration avec des experts.

Le but du plan de gestion est d' "être le complément, et non de remplacer, les politiques mises en places par les gestionnaires et les propriétaires des sites, le Conseil municipal de Westminster et le Conseil du grand Londres (Greater London Authority), de guider la gestion quotidienne et les stratégies à long terme et d'élaborer un cadre de travail équitablement réparti au sein duquel les multiples activités, exigences, et opportunités peuvent être évaluées au regard de la protection des qualités spécifiques du site".

Les problèmes qui peuvent ou pourront menacer la valeur universelle exceptionnelle de Westminster ont été définis avec des objectifs appropriés pour chacun d'entre eux. L'un des objectifs de la gestion est de "demander l'intégration immédiate des rues Sainte Marguerite et Abingdon, de la Cour du vieux palais et de la Place du Parlement, y compris Canon Green, au sein des limites du bien du patrimoine mondial afin d'en assurer la protection et de créer un seul site unifié" et "d'envisager un agrandissement, à moyen terme, du bien du patrimoine mondial afin d'intégrer, et donc de protéger, ces bâtiments et espaces associés au palais de Westminster, à l'abbaye de Westminster y compris l'église Sainte Marguerite, qui partagent leur valeur universelle exceptionnelle. Cette extension intègrerait des espaces bâtis et des zones archéologiques de première importance."

Le plan poursuit également l'objectif suivant visant : "à ce que le comité de liaison du patrimoine mondial examine attentivement les projets liés au paysage, à la gestion du transport, à la circulation, au mobilier urbain ou ayant trait à toute infrastructure importante, au sein ou aux alentours des limites du bien du patrimoine mondial afin que ces projets prennent en compte la signification et la valeur du bien, tout comme les objectifs du plan de gestion du bien du patrimoine mondial".

Ces objectifs ne sauraient compenser l'absence de définition de zones autour du bien du patrimoine mondial. Aucune zone tampon statutaire pour le bien n'est définie. Les plans de gestion font référence à des politiques externes en matière de sauvegarde du bien, mais les mécanismes de négociation à venir entre les différentes parties prenantes et de résolution des conflits ne sont pas évoqués. Enfin, les documents ne clarifient ni dans quelle mesure le plan de gestion sont soumis à une approbation officielle ni qui aura la charge de les approuver.

d) Mise à jour de la législation

L'Etat partie a fourni des informations sur le "Projet de loi sur la protection du patrimoine", autrefois désigné sous le nom de "Livre blanc sur la protection du patrimoine". Ce projet de loi sera présenté devant le Parlement en 2007-2008. D'ici là, trois nouvelles mesures sont actuellement à l'étude concernant les procédures liées aux projets d'aménagement et renforçant la protection des biens du patrimoine mondial et la supervision du statut et de l'usage des zones tampons.

e) Projets d'aménagement urbain

L'Etat partie a remis les informations suivantes concernant les projets d'aménagement ayant une incidence sur le bien, projets identifiés lors du Comité du patrimoine mondial en 2007:

- Beetham Tower : en décembre 2007, le Conseil municipal de Southwark a accordé un permis de construire pour une tour de 170 mètres (10 mètres de moins que le projet présenté en août 2007). L'Etat partie signale qu'un appel de cette décision est susceptible d'être fait et que le projet serait alors soumis à une enquête publique ; de ce fait, aucun autre commentaire n’est disponible à ce stade. ;

- Doon Street : le projet qui comprend une tour d'habitation de 144 mètres a été soumis à enquête publique du 10 au 20 février 2008, les conclusions de l'enquête sont à ce jour inconnues;

- Elizabeth House : le projet initial de 3 bâtiments de 117 mètres de haut a été légèrement révisé et sera examiné par le Comité de planification de Lambeth en avril 2008;

Le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS ont par ailleurs été alertés par des projets d'aménagement de grande envergure à la gare Victoria, projets composés de grandes tours qui pourraient avoir un impact sur le cadre, la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS estiment que des progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre du plan de gestion mais expriment leurs inquiétudes quant à la résolution peu lisible des conflits entre conservation et projets d'aménagement du palais de Westminster dans son ensemble architectural. L'absence de création d'une zone tampon adaptée est aussi une source d'inquiétudes. En outre, une étude spécifique du paysage du bien, de son cadre et de ses perspectives visuelles n'a pas été menée alors que dans le même temps une étude générale sur les méthodologies d'évaluation d'impact des projets d'aménagement sur les biens du patrimoine mondial est en cours.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.113

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.91, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Prend note des actions de l'État partie en réponse aux demandes du Comité du patrimoine mondial concernant la mise en oeuvre d'un plan de gestion;

4. Remercie l'État partie d'entendre développer des méthodologies générales pour évaluer l'impact du développement sur les perspectives depuis et vers les biens du patrimoine mondial, qui pourraient servir par la suite de base de discussion sur les critères pour les évaluations d'impact visuel ;

5. Prend également note des progrès accomplis dans la mise en oeuvre des propositions extraites du « Livre blanc sur la protection du patrimoine mondial » et de la « Loi sur la protection du patrimoine mondial » qui a suivi ;

6. Regrette que les questions suivantes n'aient pas encore été traitées :

a) Zone tampon avec protection adaptée ;

b) Étude spécifique du paysage du bien, de son cadre et de ses perspectives visuelles afin de permettre une étude fondamentale d'évaluation de l'impact des projets d'aménagement aux abords immédiats du bien ;

c) Manque de clarté du système de gestion présenté dans le plan de gestion pour régler les conflits entre conservation et développement, particulièrement dans l'environnement du bien ;

7. Prend note que l'État partie a commencé à répondre aux demandes du Comité du patrimoine mondial (décision 31 COM 7B.91) de protéger le bien, son cadre et ses perspectives visuelles;

8. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport d'avancement sur les points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.

