1.         Fjord glacé d’Ilulissat (Danemark) (N 1149bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1149/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1149/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Impact du tourisme

b) Chasse et pêche 

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1149/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Lors de l'inscription du bien par le Comité du patrimoine mondial à sa 28e session (Suzhou, 2004), le Comité du patrimoine mondial a recommandé à l'État partie de revoir la protection et la gestion du bien, en particulier dans les domaines de la chasse, de la pêche et des activités touristiques et de remettre un rapport sur les progrès accomplis à l'examen du Comité du patrimoine mondial lors de sa 31e session (Christchurch, 2007). Un rapport a donc été remis et une réponse donnée à la demande exprimée par le Comité. Á sa 31e session, le Comité du patrimoine mondial a demandé à l'État partie (Décision 31 COM 7B.28) de lui remettre des exemplaires du plan de gestion révisé et du nouveau plan de suivi, afin de poursuivre l'amélioration et le suivi de la gestion touristique et de réduire son impact sur le bien et de mettre en place des restrictions à la chasse.

En réponse aux demandes ci-dessus exposées, l'État partie a remis au Centre du patrimoine mondial, le 12 février 2009, un rapport émanant de l'Agence de l'environnement et de la nature du Gouvernement autonome du Groenland. Le plan de gestion du bien pour la période 2009-2014 a été également été remis et transmis à l'UICN pour examen.

Le rapport signale qu'un plan de gestion général du bien a été élaboré par le Service des études géologiques du Danemark et du Groenland et que son cadre pratique de mise en œuvre est actuellement en cours d'élaboration par le Gouvernement autonome du Groenland et Qaasuitsup Kommunia (l'ancienne Municipalité d'Ilulissat). Des mesures ont été prises visant à améliorer et à contrôler la gestion touristique, y compris une révision des vols d'hélicoptères tenant compte des destinations, des fréquences, des lieux d'atterrissage et des capacités, et l'installation d'une passerelle en bois conduisant au site archéologique de Sermemiut. Le rapport fait également état d'un Décret du Parlement du Groenland, en date du 15 juin 2007 sur la protection du fjord glacé d'Ilulissat qui a amélioré la situation puisque les bateaux de croisière ne sont plus autorisés sur le territoire du bien et que l'ancrage et le désarmement de bateaux sont également interdits. Les quotas concernant la pêche de flétan ont été réduits (à 8.800 tonnes métriques en 2009). Ces niveaux sont jugés comme durables par l'État partie.

Le Décret de 2007 a également réduit le trafic sur des voies de navigation désignées du 1er avril au 31 octobre, a interdit les navires de plus de 1000 tonnes brutes déclarées et a restreint l'utilisation des tentes et les feux en plein air à une durée maximum de 24 heures en un même endroit. En outre, un comité de pilotage a été créé, il comprend des représentants du Gouvernement autonome du Groenland, de l'Agence du patrimoine du Danemark et de la Municipalité du fjord glacé d'Ilulissat, ce comité a pour but l'amélioration de la gestion et la mise en œuvre du plan de gestion.

Le plan de gestion soumis vise à minimiser les menaces pesant sur le bien et à assurer des activités durables, y compris le tourisme, la chasse, la pêche et une utilisation durable des terres. Il vise également à accroître la prise de conscience des valeurs du bien.

En ce qui concerne la pression exercée par les activités humaines, il est fait état d'un doublement du nombre de visiteurs (18.000 en 2006, 35.000 en 2008). Il est expliqué que la pression exercée par l'activité touristique qui se traduit par des dommages matériels créés par le nombre croissant de visiteurs et du bruit provenant des véhicules motorisés des navires et des hélicoptères, persiste à constituer une grande menace pour le bien et que ce problème est traité par le plan de gestion révisé. Le plan de suivi insiste sur les valeurs du bien du patrimoine mondial et sur les zones connaissant les plus grands impacts liés à l'activité humaine.

Le rapport conclut que l'évaluation des valeurs du bien en rapport avec les critères concernés est appropriée, que le site a conservé son intégrité depuis son inscription et que la gestion s'est améliorée en renforçant la protection légale, en créant un comité de pilotage, en augmentant les ressources financières et en finalisant le plan de gestion. Le bien n'a pas de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle conforme au cadre actuellement requis pour une telle déclaration. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que la Déclaration actuelle sera mise à jour dans le cadre du processus de rédaction de rapports périodiques.

Le 29 janvier 2009, les ONG Earthjustice et Australian Climate Justice Program ont remis au Comité du patrimoine mondial une pétition intitulée "Le rôle de la suie dans la mise en danger des sites du patrimoine mondial menacés par la fonte des glaces et l'élévation du niveau des mers". La pétition "appelle le Comité du patrimoine mondial à agir afin de protéger les valeurs universelles exceptionnelles des sites du patrimoine mondial les plus vulnérables au réchauffement mondial". Les biens destinés à protéger les glaciers sont particulièrement visés. La pétition suggère des stratégies visant à atténuer ces effets en réduisant la production de suie générée en particulier par le carburant des bateaux et le diesel. L'UICN fait remarquer que le Comité du patrimoine mondial reconnaît la menace que constitue le changement climatique pour le bien dans son plan de gestion. L'État partie fait remarquer que le suivi des glaciers climatiques et des zones permafrost démontre que le bien réagit au changement climatique. L'UICN recommande que l'État partie mette en place des mesures de gestion d'adaptation afin d'optimiser la capacité de l'écosystème et de la faune et de la flore à s'adapter au changement. L’adaptation au changement serait améliorée en assurant la connectivité de l'écosystème et en réduisant les menaces et les pressions susceptibles d'accroître la vulnérabilité vis-à-vis du changement climatique.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN prennent note d'une collaboration améliorée entre les États parties de l'Arctique liés à la Convention du patrimoine mondial, les peuples indigènes, et les communautés arctiques, suite à la rencontre d'experts intitulée "Patrimoine mondial et Arctique" (Narvik, Norvège, décembre 2007), et à la Rencontre internationale d'experts sur le changement climatique et le développement durable de l'Arctique: défis scientifique, social, culturel et éducatif" sous l'égide de l'UNESCO (Monaco, du 3 au 6 mars 2009). Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN encouragent l'État partie du Danemark à communiquer le plan de gestion aux autres parties prenantes régionales afin de promouvoir le partage de bonnes pratiques dans la gestion des biens fragiles de l'Arctique.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.23

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.28, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Prend note de l'amélioration de la protection légale concrétisée par le Décret du 15 juin 2007 et l'achèvement en 2008 du plan de gestion pour la période 2009-2014, et demande aux autorités nationales, régionales et locales d'assurer sa mise en application ;

4. Demande à l'État partie de collaborer avec d'autres États parties dont les biens du patrimoine mondial comprennent des glaciers afin de suivre les impacts sur ces biens du changement climatique mondial et d'élaborer des stratégies d'adaptation de gestion visant à assurer la protection à long terme de la valeur universelle exceptionnelle des biens face au changement climatique et aux autres changements environnementaux.