1.         Parc national de Taï (Côte d'Ivoire) (N 195)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/195/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1983-2006)
Montant total approuvé : 110 014 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/195/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2006 : Mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN de suivi réactif 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Braconnage ;

b) Empiétement agricole ;

c) Extraction artisanale d’or. 

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/195/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2009

Avec la crise politique dans le pays en 2002, il y eut des craintes que le braconnage commercial, l'empiètement agricole et l'exploitation minière artisanale d'or augmenteraient substantivement. En juin 2006, suite à un retour de la sécurité, une mission Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif a visité les biens du patrimoine mondial de Côte d'Ivoire, et a conclu que le bien n'avait pas été aussi fortement affecté par l’instabilité politique que les biens du patrimoine mondial du Parc national de la Comoé ou le Parc national du Mont Nimba, tous deux sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le Comité du patrimoine mondial a invité l’État partie à mettre en œuvre les recommandations la mission de 2006 et les mesures d'urgence.

 

Le 2 février 2009, un rapport sur l'état de conservation du bien a été soumis par l’État partie. Le rapport donne une description des activités de gestion en cours et la collaboration avec des organismes partenaires, en particulier la Wild Chimpanzee Foundation (WCF) et le Fonds mondial pour la Nature (WWF), les instituts de recherche locaux et étrangers, et les agences allemandes de développement KfW/GTZ. Le Centre du patrimoine mondial a également reçu copie d'un rapport sur les activités de suivi écologique dans le bien, préparé par l'agence de gestion OIPR (l’Office ivoirien des Parcs et Réserves) et la WCF, ainsi qu’une une copie du plan d'action 2008-2012 préparé avec l'aide de la GTZ.

Le rapport de l’État partie note qu’en dépit de la présence continue des menaces mentionnées ci-dessus, les améliorations du contrôle et de la surveillance ont eu comme conséquence une augmentation de la plupart des espèces, comme démontré par les enquêtes écologiques de 2008.

Les progrès dans la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sont mentionnés ci-dessous :

 

a) Renfort du contrôle et de la surveillance du braconnage et amélioration des données recueillies

Bien que les populations de faune pour beaucoup d'espèces se rétablissent, il est rapporté que le braconnage est encore répandu dans le bien. Alors que le nombre rapporté des pièges à animaux a peu changé depuis 2006-2007, le nombre des camps de braconnage et des pistes utilisées pour le braconnage diminue sensiblement. Le rapport mentionne que les braconniers visent principalement les céphalophes et les primates, qui constituent 80% des saisies. Les patrouilles de l’État partie couvrent à présent 76% du bien.

Le braconnage continue à être un souci important de gestion et les actions à court terme incluent le renforcement de la brigade anti-braconnage par de nouveaux agents, et le renforcement de la collaboration avec la justice en ce qui concerne les poursuites. Il est également prévu que la clarification des limites juridiques facilitera les activités anti-braconnage.

Dans deux secteurs à l'intérieur du bien, l'extraction artisanale d'or continue à être un problème. Dans les nouvelles limites du Parc national, 3 000 ha sont utilisés par 1 200 familles pour l'agriculture de subsistance.

 

b) Suivi écologique

L’impact positif des activités de surveillance et d’éducation de la communauté dans le bien est évident dans les résultats de la phase III de l’enquête écologique de 2008, conduite avec l'assistance technique de WCS. Les résultats montrent un rétablissement significatif des populations de faune en 2006, en particulier pour des céphalophes et des primates : céphalophe de Maxwell : 62 459 (par rapport à 21 335), cercopithèque diane 241.060 (par rapport à 122 550), colobe bai 232 480 (par rapport à 64.535), chimpanzé 516 (par rapport à 479). Les chiffres concernant les éléphants sont en baisse (estimés à 89 par rapport à 180), mais ceci pourrait être expliqué par le protocole d’étude, certains secteurs inondés n'ayant pas été étudiés. Les taux croissants de rencontre des céphalophes de Maxwell dans les zones orientales du Parc, auparavant fortement chassées, semblent être une bonne indication de la diminution de la pression de chasse. Le rapport indique également que les hippopotames pygmées, espèce essentielle du bien, sont plus communs, mais aucune comparaison aux données précédentes n'est fournie. Les taux de rencontre pour certaines espèces semblent bas, en particulier pour les bongos et les buffles, mais aucune analyse approfondie n'est donnée.  

 

L’État partie a également signalé que les images satellites ont montré une bonne couverture forestière. Cependant, cette analyse est basée sur des images datant de 2004. Il lui est par conséquent recommandé de mettre à jour cette analyse basée sur des images plus récentes.

 

c) Clarification des limites du bien

Les limites du bien du patrimoine mondial, des parcs nationaux de la zone et de la Réserve de la Biosphère (MAB), semblent être peu claires pour les communautés locales. L’État partie a autorisé l’OIPR, par l'article n°9 de la loi n°2002-102 concernant la délimitation, la gestion et le financement des parcs nationaux et des réserves naturelles, à redéfinir les limites de plusieurs parcs nationaux, y compris Taï. L’OIPR a proposé des limites révisées pour le Parc national de Taï pour adoption par les administrations nationales. Le nouveau parc national inclut la réserve de faune du N’Zo et sa zone tampon, comprenant une zone de 536 000 ha, comparée aux 330 000 ha du bien.  

