1.         Angkor (Cambodge) (C 668)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1992

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-2004

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/668/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1992-1998)
Montant total approuvé : 113 595 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/668/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : environ 52 millions de dollars EU jusqu'en 2006.

Missions de suivi antérieures

Septembre 2005 : mission de conseil technique concernant la protection des zones 1 et 2 du site d'Angkor. Par ailleurs, les experts ad hoc du Comité international de coordination (CIC) exercent deux fois par an le suivi du bien et des projets en cours sur le site d'Angkor, à l'occasion des sessions plénières et techniques du CIC.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Expansion urbaine incontrôlée;

b) Manque d'une structure de gestion appropriée. 

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/668/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Le 28 janvier 2008, l'état partie a remis un rapport volumineux sur le bien du Patrimoine mondial d'Angkor, décrivant en détail toutes les actions menées à Angkor depuis le début des années 90 et incluant les copies de toutes les présentations faites lors des sessions du CIC en décembre 2006 et en juillet 2007. Ce rapport comprend aussi deux documents concernant les initiatives en cours et celles planifiées, financées par les agences d'Australie et de Nouvelle-Zélande pour le développement international.

En ce qui concerne le problème de la gestion foncière et de gouvernance dans les zones 1 et 2 du bien, une étude menée en 2006, dans le cadre d'un projet financé par l'Agence néo-zélandaise pour le développement international, a confirmé les préoccupantes conclusions de la mission de 2005. Ce projet, appelé "Plan de gestion d'Angkor" s'intéresse particulièrement au "développement organisationnel et à l'attribution de ressources appropriées" au sein de l'Agence pour la protection et la sauvegarde d'Angkor (APSARA). Ce projet a une portée plus large, voire quelque peu différente, du plan de gestion du bien d'Angkor, dont le Comité du patrimoine mondial a demandé le développement et la mise en œuvre à l'Etat partie (voir ci-dessous).

Selon cette étude, réalisée en étroite collaboration avec l'APSARA, "l'utilisation, l'occupation et le développement fonciers ne se font pas selon les intentions de la législation", le problème principal résidant dans "l'incapacité au cours des années passées à limiter le développement urbain aux limites extérieures de la zone N°2 (zone tampon), au nord de Siem Reap", ayant pour cause l'extraordinaire croissance du tourisme et de la population. Les cartes résultant de l'étude démontrent qu'un impact négatif très important et irréversible sur l'intégrité du bien se produira, sauf si les autorités sont capables d'exercer de toute urgence un contrôle effectif de la gestion foncière. Il apparaît que les menaces importantes pesant sur le bien sont liées à une utilisation excessive des nappes phréatiques par le secteur touristique, ce qui est susceptible de déstabiliser les monuments d'Angkor, ainsi qu'à la la gestion des ordures et de la pollution qui y sont liées.

Remarquant que "l'expansion urbaine désordonnée" touchait toute la zone de Siem Reap, une étude menée en 2005, visant à la création d'un "schéma directeur intégré pour le développement durable de la ville de Siem Reap / Angkor", étude financée par l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA), a établi un projet de développement urbain et proposé une dotation pour sa gestion coordonnée. Bien que ce schéma directeur ne couvre que les zones 1 et 2 du bien, sa mise en œuvre serait bénéfique à la sauvegarde d'Angkor, puisqu'il réduirait la pression urbaine sur les zones protégées. L'APSARA et les autorités locales de Siem Reap ont progressivement mis en œuvre des actions concrètes, dans le cadre des projets d'infrastructure à l'extérieur de la zone 2.

En ce qui concerne ces problèmes, un certain nombre de mesures ont été prises par l'APSARA. En 2006, les zones 1 et 2 ont été enfin délimitées au sol. Selon le Directeur du service des monuments et de l'archéologie d'APSARA, de nouvelles procédures ont été mises en place pour l'obtention de permis de construire. Dans le même temps, des brochures ont été rédigées et distribuées, concernant les normes de construction appropriées, basées sur l'architecture traditionnelle khmère. Un nouveau service en charge de l'ordre et de la coopération a aussi été créé pour faire appliquer les règles actuelles d'occupation des sols dans les zones 1 et 2. Par ailleurs, afin de réduire la pression urbaine dans les zones protégées, l'APSARA a identifié un terrain de 1000 hectares à l'est de la zone 2, où un nouveau programme d'habitation sera lancé. L'APSARA pense que si cette initiative est couronnée de succès, elle pourra être reproduite ailleurs.

