1.         Cité préhispanique de Teotihuacan (Mexique) (C 414)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/414/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/414/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre – décembre 2004 : mission Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de suivi réactif

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Pressions du développement urbain dans les zones entourant le bien

b) Absence de plan de gestion

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/414/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

La mission conjointe de suivi réactif UNESCO/ICOMOS du 28 novembre 2004 a évalué l’impact de la construction d’un supermarché à proximité du bien. Elle a insisté sur la nécessité d’un plan de gestion. Le bien a été examiné lors de la 32e session du Comité du patrimoine mondial (Québec, 2008) où il a demandé à l’État partie de : constituer un groupe de travail intersectoriel chargé d’analyser les impacts archéologiques, environnementaux et sociaux des aménagements urbains non contrôlés ; de collaborer à la gestion du site archéologique et de ses environs ; et enfin de soumettre le plan de gestion finalisé.

 

Fin 2008, plusieurs communications ont été reçues de divers groupes concernant un projet d’éclairage appelé Resplandor Teotihuacano qui permettrait des visites de nuit ainsi qu’un spectacle de son et lumière sur le site. Le Centre du patrimoine mondial a demandé en janvier 2009 à l’État partie de fournir des informations officielles sur cette question.

 

L’État partie a soumis en février 2009 le rapport sur l’état de conservation du bien rédigé en espagnol. Ce rapport contient des informations sur l’élaboration du plan de gestion et un résumé des activités mises en œuvre sur le site entre 2007 et 2008. Il ne donne aucune information substantielle concernant l’état actuel du bien et le groupe de travail intersectoriel chargé d’étudier les impacts des aménagements urbains non contrôlés, et par conséquent ne répond pas à tous les points soulevés par la décision du Comité du patrimoine mondial à sa 32e sessions (Québec, 2008).

 

Sur la question du projet d’éclairage, le rapport de l’État partie donne quelques informations qui sont cependant insuffisantes pour évaluer clairement la situation.

 

a) Projets d’aménagements

L’Etat partie indique que l’avancement du projet d’éclairage a été stoppé à cause d’un certain nombre de demandes et de plaintes émanant de plusieurs organisations et que des interventions ont été faites pour remédier aux dommages minimes que le système d’arrimage utilisé a causés aux structures préhispaniques, apparemment dans des zones déjà reconstruites antérieurement.

Le 19 mars, le Centre du patrimoine mondial a reçu des informations complémentaires sur le projet Resplandor Teotihuacano de la part de membres scientifiques, techniques et administratifs de la Direction des études anthropologiques de l’INAH. Ils soulignent le fait que le projet initial avait été approuvé par le conseil archéologique de l’INAH, sans tenir compte des 13 500 perforations nécessitées par le projet électrique, ni de la nécessité de monter et démonter tous les jours une lourde structure de gradins, entre autres.

Après une évaluation pluridisciplinaire sur le terrain, de nouvelles spécifications techniques ont été définies pour le système d’éclairage qui sera appliqué une fois la restauration terminée. Un groupe d’évaluation technique externe, composé de professionnels externes à l’INAH, a été constitué pour examiner les interventions futures dans ce domaine et pour rendre un avis technique et scientifique sur le projet. Dans un troisième rapport reçu par le Centre du patrimoine mondial le 25 mars 2009, le directeur de l’INAH déclare qu’aucune décision définitive ne sera prise dans les six mois à venir, jusqu’à ce que les études qui s’imposent soient menées à bien.

 

b) Plan de gestion

Le rapport d’avancement concernant le plan de gestion montre que certaines sections ont été achevées et que d’autres n’ont pas encore été totalement développées. Après un temps d’arrêt en 2007, l’État partie a repris le processus de planification en 2008 et prévoit de poursuivre ces activités en 2009. Aucune information détaillée concernant l’inclusion d’autres programmes (touristique et municipal) n’a été donnée.

 

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS notent que le projet d’éclairage a été interrompu et qu’il n’y aura pas d’autres aménagements tant que des études d’impact n’auront pas été effectuées. Il n’y a toutefois pas de calendrier clair pour la réalisation de ces études.

En ce qui concerne le plan de gestion, le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS s’inquiètent de ce qu’aucune documentation n’a été soumise à ce jour sur l’approche appliquée ou sur le contenu du plan, de sorte que la qualité ou l’exhaustivité des propositions ne peut être évaluée à ce stade.

Le processus ayant commencé en 2003, il conviendrait probablement de revoir nombre des conditions qui prévalaient à cette époque afin de mieux l’adapter à la situation actuelle. De plus, d’autres initiatives de planification étant intervenues pendant ce long laps de temps, il faudrait les intégrer dans la proposition globale pour le site, comme il est demandé dans la décision 32 COM 7B.123. L’absence de plan de gestion a permis à des situations telles que le projet d’éclairage de se produire, où des décisions concernant les impacts potentiels sur le site ont été prises à la légère et sans saisir l’occasion ainsi offerte d’améliorer la compréhension et la mise en valeur du bien conformément à un système d’interprétation global. Des interventions et des propositions continuent d’être faites sur le site sans vision claire et sans associer les principales parties prenantes et d’autres groupes concernés au processus décisionnel, alors qu’il s’agit d’un bien d’une grande importance symbolique. Le dernier incident a de nouveau provoqué un conflit social et des confrontations entre les autorités nationales et les collectivités et communautés locales. Le Programme régional pour le développement du tourisme doit encore clarifier des projets spécifiques et leur impact potentiel, tant positif que négatif, sur le bien du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.138

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.123, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Regrette que l'État partie n'ait pas soumis son rapport dans l'une des deux langues de travail de la Convention du patrimoine mondial (français et anglais) ;

4. Prie instamment l'État partie de finaliser le plan de gestion le plus rapidement possible et de fournir trois exemplaire imprimés et électroniques du plan de gestion pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;

5. Exprime son inquiétude à propos du fait que l'absence de plan de gestion semble avoir permis la réalisation d'aménagements qui ont eu un impact négatif sur le bien ;

6. Note que l'État partie a décidé d'interrompre temporairement la mise en oeuvre du projet d'éclairage et de sonorisation mais que les travaux initiaux ont eu, malgré tout, un impact négatif sur la structure superficielle de la pyramide ;

7. Demande à l'État partie de soumettre des détails techniques complets sur tout projet Resplandor Teotihuacano révisé et une étude d'évaluation d'impact au Centre du patrimoine mondial et à l'ICOMOS, pour évaluation et examen avant toute approbation ou mise en oeuvre ;

8. Réitère sa demande à l'État partie de constituer un groupe de travail intersectoriel spécialement pour le bien du patrimoine mondial, avec des représentants des niveaux local, fédéral et national pour collaborer à la gestion du site archéologique et de ses environs ;

9. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien et sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.