1.         Centre historique (vieille ville) de Tallinn (Estonie) (C 822bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/822/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/822/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 4 279 dollars EU du fonds-en-dépôt italien pour une mission d'experts en décembre 2005 

Missions de suivi antérieures

Décembre 2005 : à la demande des autorités estoniennes, mission d'experts de l'UNESCO à Tallin

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan de gestion intégrée ;

b) Extension de l'hôtel Viru ;

c) Aménagement du bastion de Skoone ;

d) Construction de nouveaux bâtiments mitoyens de la muraille de la ville comprise entre les rues Suurtüki et Rannamäe ;

e) Impact du transport de produits dangereux dans la vieille ville ;

f) Cadre législatifpourles bâtiments de grande hauteur.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/822/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le Comité du patrimoine mondial a regretté, à sa 32e session (Québec, 2008), qu’aucun progrès n’ait été accompli dans l’élaboration d’un plan de gestion globale pour le bien et sa zone tampon, et a demandé à l’État partie de soumettre le plan d’aménagement du bien et de garantir la conformité entre les deux plans. Le Comité du patrimoine mondial a également demandé à l’État partie de soumettre un rapport d’avancement sur l’état du projet “Cadre législatif pour les bâtiments de grande hauteur”, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session en 2009, afin de considérer, en l’absence de progrès substantiel, l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

L’État partie a soumis un rapport le 1er février 2009, traitant des problèmes susmentionnés et apportant également un certain nombre de commentaires généraux sur l’état de conservation du bien.

a) Plan d’aménagement

Le rapport de l’État partie suggère que la nature du plan d’aménagement est telle qu’il remplit toutes les fonctions d’un plan de gestion. Il y est spécifiquement signalé queleplan d’aménagement de la vieille ville de Tallin contient les éléments d’un plan de gestion globale : présentation et préalables, notamment développement historique, protection du patrimoine et patrimoine culturel, conservation et reconstruction, vieille ville en tant que site du patrimoine mondial, différents environnements au sein de la vieille ville et facteurs essentiels ayant un impact sur celle-ci, zonage, perspectives de développement et orientations futures, objectifs et objectifs secondaires, exécutants de ces objectifs, moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs, planning et budget pour respecter le planning.

L’État partie a également fait savoir qu’il considérait primordial de préparer un cadre législatif traitant du développement urbain et autres menaces, encourageant le développement durable de la vieille ville de Tallin comme un espace urbain authentique et entier, réglementant les droits et obligations des différents propriétaires, et garantissant une administration efficace. Il a noté que certaines inquiétudes ont été traitées dans le “plan d’aménagement de la vieille ville de Tallin” adopté et dans les autres documents législatifs existants tels que la “Loi sur la zone de protection du patrimoine de Tallin (décret n° 155 du gouvernement d’Estonie, 20 mai 2003), et qu’il semble partager toutes les caractéristiques d’un plan de gestion”.

Le rapport de l’État partie indique également que le concept d’un plan de gestion n’existe pas dans le cadre législatif estonien.

 

b) Cadre législatif pour les bâtiments de grande hauteur

Le rapport de l’État partie décrit également les progrès faits dans l’examen et la mise en œuvre du Cadre législatif pour les bâtiments de grande hauteur. Ce cadre a désormais été approuvé par le Conseil national du patrimoine et le département du patrimoine culturel de Tallin ; le processus d’approbation par les autorités du comté de Harju et le Conseil municipal de Tallin suit son cours. L’État partie note par ailleurs que le Cadre législatif pour les bâtiments de grande hauteur est soutenu par les Actes de la vieille ville de Tallin, qui excluent toute activité de construction préjudiciable dans la zone tampon, points de vue et axes de la vieille ville, et que le 6 mars 2008, la Réglementation concernant les zones de protection, limites, protection et conditions d’utilisation du centre ville de Tallin, couvrant le principal secteur de la zone tampon de la vieille ville de Tallin et réglementant les activités de construction dans la périphérie historique, a été approuvée et mise en place.

