1.         Mosi-oa-Tunya / Chutes Victoria (Zambie,Zimbabwe) (N 509)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1989

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2007)
Montant total approuvé : 93 485 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial /IUCN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/509/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2008

Le 1er février 2008, les deux États parties, la Zambie et le Zimbabwe, ont soumis un rapport conjoint d'avancement sur la mise en œuvre des recommandations du Comité du patrimoine mondial. Ce rapport incluait également un projet conjoint de déclaration de valeur universelle exceptionnelle, une déclaration d'intégrité, un état de la gestion des valeurs du bien, un état de l'écosystème et de sa gestion et une politique de conservation culturelle.

Les activités relevant du Cadre institutionnel et du Programme de coopération juridique ont largement été mises en œuvre, l'harmonisation juridique définitive entre les deux États parties devant être terminée en 2008. Le Programme de développement touristique est partiellement terminé, les activités en cours concernent : la modernisation de la signalisation, la mise en œuvre du projet de rénovation du centre d'information des visiteurs, l'examen des capacités de charge, la réhabilitation des sentiers, l'amélioration des infrastructures à l'entrée de la forêt ombrophile et de l'aire de stationnement et la mise en place de droits d'entrée pour la forêt ombrophile. Dans le cadre du Programme de conservation des ressources, les activités en cours portent sur l'éradication des espèces envahissantes, la mise à jour de la base de données existante sur la flore et la faune et, pour les sites culturels, la préparation d'un inventaire des sites archéologiques, le contrôle des activités illégales et le contrôle des eaux usées. La compatibilité du zonage au sein du bien n'étant pas encore garantie par les États parties, un développement inapproprié, notamment touristique, reste une menace potentielle.

Les États parties ont également décrit les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2006 :

a) Création d'un comité ministériel conjoint

Les États parties ont créé un comité ministériel conjoint qui fournit des indications et des orientations stratégiques à un comité technique conjoint. Le comité ministériel conjoint se compose de six ministères zambiens et de cinq ministères zimbabwéens, il s'est réuni une fois en 2007. Le comité technique conjoint examine les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan commun de gestion, fait rapport sur l'état de conservation du bien et identifie des projets pour la mise en œuvre. Un troisième comité, le comité de gestion commune du site, gère les problèmes au niveau du site et soutient le comité technique conjoint.

b) Mise en œuvre du plan commun de gestion intégrée pour le site du patrimoine mondial et obtention d'un financement nécessaire à sa mise en œuvre.

Le plan commun de gestion du site du patrimoine mondial des chutes Victoria a été approuvé par les deux États parties en novembre 2007. En Zambie, le plan commun de gestion est soutenu par le plan de gestion général du parc national Mosi-oa-Tunya. Au Zimbabwe, le plan commun de gestion est essentiellement soutenu par le plan de gestion des Chutes Victoria / du Parc National du Zambèze. Des efforts sont faits pour obtenir un financement adéquat en vue d'une mise en œuvre efficace.

c) Moratoire sur la construction et le développement d'infrastructures et des installations touristiques au sein du site du patrimoine mondial

Dans la mesure où le comité ministériel commun a été établi et le plan commun de gestion approuvé, le moratoire sur le développement est désormais levé. Le développement d'installations touristiques sera limité à la zone désignée comme écologiquement moins sensible après réalisation d'une évaluation d'impact environnemental. Les États parties n'ont fourni aucune information sur de quelconques nouveaux développements touristiques. Les États parties ont également signalé que les développements prévus incluaient la construction de blocs sanitaires, la réalisation d'une aire de stationnement, l'agrandissement des locaux administratifs et de la boutique de souvenirs ainsi que la modernisation de la signalisation. Cependant, la planification touristique continue d'être un défi en raison du nombre croissant de visiteurs ces trois dernières années en Zambie.

d) Élaboration d'une proposition d'état de conservation souhaité pouvant faire l'objet d'une évaluation lors du suivi de l'état de conservation du bien et permettant de mieux gérer les problèmes de gestion et de protection

Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN notent que des orientations pour élaborer les déclarations de valeur universelle exceptionnelle seront diffusées après la 32e session du Comité du patrimoine mondial en 2008 de sorte que toutes les déclarations devront être revues et finalisées par l'État partie en collaboration avec l'IUCN et le Centre du patrimoine mondial.

e) Menaces pesant sur le bien

- Développement urbain :

Les États parties n'ont fait part d'aucune information sur la gestion du développement urbain. L'État partie de Zambie a évoqué ses projets de remettre en état la route d'accès au bien afin d'améliorer le tourisme à Livingstone, en Zambie, projets dont l'État partie entend tenir le Comité du patrimoine mondial informé.

