1.         Forêts humides de l’Atsinanana (Madagascar) (N 1257)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1257/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2005)
Montant total approuvé : 55 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1257/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : préparation du dossier d’inscription et élaboration de certains outils de gestion, soutenues par l’intermédiaire du Programme du patrimoine mondial à Madagascar, avec un financement de la Fondation des Nations unies, de Conservation International et de la Fondation nordique du patrimoine mondial. 

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Aucun rapport sur l’état de conservation n’a encore été rédigé. L’évaluation de l’UICN de 2007 signale les menaces suivantes pour le bien :

a) Empiètement ;

b) Incendies ;

c) Chasse et braconnage ;

d) Exploitation minière artisanale ;

e) Abattage de bois illégal ;

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1257/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le 23 mars 2009, le Centre du patrimoine mondial a reçu des informations de l’antenne gestion post-conflit et post-catastrophe du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) à Genève, sur l’augmentation des activités illégales d’abattage dans les parcs nationaux de Marojejy et de Masoala, situés dans le nord-est du pays et faisant partie du bien en série. Selon les informations reçues, l’abattage s’est considérablement intensifié depuis février 2009, portant essentiellement sur les essences rares dans les deux zones protégées, en particulier le bois de rose (Dalbergia sp.) et l'ébène (Diospyros sp.).

Le 26 mars 2009, le Centre du patrimoine mondial a adressé une lettre à l’ambassadeur et au délégué permanent de Madagascar à l’UNESCO, faisant part de sa préoccupation quant à ces rapports et demandant un complément d’informations, d’une part, sur l’étendue et l’impact de l’abattage illégal sur le bien et, d’autre part, sur les mesures prises par l’État partie pour gérer cette menace. Le 10 avril 2009, le directeur du Centre du patrimoine mondial a reçu par e-mail un certain nombre de rapports du directeur général des parcs nationaux de Madagascar (PNM), dont un rapport préparé par les PNM pour le Premier ministre (daté du 9 avril 2009) et des rapports émanant des directeurs des deux parcs nationaux concernés. Les rapports ont non seulement confirmé les problèmes d’abattage mais ont également signalé un certain nombre d’autres menaces importantes pour l’intégrité des deux zones protégées :

- dans le parc national de Masoala, il est rapporté que des centaines d’individus ont envahi le parc pour couper du bois de rose et de l’ébène ; de nombreux nouveaux immigrants ont été aperçus dans les villages environnants pour prendre part aux activités d’abattage illégal. De plus, le nombre de cas d’exploitation illégale de quartz au sein du parc a augmenté et les pêcheurs de concombres de mer et autres ressources marines ont envahi le secteur marin du parc (non inclus dans le bien du patrimoine mondial).

- dans le parc national de Marojejy, il a été rapporté que 12 villages étaient impliqués dans des activités d’abattage et que des milices armées circulaient dans la zone, intimidant toute tentative de suspension du trafic de bois d’œuvre. Le parc a été fermé aux visiteurs en raison de l’insécurité.

Le rapport est accompagné de cartes des zones affectées par l’abattage illégal dans l’un et l’autre parcs.

Le rapport signale que ce problème est apparu après la publication d’un décret interministériel, le 28 janvier 2009, autorisant un certain nombre de négociants en bois d’œuvre à exporter le bois de rose et d’ébène censé provenir d’arbres tombés à la suite d’un récent cyclone. Ce décret a été utilisé par lesdits négociants pour faire croire que l’interdiction d’abattage dont étaient frappées ces deux essences avait été levée. Il est noté que le problème a été aggravé par l’agitation politique dans le pays, qui a affaibli les services gouvernementaux, au nombre desquels l’office des forêts dont le bureau régional a été saccagé, et qui a rendu difficile la mobilisation des forces de sécurité afin que les PNM puissent gérer ce problème. Il est dit que des milices armées protègent les bûcherons et menacent le personnel des parcs ainsi que les membres des communautés locales promouvant la protection des parcs. Les premières mesures prises par la direction des deux parcs (activités de sensibilisation, patrouilles communes avec la police et réunions avec les autorités régionales et judiciaires) n’ont pas donné de résultats tangibles, les autorités régionales ne parvenant pas à gérer la situation.

Face à cette situation, le rapport signale que le Comité des PNM a élaboré, lors d’une réunion le 30 mars 2009, un plan d’action impliquant les autorités judiciaires, portuaires, les douanes, les services de sécurité intérieure et la police pour traiter ces menaces. Le plan d’action inclurait les mesures d’urgence suivantes : mettre un terme à la collecte de bois d’œuvre dans les villes d’Antalaha, Sambava et Vohémar ; mettre un terme à toutes les exportations de bois d’œuvre des principaux ports tant que l’origine du bois ne peut pas être certifiée comme provenant des stocks mis en place après le cyclone, et organiser des patrouilles mixtes avec l’administration forestière, les forces armées et les autorités régionales pour intensifier la surveillance. Le plan inclut également des mesures visant à mobiliser la volonté des communautés locales pour la conservation des parcs. Le ministre de l’Environnement a également publié une déclaration confirmant l’interdiction frappant l’abattage de bois, en particulier à l’intérieur des zones protégées, et annonçant des sanctions contre tous ceux impliqués dans le trafic de bois d’œuvre.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont extrêmement préoccupés par l’augmentation de l’abattage illégal susceptible d’affecter les valeurs et l’intégrité du bien. Tout en accueillant favorablement le plan d’action initié par les parcs nationaux de Madagascar, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN continuent de recevoir des rapports indiquant que l’abattage perdure. Selon ces rapports, l’exportation de bois de rose au départ du port de Vohémar, arrêtée le 18 avril 2009 sur ordre du ministre de l’Environnement, est repartie le 20 avril 2009 et les bûcherons irréguliers qui avaient été arrêtés par la police ont été libérés sans sanction. Des radios locales continueraient de diffuser des messages encourageant l’abattage. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont également été informés que 80 autres bûcherons irréguliers ont été arrêtés par la police dans les deux zones protégées le 18 avril 2009. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN n’ont pas reçu, jusqu’à présent, de rapports indiquant que les quatre autres éléments du bien étaient affectés par ces menaces.

L’UICN note la responsabilité partagée de la communauté internationale pour empêcher la vente et l’exportation de bois d’œuvre illégalement abattu, action qui pourrait également être soutenue par des organisations telles que TRAFFIC, afin de lutter contre le commerce illégal et travailler avec les consommateurs pour les sensibiliser davantage à l’impact d’une telle demande sur le bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.147

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B.Add,

2. Exprime sa plus vive inquiétude quant à l'augmentation de l'abattage illégal ainsi que des autres exploitations illégales des ressources dans les parcs nationaux de Marojejy et de Masoala, qui font partie du bien en série "Forêts humides de l'Atsinanana", susceptibles d'affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

3. Prend note du plan d'action qui a été élaboré par le Comité des parcs nationaux de Madagascar pour traiter ces menaces et prie instamment l'État partie de veiller à sa mise en oeuvre sans délai ;

4. Invite tous les États parties à la Convention à s'assurer que le bois d'oeuvre illégal provenant de Madagascar n'entre pas sur leurs marchés nationaux ;

5. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er décembre 2009, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien, en particulier sur les impacts de l'abattage illégal dans les parcs nationaux de Masoala et de Marojejy, ainsi qu'un rapport sur la mise en oeuvre du plan d'action et autres mesures prises pour traiter les menaces, notamment celles découlant de l'abattage illégal, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.