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives signalent que la question des constructions élevées adjacentes aux biens du patrimoine mondial ou dans leur zone tampon fait, dans la plupart des cas, l’objet de discussion et que des orientations sont en cours d’élaboration, notamment avec une proposition de Recommandation de l’UNESCO concernant les paysages urbains historiques (voir Document WHC-09/33.COM/7.1).

 

c) Autres points

Le rapport de l’État partie fournit également des informations supplémentaires sur le montant et la cible des investissements dans la vieille ville ces dix dernières années, prouvant que des investissements ont été faits pour de nombreux projets d’une importante valeur sociale, notamment des écoles. Le rapport fait également état d’efforts réussis à partir de 2002 pour soutenir la “Renaissance de l’Église de Tallin” et d’efforts plus récents, mis en œuvre en 2008 et toujours maintenus, pour rénover et embellir la place Vadabuse (Liberté).

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives considèrent que le plan d’aménagement de la vieille ville de Tallin est un document très complet présentant et analysant bon nombre des questions clés du développement à long terme d’une ville historique souhaitant protéger son patrimoine tout en conservant sa nature vivante et sa capacité à être une source d’identité utile pour ses résidents.

Toutefois, même en l’associant aux réglementations qui existent en matière de protection du patrimoine, ce document est très loin d’être le “plan de gestion” demandé à plusieurs reprises par le Comité du patrimoine mondial. Le plan d’aménagement ne met pas en avant la nécessité d’enraciner toute action au sein de la vieille ville dans une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle définie, Déclaration qu’il ne fournit ni ne présente aucunement ; de même, ce plan ne montre pas comment les divers acteurs vont intégrer leurs actions et compétences autour du respect de la valeur universelle exceptionnelle définie du bien. Enfin, il ne définit pas les actions nécessaires pour adapter le système de gestion existant à ces objectifs. Comme noté dans le rapport sur l’état de conservation préparé l’an dernier (2008) pour ce bien, le plan d’aménagement semble être un schéma directeur stratégique axé sur des améliorations physiques et fonctionnelles et non un plan de gestion du patrimoine contemporain, orienté processus et entièrement développé. Le plan d’aménagement analyse des options de changement mais ne montre pas comment devront être adaptées les prises de décision dans tous les secteurs et à tous les niveaux pour garantir, pour toutes les parties concernées, que le respect de la valeur universelle exceptionnelle en soit l’élément central.

Le rapport de l’État partie note que “la différence entre un plan de gestion et un plan d’aménagement dans ce contexte est plutôt une question de forme que de fond”. Toutefois, l’ICOMOS et le Centre du patrimoine mondial considèrent que cette distinction implique bien plus que des différences sémantiques, et signalent que le plan de gestion demandé par le Comité du patrimoine mondial n’est ni un plan de protection ni un schéma directeur façonnant les aménagements futurs, modifications physiques et utilisations, mais un processus basé sur un outil de planification destiné à garantir que toutes les décisions, dans tous les secteurs et à tous les niveaux, donnent la priorité au respect de la valeur universelle exceptionnelle définie du bien. Le plan d’aménagement de l’État partie ne met pas en place un tel cadre de gestion. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.99

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.87, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Note la qualité et utilité du plan d'aménagement pour le Vieux Tallin dans l'exploration de scénarios de développement futur et de conservation afin de préserver la vieille ville, élaboré par l'État partie ;

4. Regrette vivement que l'État partie n'ait pas encore mis en place un plan/système de gestion adéquat pour la vieille ville de Tallin comme demandé par le Comité du patrimoine mondial respectivement à ses 30e (Vilnius, 2006), 31e (Christchurch, 2007) et 32e (Québec, 2008) sessions ;

5. Suggère que l'État partie invite une mission consultative technique, si nécessaire, pour aider les autorités locales à initier leur travail sur le plan/système de gestion demandé ;

6. Note également les progrès accomplis dans la mise en oeuvre du projet "Cadre législatif pour les bâtiments de grande hauteur", et les louables progrès accomplis par l'État partie dans la consolidation des conditions pour la conservation du patrimoine mondial ;

7. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport d'avancement sur l'état de conservation du bien et sur les points précédemment évoqués, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.