 

d) Extension des activités socio-économiques, de partenariat et d’éducation avec les communautés voisines

Le rétablissement de certaines espèces de faune et la réduction progressive de la pression due au braconnage suggèrent le succès des activités socio-économiques et d'éducation mises en application avec les communautés voisines. Cependant, les rapports précédents ont noté la croissance démographique et les niveaux élevés de pauvreté sur la périphérie du bien. Le rapport note qu'un groupe de soutien pour des mesures avec les communautés voisines, « Cellule d'appui aux mesures riveraines » (CAM), a été établi pour gérer l’aide dans la périphérie du bien. La CAM est responsable du développement des propositions de projet soumis par les communautés voisines. En 2008, 87 projets générateurs de revenus et micro-projets communautaires ont été financés pour un total de 171 070 206 francs CFA. L’État partie collabore en outre avec des ONGs pour sensibiliser la population locale et les autorités à l'importance de la gestion durable des ressources de faune.

 

e) Coopération internationale et financement durable

Pendant les deux dernières décennies, l’État partie a reçu l'aide des agences pour le développement allemandes KfW/GTZ et du WWF pour la surveillance et l'éco-tourisme, l'équipement, et le développement des capacités du personnel du parc. Ce projet finira en septembre 2009 et l’appui international disponible après cette période reste incertain. La WCF continue à contribuer aux enquêtes de faune, à la recherche et à la sensibilisation sur des chimpanzés en particulier. Le plan d'action du Parc national de Taï mentionne que l’État partie a progressivement augmenté les financements pour le bien. Pour la période 2008-2012, le financement du gouvernement ne couvre que 50% des coûts récurrents du parc, mais l’État partie a établi, en 2002, une Fondation pour les réserves et les parcs de Côte d'Ivoire (FPRCI) afin de fournir un financement additionnel et assurer un appui financier durable pour le fonctionnement des parcs nationaux et des réserves de Côte d'Ivoire.

 

f) Activités d'éco-tourisme

Les rapports mentionnent la création d'un centre d’accueil des visiteurs à l'intérieur du Parc. Aucune information n'est fournie quant aux recommandations de la mission de suivi de 2006 pour développer une stratégie d'éco-tourisme.

 

Le rapport de l’État partie ne fournit pas d'information sur la mise en œuvre des autres recommandations, y compris l’évaluation de la faisabilité de corridors écologiques, et l’élargissement des recherches au fonctionnement de l'écosystème.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN félicitent l’État partie pour les progrès accomplis par rapport aux menaces et aux problèmes de gestion du bien. Les indications d'un rétablissement des populations de faune sont très encourageantes. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent de poursuivre les activités de suivi écologique pour confirmer ces tendances. Bien que les mesures anti-braconnage et autres semblent avoir un impact positif, les résultats des enquêtes indiquent également que des pièges à animaux sont trouvés dans tout le bien. Par conséquent, alors que le braconnage est probablement en réduction, il continue à être une menace significative de gestion exigeant une vigilance continue. La pression sur l'intégrité du bien demeure importante. Le Centre de patrimoine mondial et l’UICN encouragent l’État partie à continuer ses efforts pour mettre en œuvre le plan de gestion et la stratégie de financement durable pour le bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN accueillent également favorablement les efforts de l’État partie pour clarifier les limites et le zonage du bien et pour agrandir le Parc national. Ils recommandent que l’État partie évalue, en coopération avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, ces modifications des limites du bien, en proposant une extension, conformément aux Orientations. Si proposée, une telle extension devrait probablement exclure les secteurs de la zone tampon qui sont sous un régime multiple d'utilisation. 

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 33 COM 7B.2

Le Comité du patrimoinemondial,

1. Ayant examiné le document WHC-09/33.COM/7B,

2. Rappelant la décision 31 COM 7B.6, adoptée à sa 31e session (Christchurch, 2007),

3. Accueille favorablement les progrès accomplis par l'État partie vis-à-vis des menaces et des problèmes de gestion dans le bien, en particulier : efforts pour faire participer les communautés locales à la gestion du bien et développement des activités génératrices de revenus dans le bien, ainsi que le développement d'un plan de suivi écologique régulier pour surveiller les valeurs et l'intégrité du bien ;

4. Note avec satisfaction les résultats de l'enquête écologique de 2008 qui indique que le rétablissement de plusieurs espèces de faune a commencé ;

5. Encourage l'État partie à poursuivre ses efforts pour établir une stratégie de financement durable pour le bien et appelle la communauté internationale à continuer de soutenir la gestion du bien ;

6. Prie instamment l'État partie de poursuivre ses efforts pour combattre le braconnage commercial en coopération avec les communautés locales ainsi que pour mettre en oeuvre les autres recommandations de la mission de suivi de 2006 ;

7. Demande à l'État partie, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, de considérer l'opportunité de proposer une extension du bien, conformément aux Orientations, pour refléter l'extension récente du Parc national de Taï ;

8. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre de patrimoine mondial, avant le 1er février 2012, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien et sur les progrès effectués pour réduire le braconnage et les autres menaces pesant sur le bien, sur les résultats du suivi écologique et le progrès dans l'établissement d'un financement durable pour le bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.