1.         Vieille ville de Lamu (Kenya) (C 1055)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2001

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1055/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2004)
Montant total approuvé : 22 876 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1055/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

22-27 mars 2004 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan de gestion ;

b) Absence de planification préventive des risques, en particulier en cas d’incendie ;

c) Problème des eaux usées ;

d) Manque de ressources.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1055/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Le 27 février 2008, l’État partie a adressé au Centre du patrimoine mondial un rapport d’avancement sur la mise en œuvre de la décision adoptée par le Comité du patrimoine mondial à sa 31e session (Christchurch, 2007).

a) Plan de gestion

Concernant le plan de gestion, le rapport précise qu’il en est toujours à l’état de projet et qu’un « Troisième Forum consultatif sur l’adoption du plan de gestion de Lamu » doit se tenir au deuxième semestre 2008. Bien qu’il soit extrêmement positif que l’État partie ait établi un cadre participatif complet pour permettre l’élaboration du plan de gestion, il est souhaitable que cette réunion ait lieu dès que possible pour finaliser le plan et assurer son adoption par les autorités compétentes afin qu’il soit appliqué. Il convient aussi de noter que le plan d’action demandé par le Comité du patrimoine mondial reste à élaborer. Cette mesure dépend peut-être de la finalisation du plan de gestion. Le rapport mentionne aussi la création d’un plan d’aménagement régional pour le district de Lamu. Ce plan, qui doit être publié en 2008, traite de l’aménagement d’ensemble du district et devrait tenir compte du plan de gestion établi par les Musées nationaux du Kenya et le Conseil du Comté de Lamu.

b) Zone tampon

S’agissant de la publication au journal officiel de l’aire de Manda-Ras Kitau comme extension de la zone tampon, cela est considéré comme une mesure très importante de protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien. L’État partie signale qu’il rencontre certaines difficultés à cause des multiples responsabilités des diverses institutions publiques. Cette superposition des autorités exigent des discussions approfondies avec les parties prenantes afin de garantir une bonne protection. L’État partie indique qu’une approche conceptuelle a été définie et que des négociations sont en cours avec les autres autorités gouvernementales concernant l’extension de la zone tampon.

Le rapport signale aussi qu’une approche conceptuelle a été définie pour améliorer la gestion des risques dans le périmètre du bien, et qu’elle attend un financement de bailleurs de fonds.

c) Infrastructure

Le rapport indique que le Conseil du Comté de Lamu est dépassé par le volume d’ordures généré par le développement grandissant de l’île. Le rapport indique qu’une organisation fondée à partir d’une communauté locale est intervenue pour fournir des véhicules supplémentaires pour le transport des ordures et a entrepris d’autres initiatives. Ces efforts doivent être renforcés et institutionnalisés pour assurer leur durabilité. Le rapport indique aussi que l’État partie a alloué un montant de 30 000 000 shillings kenyans pour moderniser le réseau d’adduction d’eau à l’intérieur et aux abords du bien du patrimoine mondial. Concernant le réseau d’assainissement, le Conseil du Comté de Lamu a accepté de financer les services d’un ingénieur en assainissement pour rédiger un projet de modernisation des égouts et du drainage. Le projet sera ensuite envoyé à un bailleur de fonds déjà défini pour financement éventuel.

d) Documentation

Les autres activités entreprises par l’État partie pour améliorer la conservation et la gestion de la Vieille ville de Lamu incluent le lancement d’un nouveau projet documentaire d’actualisation de l’inventaire des monuments et de numérisation de tous les dossiers (avec introduction de SIG). Les Musées nationaux du Kenya mettent aussi au point un projet de restauration de l’un des bâtiments exceptionnels qui se sont effondrés en 2005 (en utilisant des fonds publics). Une cartographie plus précise des vestiges archéologiques du bien du patrimoine mondial et de ses abords est aussi en cours, ainsi des améliorations de la présentation du bien.

e) Autres questions d’aménagement

L’État partie a aussi signalé plusieurs problèmes d’aménagement susceptibles d’effet potentiel sur le bien. Le Ministère de l’Énergie et la « National Oil Corporation » ont commencé des recherches pétrolières sur certains points du littoral kenyan et sur plusieurs gisements off-shore. Les rapports préliminaires indiquent toutefois que les réserves pétrolières pourraient ne pas être suffisantes pour une exploitation commerciale. Les Musées nationaux du Kenya ont indiqué qu’une étude générale d’impact culturel serait nécessaire si la prospection continue.

L’État partie signale aussi la possibilité d’aménager de nouvelles installations portuaires dans le district de Lamu. Une étude générale d’impact culturel sera nécessaire si ce projet est maintenu.

Le rapport indique aussi que le changement climatique pourrait aussi poser un problème à l’avenir à cause de l’élévation du niveau de la mer, mais précise qu’aucun changement n’a été détecté pour l’instant.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent de façon positive les diverses mesures initiées par l’État partie pour améliorer la conservation et la gestion du bien. Ils sont cependant préoccupés du développement incontrôlé du fragile tissu urbain du bien et de sa zone tampon. Bien que le rapport fasse remarquer que ce développement permanent est positif sur le plan économique, les Organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial recommandent fermement de veiller à ce que ce développement respecte les valeurs patrimoniales du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.48

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.50, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Note que l'État partie a poursuivi son travail sur le plan de gestion qui a impliqué les parties prenantes et notamment les communautés locales, et prend acte de l'avancement réalisé pour l'extension de la zone tampon et l'amélioration de l'infrastructure ;

4. Réitère son inquiétude face au développement incontrôlé persistant dans le périmètre du bien ;

5. Note également avec inquiétude les travaux de prospection pétrolière aux abords du bien et la construction signalée d'installations pour le nouveau port, et demande à l'État partie de tenir le Comité du patrimoine mondial informé de tout impact potentiel sur le bien ;

6. Encourage vivement l'État partie à poursuivre le travail sur l'extension de la zone tampon et la protection du bien ;

7. Prie également instamment l'État partie de poursuivre ses efforts d'amélioration de l'infrastructure pour consolider les progrès déjà réalisés ;

8. Demande également à l'État partie de finaliser et d'approuver le plan de gestion dès que possible afin qu'il puisse être mis en oeuvre ;

9. Demande en outre à l'État partie de préparer le plan d'action plus détaillé, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 31e session (Christchurch, 2007) incluant l'identification des principales parties prenantes des différentes mesures, ainsi que le calendrier nécessaire pour les mener à bien ;

10. Demande d'autre part à l'État partie de présenter le plan d'aménagement régional et le plan de gestion final en trois exemplaires, pour étude par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;

11. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport d'avancement sur la mise en oeuvre de ces recommandations, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.