Cependant, l'étude financée par le programme d'aide néo-zélandais estime qu'afin d'assurer la sauvegarde d'Angkor, il serait toutefois nécessaire que les autorités cambodgiennes adoptent d'urgence une législation visant à garantir les droits des communautés vivant sur la zone du parc, clarifient les dispositions de planification à prendre dans les zones protégées et fournissent les ressources nécessaires au renforcement de la capacité institutionnelle de l'APSARA. Ces recommandations sont tout à fait semblables à celles établies par la mission de 2005, avalisées par le Comité du patrimoine mondial dans le cadre de sa décision 30 COM 7B.61 en 2006.

En ce qui concerne le plan de gestion demandé dans le cadre du maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien, une proposition d'établissement de ce plan a été rédigée conjointement par le Centre du patrimoine mondial et le bureau de l'UNESCO de Pnom Penh, en consultation avec l'APSARA. Cette proposition a été soumise à la considération du gouvernement australien. Ce projet a pour but de compléter et d'intégrer le "Plan de gestion d'Angkor" mentionné ci-dessus et financé par la Nouvelle Zélande. Pour éviter toute ambigüité, le projet soumis à l'étude du gouvernement australien a été nommé "Cadre de gestion du patrimoine: bien du Patrimoine mondial d'Angkor".

S'il est effectivement financé et mis en œuvre, ce plan triennal devrait donner à Angkor un cadre de gestion complet, tel que recommandé par le Comité du patrimoine mondial à diverses occasions. Il importe de remarquer que la portée de ce projet est plus ample que la zone actuellement inscrite sur la Liste du patrimoine mondial. Le projet du grand Angkor, mis en place par l'Université de Sydney en coopération avec l'Ecole Française d'Extrême Orient et l'APSARA a effectivement délimité l'extension du site d'Angkor en tant que complexe urbain médiéval, sur une superficie d'environ 1000 km². L'une des conséquences importantes de cette nouvelle étude pourrait être la nécessité de redéfinir, en temps utile, les limites appropriées du bien et de ses zones de gestion.

Enfin, en ce qui concerne la création d'un groupe d'experts ad hoc sur le développement durable, trois experts, désignés en 2007, ont déjà participé et apporté leur contribution à la dernière réunion technique du CIC d'Angkor en juillet 2007.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.65

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 30 COM 7B.61, adoptée lors de sa 30e session (Vilnius, 2006),

3. Note avec satisfaction qu'un nouveau groupe d'experts ad hoc pour le développement durable a été mis en place et est devenu opérationnel au cours de l'année 2007 ;

4. Accueille avec satisfaction les progrès accomplis dans le cadre du projet intitulé « Plan de gestion d'Angkor », ayant permis de clarifier les défis que l'APSARA doit relever pour la gestion et la conservation du bien, et définir les mesures à prendre pour résoudre ces problèmes de manière satisfaisante ;

5. Accueille également avec satisfaction la proposition d'établissement d'un « Cadre de gestion du patrimoine » qui compléterait le projet de « Plan de gestion d'Angkor » en s'intéressant spécifiquement à la conservation des valeurs de patrimoine du bien, et engage vivement l'État partie à développer ce projet dès que possible ;

6. Réaffirme sa vive préoccupation quant aux menaces continuelles et grandissantes qui pèsent sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien, dues à l'actuelle expansion urbaine incontrôlée du bien et de ses zones tampons, malgré les efforts accomplis par les autorités cambodgiennes ;

7. Demande à l'État partie de répondre à ces menaces en assurant la rapide et totale mise en oeuvre des recommandations de la mission de 2005, et en particulier de :

a) Clarifier, y compris par l'adoption d'une nouvelle législation si nécessaire, les règles afférentes aux droits patrimoniaux, aux codes de la propriété et du bâtiment applicables dans les zones 1 et 2 ;

b) Faire appliquer les lois existantes ayant trait à l'occupation illégale, la construction et le développement non autorisés, ainsi que l'appropriation/aliénation de parcelles de terre dans le périmètre du parc ;

c) Renforcer les capacités de l'APSARA, afin qu'elle puisse efficacement planifier et gérer l'occupation des sols, y compris en la dotant des ressources nécessaires ;

8. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport sur les progrès accomplis pour résoudre les problèmes susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial, lors de sa 34e session en 2010.