- Éradication des espèces envahissantes:

L'État partie de Zambie a constaté que Lantana Camara continue d'être une sérieuse menace pour l'intégrité du bien, remplaçant des communautés végétales multi-espèces endémiques par des communautés d'une seule espèce dans les zones centrale et tampon du bien. L. camara fragilise également les parois des gorges, ce qui entraîne un risque pour la sécurité des visiteurs. L'État partie de Zambie a nettoyé 50% des zones affectées et quelques régénérations d'espèces végétales indigènes ont été observées. Des restrictions du nombre de visiteurs sont également mises en place dans certaines zones pour réduire la menace d'introduction d'autres espèces envahissantes. Par ailleurs, avec le soutien technique de l'IUCN et du Commonwealth Agricultural Bureau International (CABI) de Nairobi, le Fond pour l'environnement mondial (FEM) finance un projet par l'intermédiaire du Programme des Nations Unies pour l'environnement (UNEP) pour élaborer de meilleures méthodes de contrôle des espèces envahissantes. Les deux États parties collaborent et se concertent pour utiliser les mêmes méthodes d'éradication.

- Contrôle de la pollution et captage de l'eau du Zambèze :

L'État partie de Zambie a fait part de projets pour la consolidation des étangs d'oxydation et de tests de qualité effectués par les sociétés des eaux. Aucune information n'a été fournie sur la fréquence ni les résultats de ces tests ni sur le captage des eaux du Zambèze.

 

Les États parties ont identifié les défis de gestion suivants comme de nouvelles menaces pesant sur le bien:

f) menaces concernant l'intégrité de la population piscicole en raison de la présence du syndrome ulcératif épizootique ;

g) capacités inappropriées de recherche et de suivi ;

h) accroissement de la population humaine dans les villes de Livingstone et Victoria Falls, avec impact direct sur l'écosystème. De plus, les infrastructures de Livingstone et Victoria Falls ne peuvent pas convenablement faire face à une forte densité de population, ce qui entraîne une augmentation de la pollution dans les environs du bien;

i) flot incontrôlé de camions de transport au sein du bien affectant sa valeur esthétique ;

j) le contrôle de Lantana camara sur les parois abruptes reste un problème, ces zones étant difficiles d'accès.

Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN prennent note des efforts réalisés par les États parties pour mettre en œuvre les décisions du Comité du patrimoine mondial, en particulier en préparant et approuvant le plan commun de gestion en novembre 2007. Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN prennent également note des progrès des États parties pour améliorer la coopération transfrontalière et sont inquiets que tout autre avancement est soumis à un financement limité. Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN prient instamment les États parties et la communauté internationale de mettre en place un financement suffisant pour garantir une gestion efficace du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l'IUCN notent également note avec inquiétude qu'aucune information n'a été donnée sur les mesures visant à contrôler le développement urbain ni sur la gestion du débit du Zambèze. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 32 COM 7B.4

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-08/32.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.4, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Note des progrès des États parties pour faire avancer les accords institutionnels destinés à gérer et protéger ce bien transfrontalier ;

4. Note avec inquiétude des défis et menaces pour l'intégrité du bien, dus en particulier au développement urbain, au nombre croissant de visiteurs, aux espèces envahissantes et au manque de financement nécessaire à la mise en oeuvre du plan commun de gestion ;

5. En appelle à la communauté internationale pour qu'un soutien financier et technique soit apporté à la mise en oeuvre du plan commun de gestion et aux programmes afférents, notamment de recherche et de suivi, et pour que des mesures soient prises afin de garantir une compatibilité de zonage au sein du bien ;

6. Demande aux États parties de poursuivre leurs efforts communs pour mettre en oeuvre le cadre Institutionnel et les programmes de coopération juridique, de développement touristique et de conservation des ressources ;

7. Demande également aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien, notamment sur les progrès accomplis dans l'identification d'un financement nécessaire à la mise en oeuvre du plan commun de gestion et des programmes afférents, et dans la gestion des menaces et des défis qui pèsent sur le bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session, en 2010.