1.         Ruines du Vihara bouddhique de Paharpur (Bangladesh) (C 322)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (i)(ii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/322/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2005)
Montant total approuvé : 100 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/322/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 800.000 dollars EU, en provenance du PNUD, du Fonds-en-dépôt UNESCO/Japon, de la Convention France-UNESCO et de la NORAD

Missions de suivi antérieures

Octobre 2002 : mission ICOMOS de suivi réactif ; février 2003 : mission d’experts UNESCO ; février-mars 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de système de gestion efficace ;

b) Manque de ressources humaines et financières ;

c) Limites du bien et de la zone tampon mal définies ;

d) Problèmes de drainage et d'humidité interne.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/322/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le Comité du patrimoine mondial, dans sa décision 32 COM 7B.64, a noté l’absence de progrès dans la mise en œuvre de l’activité concernant les problèmes de drainage sur le bien et l’élaboration d’un plan de gestion. Il a notamment exprimé sa vive préoccupation au sujet des travaux récents exécutés sur les lieux pour ce qui est de l’installation de tuyaux d’écoulement le long du principal stupa et de systèmes d’éclairage aux abords immédiats de l’édifice et a demandé à l’État partie de suspendre ces travaux et de mettre en œuvre les mesures palliatives appropriées pour empêcher une détérioration possible du bien jusqu’à ce que la situation soit réévaluée par une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/Organisations consultatives. Le Comité du patrimoine mondial a aussi demandé à l’État partie de poursuivre ses efforts visant à définir les limites du bien et la zone tampon et l’a engagé à soumettre une demande d’Assistance internationale pour entreprendre cette tâche. La proposition de délimitation du bien et de sa zone tampon, ainsi que le plan de gestion du bien, devront être soumis au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2010. Le Comité du patrimoine mondial a, en outre, demandé à l’État partie d’élaborer un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle qui inclue les conditions d’intégrité et d’authenticité. Le Comité du patrimoine mondial a prié instamment l’État partie de renforcer les capacités du Département d’Archéologie en le dotant de ressources humaines et financières adéquates.

Le rapport d’avancement de l’État partie a été envoyé le 23 février 2009, juste avant la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS (24 février-1er mars 2009). Dans son rapport, l’État partie indique que la mise en œuvre des recommandations de précédentes missions consultatives effectuées dans le cadre de projets d’Assistance internationale en 2007 et 2008 et s’attend à recevoir les recommandations de la prochaine mission conjointe de suivi réactif.

L’État partie a indiqué que les tuyaux d’écoulement du haut de la structure ont été remplacés, comme cela avait été recommandé au préalable, et que toutes les canalisations extérieures non métalliques et enterrées ont été nettoyées. Le Département d’Archéologie (DA) a soumis à l’approbation du Gouvernement central une proposition de projet sur la question du drainage, qui permettra aussi de parachever le plan de gestion.

L’État partie a indiqué, en outre, que les systèmes d’éclairage installés près du stupa central sont provisoires et seront démontés après que les plaques en terre cuite originales auront été remplacées par des répliques. Il a reconnu la nécessité de disposer de ressources humaines et financières adéquates et a accepté de soumettre une demande d’Assistance internationale afin d’entreprendre un projet de définition des limites du bien et de la zone tampon. L’État partie a assuré le Comité du patrimoine mondial qu’il allait élaborer un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle incluant les conditions d’intégrité et d’authenticité, et demander pour ce faire l’assistance des Organisations consultatives et/ou de la prochaine mission.

La mission a noté qu’en dépit du fait que les autorités aient quelque peu progressé dans la mise en œuvre des recommandations formulées par le Comité du patrimoine mondial, un grand nombre de points clés en matière de conservation et de gestion ne sont pas résolus. La mission a estimé que ces problèmes sont directement liés à un défaut d’approche méthodologique de la conservation et à l’absence de plan de gestion. Outre le nombre considérable de postes vacants au sein du DA, le personnel nécessite une orientation et une formation professionnelles ayant trait aux concepts et aux pratiques de conservation et de gestion du patrimoine. Le fait de ne pas avoir cherché à obtenir l’assistance et les recommandations des experts nationaux, des instances nationales, des universités et du secteur public ont renforcé l’isolement de la prise de décisions. Le remplacement des tuyaux d’écoulement encastrés dans les ouvrages en brique, comme cela a été rapporté à la 32e session du Comité du patrimoine mondial (Québec, 2008), a semble-t-il causé des dommages irréversibles sur les ouvrages en brique originaux. Les processus de dégradation par l’eau et la salinité nécessitent, quant à eux, des études plus poussées. Un suivi systématique du bien, surtout des plaques en terre cuite, qu’elles soient sur place ou entreposées dans les réserves, s’impose pour mesurer l’ampleur du délabrement, de même qu’il convient d’améliorer la sécurité et la gestion des visiteurs à qui il faut interdire d’escalader le stupa central.

La mission a recommandé de n’entreprendre aucune intervention majeure jusqu’à ce qu’un plan de gestion qui fixe les priorités de protection et de conservation ait été établi, et a donné des conseils sur les travaux de maintenance à exécuter. Pour ce qui est de la définition des limites, la mission a estimé que le DA, tout en s’employant à établir de nouvelles délimitations, ne procède pas sur la base d’une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle agréée. De plus, il est indispensable de dresser des cartes adéquates sur la géomorphologie, l’hydrologie et le statut de la zone par rapport à l’occupation/possession des terres pour renseigner la définition de la zone tampon.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives pensent que, sauf si l’État partie améliore nettement l’efficacité de la gestion et la conservation du bien dans un proche avenir, l’impact des menaces susmentionnées pourrait finalement aboutir à son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril. La priorité devrait être accordée à l’élaboration d’un plan de gestion basé sur une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle comprenant des mesures de conservation recommandées et des dispositions appropriées pour une zone tampon. Il conviendrait d’engager l’État partie à demander l’Assistance internationale à cet égard au titre du Fonds du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.64

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.64, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Prend note des informations communiquées par l'État partie sur les mesures prises durant l'année et la volonté de coopération de ses autorités ;

4. Regrette que les problèmes de drainage, de gestion et de conservation du bien n'aient pas été traités correctement par l'État partie en dépit de l'Assistance internationale ;

5. Prie instamment l'État partie, en priorité, de suivre les recommandations faites par la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS effectuée en février-mars 2009, en particulier de :

a) Rédiger en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle du bien ,

b) Élaborer en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives un plan de gestion global incluant les mesures de conservation recommandées et les dispositions prévues pour une zone tampon ,

c) S'abstenir d'entreprendre de gros travaux de conservation jusqu'à ce que le plan de gestion soit mis au point et adopté et s'assurer en même temps que tous les travaux de maintenance nécessaires soient exécutés conformément aux recommandations émises par la mission conjointe de suivi réactif de 2009 ,

d) Vérifier que le personnel hautement qualifié nécessaire soit recruté pour occuper les postes vacants au sein du Département d'Archéologie, y compris des gardiens supplémentaires sur le bien ,

e) Déposer les systèmes d'éclairage incompatibles installés dans la cour du monastère dès lors que les gardiens supplémentaires seront déployés sur le bien ,

f) Renforcer les capacités du personnel du Département d'Archéologie en gestion et conservation du patrimoine, en concertation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;

6. Invite l'État partie à demander une Assistance internationale pour mettre en oeuvre les recommandations visées au paragraphe 5 ci-dessus ;

7. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici au 1er février 2011, un rapport circonstancié sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des recommandations, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.