1.         Parc national de Kaziranga (Inde) (N 337)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/337/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1997)
Montant total approuvé : 50 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/337/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Le bien bénéficiera du programme patrimoine mondial Inde financé par le Fonds des Nations Unies. La mise en œuvre des activités de terrain doit débuter prochainement.

Missions de suivi antérieures

1997: mission UNESCO ; 2002: mission UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Braconnage de rhinocéros ;

b) Développement d’une ligne ferroviaire adjacente au bien ;

c) Insuffisance en matière d’infrastructures, de budget et de personnel.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/337/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

L’équipe qui a effectué la mission de suivi dans le parc national de Manas a pu faire une brève visite au parc national de Kaziranga (KNP) et discuter avec le personnel du parc l’état de conservation du bien.

La mission a noté que si KNP est sans doute l’un des biens du patrimoine mondial les mieux gérés, il est confronté à des pressions croissantes par suite de changements rapides du paysage environnant liés à l’accroissement de la pression de population, au développement agricole, au développement des infrastructures et au changement climatique. La mission a également été informée d’une récente augmentation des incidents de braconnage de rhinocéros indiens dans le bien et aux alentours. Si le nombre des animaux tués ne menace pas la population, le braconnage dans le bien et aux alentours est un souci.

Les gestionnaires du parc ont également signalé le manque de personnel et de budget, en particulier l’indisponibilité des fonds prévus dans le cadre du système central de financement, qui sont retenus au niveau du gouvernement de l’État.

Depuis l’inscription du bien, le parc national a été étendu plusieurs fois, sa taille originelle de 42 996 hectares étant passée aujourd’hui à 85 942 hectares, y compris la rivière et les zones inondables, ainsi que des corridors stratégiques pour la faune vers les collines de Karbi Anglong. Ces extensions n’ont pas encore été ajoutées au bien du patrimoine mondial tel qu’il est inscrit, car il subsiste certains procès en contestation de quelques-unes des additions et ces procès doivent être achevés avant que puisse être soumise une proposition d’extension. Les réserves forestières des collines de Karbi Anglong fournissent un habitat essentiel pour beaucoup des espèces du parc national, y compris le rhinocéros, pendant la saison annuelle des crues où de grandes parties du parc sont inondées. La protection de ces zones est donc critique pour la conservation des valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Les collines de Karbi Anglong ont connu au cours des cinquante dernières années une importante perte d’habitat, en particulier en raison de l’établissement de plantations de thé, d’installations humaines, de coupes de bois et de changements des cultures. Si d’importantes zones de ces collines sont protégées en tant que réserves forestières, les plans pour la création d’un sanctuaire de la vie sauvage et même pour l’inclusion de certaines de ces zones critiques dans le parc national n’ont pas encore été mis en œuvre.

Une menace potentielle pour l’intégrité du bien est l’amélioration planifiée de la route nationale 37 (NH 37) qui longe la limite sud du parc et le sépare des collines de Karbi Anglong mentionnées plus haut. La circulation sur cette route a augmenté depuis l’inscription du bien et l’on y constate à présent un trafic dense 24 heures par jour, le trafic lourd n’étant autorisé que la nuit. Une limitation de vitesse a été mise en place sur la partie de la route qui longe le parc et de nombreux panneaux de signalisation en avertissent les conducteurs mais la mission a pu observer que la limitation de vitesse n’est pas respectée. La route constitue déjà une barrière partielle sur une importante voie de migration pour la faune, et son amélioration pourrait constituer une menace pour l’intégrité du bien, car il est prévu que la nouvelle route soit une route nationale à quatre voies. L’élargissement de cette route, dont le franchissement est déjà problématique, la transformera en barrière infranchissable pour la faune du bien. La mission a été informée qu’une évaluation d’impact environnemental (EIA) a été effectuée mais que les plans, pas plus que l’EIA, n’ont été soumis au Centre du patrimoine mondial comme le demandent les Orientations. Il a été suggéré que l’EIA indique un certain nombre d’options pour atténuer l’impact de l’amélioration de la route, y compris la construction de passages souterrains pour la faune ou d'une nouvelle route sur la rive opposée du Brahmapoutre. On considère qu’une information complémentaire et une clarification sur l’état de ce projet est demandée à l’État partie.

Les autres problèmes de gestion du parc comprennent le croisement du bétail avec la population de buffles sauvages, la dégradation de l’habitat, notamment du fait d’espèces invasives et le pâturage excessif dû probablement à l’accroissement des populations de buffles.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.12

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 26 COM 21B.10, adoptée à sa 26e session (Budapest, 2002),

3. Note les efforts en cours importants faits par l'État partie pour protéger le bien, en particulier pour l'extension stratégique du parc national afin de résoudre les problèmes d'intégrité affectant le bien existant ;

4. Demande à l'État partie de poursuivre ses efforts pour créer une zone protégée dans les collines de Karbi Anglong et assurer la connectivité avec le parc national existant afin de garantir l'intégrité du bien à long terme ;

5. Prie instamment l'État partie de garantir qu'un financement et des effectifs suffisants soient fournis pour la gestion du bien et que les fonds affectés par le gouvernement central soient transférés au bien en temps opportun ;

6. Exprime son inquiétude quant au projet de réfection de la route nationale NH37 qui doit être élargie à quatre voies, ce qui bloquerait les migrations de la faune et pourrait menacer les valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, et demande également à l'État partie de soumettre les plans de ce développement, y compris l'évaluation d'impact environnemental conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant que soit prise toute décision sur l'élargissement de cette route ;

7. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2009, un rapport sur l'état de conservation du bien, en particulier la gestion et le projet d'élargissement de la route NH37, la lutte contre le braconnage et le financement et les effectifs du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009.