1.         Paysage culturel et botanique du Richtersveld (Afrique du Sud) (C 1265)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1265/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2004-2004)
Montant total approuvé : 2 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1265/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Permis d’exploration minière accordé pour prospection au sein du bien

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1265/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Le Comité du patrimoine mondial a exprimé son inquiétude à propos de l’émission d’un permis d’exploration minière pour une importante partie du bien et de sa zone tampon à Bushmanland Minerals et a demandé qu’une mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de suivi réactif soit invitée afin d’évaluer l’état de conservation et les progrès dans la mise en oeuvre de la décision adoptée par le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session (Québec, 2008). 

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 29 janvier 2009, répondant aux problèmes mentionnés dans la décision 32 COM 7B.52, et a été revu par la mission, du 2 au 6 mars 2009.

 

a) Permis d’exploration minière

L’État partie indique que, en dépit du permis d’exploration minière, la Loi nationale sud africaine sur les zones protégées et la gestion de l'environnement n°57, et la Loi sud-africaine sur la Convention du patrimoine mondial de 1999 excluent la possibilité d’entreprendre des activités d’exploration dans le bien, même avec un permis valide. La mission a vérifié la situation sur le terrain et a félicité l’État partie pour les initiatives qu’il a entrepris afin de réduire voire d’éliminer, le risque de renouvellement d’une telle situation d’activité minière sur un bien du patrimoine mondial, y compris par la mise en place d’une base de données exhaustive par le Service des affaires environnementales et du tourisme (Department of Environmental Affairs and Tourism - DEAT), et qui bénéficiera à la Direction des mines et de l'énergie (Directorate of Minerals and Energy – DME). 

Des discussions ont toujours cours entre le DME et Bushmanland Minerals, qui a accepté de faire l’impasse sur son permis à la fois pour le bien et sa zone tampon, à la condition que l’État partie le dédommage pour les frais encourus lors des phases préliminaires d’exploration. La mission a noté que le processus d’annulation du permis doit être réglé dans les meilleurs délais pour garantir la résolution finale de la question et adresser une situation qui perturbent toutes les parties prenantes.

 

b) Problème des limites, de l’usage par les humains et de gestion

 

L’État partie indique que des discussions sur les limites ont été initiées par la Communauté agricole communale Sida !Hub (CPA, propriétaire du bien) et autres parties prenantes du Richtersveld, et qu’un accord a été atteint sur les limites de la zone tampon, en particulier la zone appelée « zone tampon communale ». La révision proposée réduirait la zone tampon communale à « une zone de dimension plus logique qu’à présent ».

La mission a noté que cette réduction de la zone tampon irait à l’encontre de toutes les recommandations pour le bien, à la fois celles de l’ICOMOS dans son évaluation du bien et celle de la décision 31 COM 8B.20. La mission a rappelé à l’Etat partie les procédures à suivre dans l’hypothèse où il souhaitait poursuivre avec cette réduction. Elle a également rappelé les considérations de l’État partie quant aux valeurs naturelles de cette zone en 2006, et a évoqué avec de nombreuses parties prenantes les raisons de cette réduction. Les représentants de la CPA ont exprimé leur inquiétude au sujet du préjudice sur leurs droits pastoraux et autres représenté par l’inclusion dans la zone tampon, un problème clarifié par la mission qui a également souligné que le pâturage et la transhumance étaient au cœur même de la valeur universelle exceptionnelle du bien et que la considération adéquate du paysage culturel et de ses traditions culturelles dépend fortement de la communauté pastorale qui soutient activement la relation entre les gens et l'environnement. L’extension idéale du bien pour y inclure le Parc national du Richtersveld contribuerait en fait à entretenir les accords de gestion traditionnelle pour soutenir la valeur universelle exceptionnelle du paysage culturel. Dans les discussions qui ont suivi durant la mission, il y a eu un consensus unanime envers le maintien de la zone tampon telle qu’elle est actuellement, plutôt que de la réduire, et envers l’examen de l'augmentation du bien pour inclure, à un moment approprié, le Parc national du Richtersveld.

La mission a aussi noté que les activités d'exploitation minière existantes (diamants) dans les zones adjacentes à la zone tampon, pourraient avoir un impact significatif si elles ne sont pas atténuées.

 

En ce qui concerne l'utilisation humaine et la gestion, l’État partie indique que le plan de gestion est actuellement en cours de révision pour renforcer les provisions se rapportant au tourisme et à la gestion des aspects culturels du bien. Deux ateliers participatifs et plusieurs consultations sont survenus et un projet avancé du plan de gestion a été remis à la mission. Le système de gestion traditionnel et piloté par la communauté et les arrangements multisectoriels actuellement en place qui promeuvent son efficacité, méritent d’être notés tout particulièrement et accueillis comme un modèle pour d'autres paysages culturels.

