1.         Quartier du Vieux pont de la vieille ville de Mostar (Bosnie-Herzégovine) (C 946rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/946/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2009)
Montant total approuvé : 44 960 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/946/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 190 000 dollars EU

Missions de suivi antérieures

2006 : mission de l'ICOMOS ; 2007 : mission commune UNESCO/ICOMOS ; 2008 : mission consultative ICCROM/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Construction d'un hôtel dans la zone tampon du bien du patrimoine mondial, non conforme aux dispositions du schéma directeur joint au plan de gestion figurant dans le dossier d'inscription

b) Fissures apparues à la surface du pont

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/946/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

À sa 32e session (Québec, 2008), le Comité du patrimoine mondial a instamment prié l’État partie de reconfigurer l’hôtel Ruza en tenant compte des exigences du plan directeur de 2001 et du plan de gestion de 2005 du bien du patrimoine mondial, des recommandations des missions de 2006 et 2007, et en observant les recommandations spécifiques de la mission de 2008. Le Comité du patrimoine mondial a également demandé qu’il y ait un suivi permanent du pont pour en assurer la stabilité structurelle suite à l’apparition de fissures.

 

a) Construction d’un nouvel hôtel dans la zone tampon du bien du patrimoine mondial

L’hôtel, construit dans les années 1970, a subi de sérieux dégâts au cours du conflit des années 1990. Un permis de construire a été délivré en 2004 pour en faire un hôtel cinq étoiles et en porter la hauteur à quatre étages. Les travaux étaient en cours au moment des célébrations de l’inscription, en décembre 2005, quand certains experts invités ont remarqué ce qu’ils considéraient comme un impact négatif potentiel dans ce projet de construction qui n’était pas conforme aux restrictions du schéma directeur de 2001 relatives à la hauteur des bâtiments. Les travaux ont été interrompus en 2006 et les missions suivantes de 2006, 2007 et du début 2008 ont examiné les moyens de modifier les plans de construction afin de réduire l’impact de l’hôtel sur l’ensemble du paysage urbain du bien du patrimoine mondial. Les principales difficultés qu’ont rencontrées ces missions sont que l’hôtel couvre presque toute la parcelle, que contrairement à l’hôtel d’origine composé d’un ensemble de ‘pavillons’, le bâtiment proposé est monolithique, avec des éléments verticaux et des masses volumétriques rigides, et les matériaux proposés, le verre et l’acier, contrastent avec la pierre et le bois des structures environnantes. La mission de suivi réactif de 2007 a suggéré de réduire la hauteur, la densité et le volume du bâtiment, et a préconisé de redessiner un projet qui respecte le caractère des rues alentour. Deux propositions de modification du plan de construction ont été présentées par l’État partie en 2008, mais le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session a, une fois encore, demandé fermement l’État partie de remanier le plan de construction conformément aux recommandations de la mission.

Suite à la décision du Comité du patrimoine mondial, l’État partie a invité des experts désignés par l’ICOMOS et l’ICCROM à se rendre sur le site afin de proposer des solutions techniques pour intégrer l’hôtel dans les volumes architecturaux existants du tissu urbain, compte tenu du cadre urbain plus général et des plans pour la ville. Cette mission a eu lieu du 11 au 18 octobre 2008 et l’État partie a soumis un rapport au Centre du patrimoine mondial le 30 janvier 2009, auquel est annexé le rapport des experts. 

Les experts ont communiqué des informations sur un certain nombre d’aspects du projet de l’hôtel et du contexte urbain et, en particulier, des informations concernant les autres constructions modernes situées derrière l’hôtel Ruza, qui deviendraient visibles depuis le pont dès lors que la hauteur de l’hôtel serait réduite. Le rapport poursuit en affirmant, cependant, qu’il faudrait repenser les éléments de construction extérieurs de l’hôtel, en conservant la même hauteur, mais en adaptant et en modulant la façade pour qu’elle s’accorde mieux avec le tissu historique environnant. Le rapport contient aussi des directives de conception et des croquis suggérant la manière dont la façade pourrait être redessinée pour produire un bâtiment qui ne compromette pas l’intégrité visuelle du bien et ne représente donc pas une menace pour sa valeur universelle exceptionnelle. Toutefois, le rapport de l’État partie du 30 janvier 2009 n’est accompagné d’aucune illustration technique sur laquelle fonder une évaluation. 

Après la rédaction des documents sur l’état de conservation du bien, le 7 avril 2009, l’État partie a fourni un complément d’information sous forme de présentation PowerPoint avec des croquis plus détaillés du projet de reconstruction.

 

b) Fissures à la surface du pont

En ce qui concerne le suivi des fissures, l’État partie a rendu compte des mesures de suivi mises en œuvre pour surveiller l’état du pont et a indiqué qu’un contrat avait été passé avec LGA Bautechnik GmbH, un cabinet d’ingénierie allemand, afin de continuer et de développer le contrôle structurel du pont avec une analyse tridimensionnelle des surfaces. 

Tout en accueillant favorablement le rapport de l’État partie, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives observent que l’État partie n’a fait aucune proposition spécifique de conception technique pour l’hôtel dans son rapport du 30 janvier sur laquelle fonder une juste évaluation du nouveau plan. Cette évaluation est indispensable pour déterminer si le nouveau plan proposé suffit à protéger la valeur universelle exceptionnelle du bien. Lors de la préparation du présent document, le Centre du patrimoine mondial a transmis aux Organisations consultatives le complément d’information communiqué par l’État partie le 7 avril 2009. Il est impératif que les Organisations consultatives examinent attentivement le nouveau matériel à la lumière des décisions antérieures du Comité du patrimoine mondial. 

En ce qui concerne les problèmes structurels du pont, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives félicitent l’État partie pour la rapidité avec laquelle il a instauré un mécanisme de suivi régulier et pensent que cela sera suffisant pour garantir la stabilité structurelle du pont. 

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.95

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.85, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Rappelant aussi les conclusions et la recommandation des missions de suivi réactif de 2006, 2007 et 2008,

4. Prend acte de la réception du rapport d'experts présenté parallèlement à celui de l'État partie, ainsi que du complément d'information reçu par le Centre du patrimoine mondial en avril 2009 après la date limite établie par le Comité du patrimoine mondial ;

5. Félicite l'État partie pour le mécanisme de suivi qui a été mis en place pour assurer la stabilité structurelle du pont ;

6. Demande à l'État partie de procurer des croquis détaillés au Centre du patrimoine mondial et demande également au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives de coopérer avec l'État partie de manière à trouver la meilleure solution pour la reconstruction de l'hôtel Ruza ;

7. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2010, un rapport d'avancement sur l'état de conservation du bien et le statut du projet de reconstruction, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session en 2010.