1.         Ensemble monumental de Hampi (Inde) (C 241bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (i)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1999-2006

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/241/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2003)
Montant total approuvé : 92 370 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/241/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : financement de missions d’experts dans le cadre de la Convention France-UNESCO (2003, 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009) pour un montant total de 20 000 euros. 

Missions de suivi antérieures

2000 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; 2001 : mission d’expertise pour évaluation technique ; 2003 et 2004 : missions consultatives du Centre du patrimoine mondial et d’experts ; août 2005 : mission consultative du Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier 2007 : mission du Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; mars 2009 : mission technique du Bureau de l’UNESCO à New Delhi.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan de gestion opérationnelle du site ;

b) Absence de réglementation limitant la circulation des poids lourds.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/241/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 1er février 2010, l'État partie a remis un projet du plan de gestion intégrée (Integrated Management Plan – IMP) pour la "zone du patrimoine mondial d'Hampi", complété par deux annexes et de quelques cartes. L'État partie n'a cependant pas remis de rapport sur l'état de conservation du bien susceptible de donner des informations sur les progrès accomplis dans les domaines évoqués par la décision prise par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session.

L'État partie n'a pas non plus remis ni projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, ni demande d'extension des limites du bien et de sa zone tampon, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial dans sa décision 33 COM 7B.71.

En ce qui concerne le plan de gestion intégrée, le projet remis par l'État partie est un impressionnant document de plus de 500 pages, complété par une "Stratégie de développement touristique", une étude sur les transports à Hampi, un "plan de conservation et de développement du patrimoine du village d'Anegundi" ainsi que diverses cartes et annexes. Le projet de plan de gestion est divisé en 14 chapitres, dont la conservation des zones archéologiques, le développement communautaire et le tourisme. Il comprend également un plan d'action très complet et des dispositions pour le suivi.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives comprennent que l'IMP n'a pas encore été adopté et doit être finalisé par l'Autorité en charge de la gestion de la zone de patrimoine de Hampi (Hampi World Heritage Area Management Authority) en accord avec les Etudes archéologiques indiennes (Archaeological Survey of India) et les autres parties prenantes.

Bien que le projet de plan de gestion distingue une vaste série d'ambitions et de grands défis à relever tant dans la gestion que pour l'avenir du bien, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que le projet de l'IMP, un document extrêmement détaillé, ne constitue pas une interprétation lisible des activités de gestion ainsi que des actions techniques, pragmatiques et opérationnelles qui seront mises en place afin de résoudre le très grand nombre de problèmes que connaît le bien. Afin de faciliter le travail, la mise en place et le suivi, on doit accorder la priorité à certaines recommandations à mettre en œuvre pendant la durée du plan, par ailleurs, celles-ci doivent être extraites de l'imposante documentation et condensées, elles doivent également être clairement présentées dans un résumé du document de l'IMP opérationnel. En outre, le projet d'IMP ne semble pas détailler les règlementations en matière de construction applicables pour chaque catégorie de zone dans le périmètre des nouvelles limites proposées pour le bien et sa zone tampon. Les orientations relatives aux normes architecturales, demandées par le Comité, ne semblent pas non inclues dans le projet d'IMP. Il en va de même pour une proposition précise de réglementation de la circulation, limitant le trafic des véhicules commerciaux, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial dans sa décision 32 COM 7B.70.

En ce qui concerne les autres problèmes évoqués par le Comité du patrimoine mondial dans la décision 33 COM 7B.71, notamment l'invitation à démolir les piles restantes du pont effondré, la possibilité d'envisager un nouvel endroit plus adapté pour le pont, le problème des constructions illégales et les aménagements dans les zones prévues pour une possible extension du bien, aucune information n'est donnée par l'État partie.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives expriment leur vive préoccupation quant à l'absence de soumission de la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle et face au fait que l'IMP n'a pas encore été approuvé, mis en place, et financé totalement. Ils font également remarquer que le bien a désormais été délimité mais sur un territoire beaucoup plus grand que celui défini lors de l'inscription, bien qu'aucune demande n'ait été soumise par l'État partie afin d'obtenir l'accord du Comité à une extension du bien du patrimoine mondial et de sa zone tampon.

Beaucoup de ces problèmes sont à l'origine des recommandations faites par la mission de 2007. Au vu de la vulnérabilité de ce bien face au développement, et, de l'engagement pris par l'État partie, lors de retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2006, de finaliser et de mettre pleinement en place l'IMP, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que les décisions prises par le Comité du patrimoine mondial à ses 31e, 32e et 33e sessions n'ont pas encore été totalement mises en œuvre. Ces tâches doivent être entreprises de toute urgence afin que soient en place de mécanismes de gestion solides capables de résoudre les problèmes de conservation, de protection, d'aménagement et de gestion. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.67

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 33COM 7B.71, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Constate les progrès accomplis par l'Etat partie dans l'établissement d'un projet de plan de gestion ;

4. Demande de toute urgence à l'Etat partie de :

a) Rédiger un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle et de le soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par le Comité du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011,

b) Soumettre d'ici le 1er février 2011 une demande officielle pour l'extension des limites de la zone tampon du bien, conformément à la procédure des Orientations,

c) Achever le plan de gestion intégrée (IMP) et de le soumettre au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1er février 2011, complété d'une synthèse et d'une liste de priorités parmi les recommandations existantes et les intentions, pour examen par le Comité du patrimoine mondial,

d) Confirmer que le plan de gestion intégrée (IMP) a été approuvé, est totalement financé et sera mis en place,

e) Faire cesser toutes les constructions illégales sur le territoire du bien et de la zone tampon (à savoir, le village de Hampi et l'île de Virapapura Gada), contrôler et gérer les autres projets d'aménagement tels que les projets de logements sociaux afin de s'assurer qu'ils n'ont pas d'impacts négatifs sur l'intégrité du paysage ;

5. Réitère sa demande à l'Etat partie de :

a) Démolir et enlever les débris, les piles et les éléments de la chaussée encore présents du pont qui s'est effondré,

b) Envisager un nouvel emplacement plus adapté pour un pont destiné aux véhicules, situé à l'extérieur des limites actuelles et des possibles limites futures du bien,

6. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur les progrès accomplis dans la mise en place des recommandations ci-dessus évoquées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.