 

En plus de la réponse aux questions spécifiques soulevées dans la décision 32 COM 7B.52, l'État partie a aussi noté des facteurs qui pourraient menacer le bien, incluant la désertification, le surpâturage et le braconnage des plantes. En ce qui concerne la désertification, les rapports des gardiens de troupeaux transhumants indiquent que la période de récupération des plantes suite au surpâturage s’est accrue et que les précipitations ont diminué. Ces informations doivent toutefois être vérifiées par une étude scientifique afin d’évaluer l’étendue du problème. En ce qui concerne le surpâturage, une étude financée par le Fonds pour l’environnement mondial (GEF) et la Banque mondiale a identifié des signes de surpâturage dans certaines parties du bien, principalement près de points d’eau, même si les raisons doivent être clarifiées. En réponse, un plan de gestion du pâturage est en train d’être développé et devrait être complet en mars 2009. Le braconnage de plantes a été identifié comme un problème devant être étudié et évoqué dans le plan de gestion intégré. Faire appel à du personnel supplémentaire est également envisagé pour réduire ce problème.

 

Enfin, conformément au paragraphe 172 des Orientations, l’État partie a fait part d’activités mises en œuvre en terme d’infrastructures dans le bien, y compris la modernisation et la réparation de routes en terre battue existantes, la modernisation de cinq terrains de camping existants, l’établissement de cinq terrains de camping supplémentaires à faible impact pour éliminer le camping ad hoc, la définition d'une piste de randonnée guidée et la construction de trois maisons matjies traditionnelles et d'une cuisine pour les repas, comme dans un village Nama traditionnel, juste en dehors d’Eksteenfontein. L’État partie indique également que l’étude « Faisabilité d’opportunités économiques basées sur la conservation dans le bien du patrimoine mondial du Richtersveld » a été accomplie et sera un instrument important pour diriger des plans futurs pour le développement du bien.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent avec satisfaction que l’État partie a confirmé que la Loi nationale sud africaine sur la gestion de l'environnement et la Loi sud-africaine sur la Convention du patrimoine mondial de 1999 interdisent toute activité minière au sein des biens du patrimoine mondial et que ceci est en accord avec l'engagement « hors-limite » du Conseil International pour les Minéraux et les Métaux (ICMM). Ils notent par ailleurs que l’État partie a atteint un accord avec le DME et Bushmanland Minerals pour le retrait du permis d’exploration.

Il convient aussi de noter qu’il existe des activités minières adjacentes au bien qui pourraient avoir un impact négatif si non atténuées. Il y a un réel besoin d’une évaluation de l'impact de ces activités d'exploitation minière sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.49

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.52, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Note avec satisfaction la confirmation de l'État partie que les activités d'exploration/d'exploitation minières ne sont pas autorisées au sein du bien ni de sa zone tampon, en accord avec l'engagement « hors-limite » du Conseil International des Minéraux et des Métaux (ICMM) pour les biens du patrimoine mondial (2003);

4. Note également les actions mises en oeuvre par l'État partie au sujet du permis d'exploration spécifique au bien, et le prie instamment de régler dans les meilleurs délais le processus d'annulation définitive de ce permis et d'en informer le Centre du patrimoine mondial;

5. Prend note des résultats de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de suivi réactif de 2009, endosse ses recommandations et demande à l'État partie de les mettre en oeuvre, particulièrement par rapport à la présentation du bien et aux menaces potentielles entraînées par le surpâturage, la désertification et le braconnage de plantes ;

6. Accueille favorablement la décision de l'État partie de ne pas réduire la zone tampon et l'invite à sonder la possibilité d'une extension potentielle dans le Parc national du Richtersveld pour renforcer la durabilité de la valeur universelle exceptionnelle du paysage culturel, en accord avec la décision 31 COM 8B.20, paragraphe 4a, au moment de l'inscription ;

7. Encourage l'État partie à réaliser une évaluation de l'impact des activités minières dans les zones proches de la zone tampon sur la valeur universelle exceptionnelle et l'intégrité du bien et à identifier des mesures pour les prendre en compte dans leur totalité ;

8. Demande à l'État partie de soumettre trois copies imprimées et électroniques du plan de gestion révisé, incluant les mesures pour répondre au paragraphe 7 susmentionné, au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives ;

9. Demande également à l'État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de l'état de conservation du bien et des progrès réalisés dans la mise en oeuvre des recommandations susmentionnées.