1.         Île Macquarie (Australie) (N 629rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Espèces envahissantes

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

L'État partie a soumis la copie demandée du Plan d'éradication des lapins et rongeurs de l'île Macquarie subantarctique au Centre du patrimoine mondial en août 2007. Le plan, qui s'inspire de l'expérience néo-zélandaise d'éradication réussie des lapins et rongeurs d'îles subantarctiques similaires, préconise une approche en deux temps : épandage aérien d'appâts empoisonnés, désormais programmé pour l'hiver austral 2010, suivi d'une chasse au sol intensive avec chiens de chasse pendant quelques années.

L'État partie a remis des informations actualisées sur l'état de conservation du bien en janvier 2008 indiquant que, suivant l'accord du 4 juin 2007 entre les gouvernements australien et tasmanien pour un financement conjoint de l'éradication des lapins et rongeurs du bien, la mise en œuvre du plan d'éradication avait commencé, des accords de gouvernance ayant été établis et des collaborateurs clés nommés. L'État partie signale que le comité directeur pour le projet d'éradication s'est réuni quatre fois et qu'un comité consultatif scientifique et technique est en cours de constitution. Un chef de projet et un assistant administratif ont déjà pris leurs fonctions tandis qu'un assistant chef de projet devait rejoindre l'équipe en mars 2008.

L'État partie signale par ailleurs que les étapes clés de la phase de planification ont largement été réalisées, à l'exception de la Déclaration d'impact environnemental (DIE) et d'un Plan de santé et de sécurité au travail, travail de planification actuel de l'équipe du projet. Un comité de biosécurité a également été établi pour garantir la mise en œuvre, tout au long du projet et au-delà, de mesures de biosécurité appropriées incluant des mesures de quarantaine et des protocoles visant à protéger l'île de toute invasion et ré-invasion d'espèces nuisibles.

Les opérations préparatoires exposées dans le plan d'éradication ont commencé. Un appel d'offres pour la fourniture de chiens de chasse dressés a été lancé et annoncé, et un prestataire devait être choisi début 2008. Des essais sur le terrain, notamment sur l'atténuation des impacts sur les espèces non ciblées, ont été poursuivis et le travail sur la DIE a commencé, pour évaluer pleinement les impacts potentiels du projet d'éradication sur l'environnement, notamment sur les espèces non ciblées, ainsi que les mesures destinées à éviter ces impacts. Afin de protéger les espèces végétales vulnérables et les parcelles où la végétation n'est pas détériorée, 23 enclos ont été construits sur l'île et cinq autres enclos doivent être construits en 2008. Afin de protéger la faune indigène lors de la phase d'éradication, les appâts empoisonnés seront déposés en hiver, lorsque la plupart de la faune indigène, susceptible d'être empoisonnée, a quitté l'île. D'après les informations du rapport de l'État partie, il est peu probable que la faune indigène présente en hiver sera touchée par les appâts empoisonnés et, par ailleurs, des mesures seront prises pour éviter ce risque. La DIE devrait être terminée en 2008 et des mesures d'atténuation seront intégrées au plan d'action pour le projet d'éradication.

L'État partie note que le nombre de lapins s'est stabilisé ces derniers mois ; cependant, il est trop tôt pour dire s'il s'agit d'un palier dans la croissance de la population ou si une diminution ou une augmentation peuvent être attendues. Les impacts des lapins sur l'environnement restent toujours très variés selon les secteurs de l'île, l'état de la végétation s'améliorant en certains endroits et se détériorant en d'autres. À titre de mesure temporaire, la localité de North Head a été séparée par une clôture du reste de l'île afin de protéger les oiseaux marins vulnérables et préserver la végétation.

L'État partie note également que trois espèces végétales introduites se rencontrent actuellement sur l'île et que rien ne prouve que l'une d'elles est en train de supplanter les espèces végétales indigènes ni qu'elle leur porte préjudice. L'une des espèces introduites devrait rapidement être supplantée par une espèce indigène dès que la pression de pâturage exercée par les lapins diminuera. Afin de protéger les valeurs de l'île et prévenir d'autres introductions d'espèces, l'accès à l'île est limité et les visiteurs autorisés soumis à des exigences de quarantaine.

Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN considèrent que l'État partie a réalisé d'importants progrès dans la planification et la préparation de l'éradication des populations de lapins et de rongeurs envahissants. Cependant, ils notent qu'un plan d'action n'a pas été inclus dans le plan d'éradication soumis en août 2007, ni dans le plan diffusé sur Internet, contrairement aux déclarations du rapport de l'État partie. Un plan a désormais été reçu de l'État partie et il apparaît du calendrier des opérations de l'État partie que l'épandage aérien des appâts empoisonnés est prévu pour l'hiver austral 2010, et non 2009 comme initialement espéré, afin d'en permettre la parfaite planification et préparation, qui inclut notamment le dressage des chiens de chasse. Il est désormais impératif que l'État partie fasse de réels progrès et évite d'autres retards, car tout report supplémentaire risque fort de se traduire par une récupération plus lente des écosystèmes de l'île.

Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN félicitent les gouvernements australien et tasmanien d'avoir conjointement alloué 24,6 millions de dollars AUS à la mise en œuvre du plan d'éradication, et félicitent également WWF-Australia et Peregrine Adventures, un opérateur touristique australien, d'avoir apporté une contribution de 100 000 dollars AUS permettant de mettre en place une première infrastructure de soutien à la planification et à la mise en œuvre du projet d'éradication. Néanmoins, ils mettent l'accent sur l'importance d'obtenir et d'allouer un soutien financier et technique suffisant pour les activités clés de suivi pré- et post-éradication, notamment la surveillance de la végétation et de l'avifaune marine de l'île, qui aideront à démontrer les bienfaits du projet d'éradication.

Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN expriment leur inquiétude quant aux informations sur une potentielle nouvelle menace pesant sur les albatros et pétrels nichant sur l'île résultant de l'approbation par l'État partie en 2007 d'une proposition pour des essais de pêche à la palangre dans les eaux qui entourent le bien et sa zone marine. Ces essais étaient programmés pour 2008 et pourraient potentiellement compromettre tout effet positif, résultant du projet d'éradication, sur la survie de l'avifaune marine.

L'IUCN considère que l'île Macquarie a été inscrite comme une réserve de biosphère de l'UNESCO en 1977, bien qu'elle ne soit pas fonctionnelle à ce titre puisqu'elle n'est pas habitée et ne fait pas preuve de développement durable. À la lumière des discussions du Congrès mondial des réserves de biosphère qui s'est tenu à Madrid en février 2008 et des efforts internationaux pour revitaliser le concept et le programme de réserve de biosphère, l'IUCN encourage donc l'État partie à revoir le statut de l'île comme réserve de biosphère de l'UNESCO. Cela est également en adéquation avec la recommandation émise en 2003 par le Bureau du Programme sur l'homme et la biosphère de l'UNESCO précisant que ce site n'était pas fonctionnel en tant que réserve de biosphère, et qu'il n'était pas possible, en raison de l'absence d'habitants, d'appliquer ce concept. Il est recommandé aux autorités australiennes de : (a) privilégier le statut de patrimoine mondial de ce site, avec sa zone marine ; et (b) d'envisager de retirer ce site du Réseau mondial des réserves de biosphère. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.9

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.14, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Prend note avec satisfaction des progrès accomplis dans la planification et la préparation pour la mise en oeuvre du plan d'éradication des populations de lapins et de rongeurs envahissants qui ont un impact négatif sur les valeurs et l'intégrité du bien ;

4. Demande à l'État partie de procéder rapidement à la mise en oeuvre du plan d'éradication et de garantir et procurer une aide financière et technique suffisante pour les principales activités de contrôle menées avant et après l'éradication, notamment la surveillance de la végétation et de l'avifaune marine de l'île, ce qui contribuera à démontrer les bienfaits du projet d'éradication ;

5. Rappelle la recommandation émise en 2003 par le Bureau du Conseil de coordination international du Programme de l'UNESCO sur l'Homme et la Biosphère d'envisager de retirer l'île Macquarie du Réseau mondial des réserves de biosphère et de privilégier le statut de patrimoine mondial de ce bien, vu qu'il ne s'agit pas d'une réserve de biosphère fonctionnelle puisqu'elle n'est pas habitée et ne fait pas preuve de développement durable ;

6. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1er février 2010, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien, contenant des informations sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du plan d'éradication, l'estimation de la population de lapins sur l'île et l'impact potentiel des essais de pêche à la palangre dans les eaux intérieures sur les oiseaux d'eau de l'île, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.