 

Décision adoptée: 32 COM 8B.72

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-08/32.COM/8B.Add et WHC-08/32.COM/INF.8B1.Add,

2. Approuve la modification mineure des limites du Palais de Westminster, l'abbaye de Westminster et l'église Sainte-Marguerite, Royaume-Uni;

3. Recommande qu'une zone tampon en lien avec la protection de l'intégrité visuelle du bien inscrit dans son environnement soit créée, à l'issue des études d'impact et des projets de coordination des constructions immobilières au sud de la Tamise, à Londres, en rapport avec l'expression de la valeur universelle exceptionnelle du site de Westminster.

Décision adoptée: 32 COM 8B.96

1. Ayant examiné les documents WHC-08/32.COM/8B.Add et WHC-08/32.COM/INF.8B1.Add,

2. Adopte la Déclaration de valeur suivante pour le Palais de Westminster, l'abbaye de Westminster et l'église Sainte-Marguerite, Royaume-Uni:

Le Palais de Westminster, l'abbaye de Westminster et l'église Sainte-Marguerite renferment ensemble l'histoire de la plus ancienne monarchie parlementaire de l'époque actuelle et l'évolution des institutions constitutionnelles et parlementaires. Concrètement :

L'abbaye de Westminster représente une séquence étonnante des phases successives de l'art gothique anglais et a été une source d'inspiration pour les travaux de Barry et de Pugin dans le Palais de Westminster.

Le Palais de Westminster illustre dans des proportions colossales la grandeur de la monarchie constitutionnelle et le principe bicamériste du système parlementaire selon la conception du XIXe siècle, par sa construction visant à manifester, par une référence à l'architecture anglaise, le caractère national du monument.

Le Palais est l'un des plus importants monuments de l'architecture néogothique, un exemple éminent cohérent et complet du style néogothique.

Le Westminster Hall est un monument-clé du style perpendiculaire et son admirable toiture de chêne est l'une des grandes réussites de la construction médiévale en bois.

Westminster a été le théâtre de grands événements historiques qui ont formé la nation anglaise et britannique.

L'église de Sainte-Marguerite, une charmante construction de style perpendiculaire, reste l'église de la Chambre des Communes et fait partie intégrante de cet ensemble.

Critère (i) : L'abbaye de Westminster est une réalisation artistique unique présentant en une séquence frappante les phases successives de l'art gothique anglais.

Critère (ii) : L'abbaye, outre son influence sur l'architecture anglaise du Moyen Âge, a joué au second degré, grâce aux choix opérés par Charles Berry et Augustus Welby Pugin au Palais de Westminster, un rôle déterminant dans le « Gothic Revival » du XIXe siècle.

Critère (iv) : L'abbaye, le Palais et Sainte-Marguerite illustrent concrètement les spécificités de la monarchie parlementaire sur la longue période de neuf siècles. Qu'il s'agisse des tombeaux royaux de l'abbatiale, du remarquable espace de Westminster Hall, de la Chambre des Lords ou de la Chambre des Communes, l'art est toujours fidèle aux rendez-vous de l'histoire dans un ensemble d'une remarquable cohérence, véritable musée historique de Royaume-Uni.

3. Recommande que l'évaluation des déclarations d'authenticité et d'intégrité, de protection et de gestion soit repoussée à la 33e session du Comité du patrimoine mondial (2009) dans l'attente de l'adoption d'une méthodologie et d'un format convenu pour les Déclarations de valeur universelle exceptionnelle pour les biens inscrits.

Décision adoptée: 32 COM 8D

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le Document WHC-08/32.COM/8D,

2. Rappelant les décisions 30 COM 11A.2 et 31 COM 11A.2, adoptées respectivement lors de ses 30e (Vilnius, 2006) et 31e (Christchurch, 2007) sessions,

3. Rappelle que, comme il a été décidé lors de sa 31e session (Christchurch, 2007) par la décision 31 COM 11A.2, le Centre du patrimoine mondial ainsi que les organisations consultatives ne seront pas en mesure d'examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l'époque de l'inscription ne sont pas claires ;

4. Félicite les Etats parties dans la région de l'Europe ainsi que les Etats parties de l'Egypte, du Maroc et de la Tunisie pour l'excellent travail accompli dans la clarification de la délimitation de leurs biens du patrimoine mondial et les remercie pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;

5. Prend note des clarifications des limites et des superficies de biens fournies par les Etats parties suivants dans les régions européenne et arabe en réponse à l'Inventaire rétrospectif, telles que présentées dans l'annexe du document WHC-08/32.COM/8D :

6. Demande aux Etats parties européens et arabes n'ayant pas encore répondu aux questions soulevées en 2005, 2006 et 2007 dans le cadre de l'Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation demandées le plus rapidement possible et avant le 1er décembre 2008 au plus tard.