1.         Isole Eolie (Îles Eoliennes) (Italie) (N 908)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/908/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/908/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2007 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan de gestion globale ;

b) Développement excessif du tourisme ;

c) Extraction de pierre ponce

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/908/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 30 janvier 2009, l’État partie soumettait un rapport sur le bien du patrimoine mondial. Le 1er février 2010, l’État partie transmettait un autre document au Centre du patrimoine mondial intitulé « Plan de gestion des Îles Éoliennes, site du patrimoine mondial de l’UNESCO » et un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien. Dans ce document, le chapitre portant sur les “recommandations de l’UNESCO” est entendu par l’État partie comme sa soumission sur l’état de conservation du bien. Le rapport commente les questions en suspens concernant la mise en œuvre des points 6(b) à 6(i) de la décision 31 COM 7B.24 du Comité du patrimoine mondial, réitérés dans la décision 32 COM 7B.18.

Le rapport de l’État partie examine la question des activités minières ainsi que les autres points mentionnés. Les principaux points de sa réponse sont les suivants :

(i) En réponse à la demande de cesser toute industrie extractive, l’État partie reconfirme que les carrières de pierre ponce dans le périmètre du bien ont définitivement été fermées le 31 août 2007, que les machines et le matériel d’extraction ont été saisis et que la loi nationale 394/1991 interdit toute reprise éventuelle d’activité.

(ii) En réponse à la recommandation de fixer une date limite pour l’enlèvement du matériel accumulé, le rapport indique que l’Office régional sicilien des mines élabore un plan d’enlèvement mais demande au préalable la réalisation d’une évaluation écologique préventive. Aucun calendrier établi n’a été donné pour la réalisation de cette action.

(iii) En réponse à la demande de préparation d’un plan de gestion pour le bien, l’État partie a présenté un volumineux document de près de 300 pages, traduit en anglais, dont le rapport sur la conservation du bien est une annexe. Le processus de préparation du plan est résumé dans le rapport de l’État partie et détaille les progrès accomplis vis-à-vis des dispositions de gouvernance en 2008.

(iv) En ce qui concerne la désignation d’un organisme de gestion approprié et la garantie de fonds suffisants, le rapport de l’État partie fait également essentiellement part d’informations datant de 2008. Le rapport indique que le Parc national des Îles Éoliennes, créé en 2007 est considéré comme l’organisme de gestion en charge du bien du patrimoine mondial, déclaré comme entièrement inclus dans les limites du parc national. Le rapport signale que cela garantit également la disponibilité de fonds stables (s’élevant à 350 000 euros par an, en temps normal, et d’un montant supérieur lors de la création du parc, selon ce qui est précisé). Il est également dit que le plan de gestion offre un moyen de canaliser les fonds régionaux vers le bien et que 500 000 euros ont été apportés à la région sicilienne par la Fondation du patrimoine UNESCO de la région sicilienne en décembre 2009 pour renforcer la sensibilisation au patrimoine mondial sicilien.

(v) En ce qui concerne la demande d’évaluation complète de l’impact du projet d’expansion du port de Lipari, notamment ses impacts sur le bien, l’État partie note que le projet est “en cours d’évaluation”, même s’il est probable que cette déclaration date de 2008-09. Le rapport signale également que le port ne se situe ni au sein du bien inscrit, ni dans ses zones tampons ni dans le périmètre du parc national, et note les contraintes environnementales qui sont réputées exister vis-à-vis de ces développements.

(vi) En ce qui concerne la proposition de projets de restauration de la végétation et de l’infrastructure minière, l’État partie signale qu’un projet de restauration est étudié conjointement avec l’enlèvement des pierres ponces accumulées, sous la houlette de la municipalité de Lipari et avec le soutien du parc national et de la région sicilienne. L’État partie mentionne également la création d’un écomusée devant être soutenu par des fonds structuraux 2009-13, qui incluront des provisions afin de communiquer sur les valeurs du bien.

(vii) En ce qui concerne la ratification de la redéfinition du périmètre de la réserve de Lipari en projet, le rapport de l’État partie indique que ce travail est terminé et souhaite envisager une légère modification des limites.

(viii) En ce qui concerne la création d’un parc régional pour toutes les Îles Éoliennes, l’État partie indique que ce point a été traité par la création du parc national des Îles Éoliennes.

(ix) En ce qui concerne la soumission d’une nouvelle proposition d’inscription du bien afin de tenir compte de critères naturels complémentaires et des habitats côtiers, l’État partie indique que ce point sera envisagé par le parc national, en prenant en compte des avis d’experts compétents.

 

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN accueillent favorablement les réalisations mentionnées par l’État partie, mises en valeur par les progrès accomplis en faveur de la création d’un parc national, de même que la présentation du plan de gestion pour le bien. L’UICN a clarifié avec l’État partie le processus de création du parc national, jugé bien avancé, l’élaboration de l’instrument juridique pertinent, l’accord sur les budgets appropriés et les consultations nécessaires étant déjà engagés. L’État partie fera part d’informations complémentaires au fur et à mesure que les étapes menant au lancement opérationnel du parc seront franchies. Il est probable que le processus de création dans son ensemble requière encore une année de travail. L’UICN a également revu le plan de gestion soumis par l’État partie, semblant offrir une base générale pour la gestion du bien du patrimoine mondial. Des plans opérationnels détaillés reposant sur le plan de gestion devront formellement être élaborés à un stade ultérieur du projet, et en conjonction avec la création et inauguration de la gouvernance et de la gestion opérationnelle du parc national sur site.

Le plan de gestion semble couvrir, d’une manière générale, l’éventail des valeurs naturelles et culturelles de la zone et pourrait, à ce titre, fournir une base appropriée pour une gestion intégrée, si l’État partie envisageait une nouvelle proposition d’inscription conformément aux précédentes suggestions du Comité du patrimoine mondial. L’UICN note également que les discussions se sont poursuivies concernant l’expansion du port de Lipari. Tandis que le projet semble se trouver en dehors du bien, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent qu’il est important que cette expansion soit envisagée au travers d’un processus rigoureux d’évaluation d’impact environnemental (EIE) devant, entre autres, inclure la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent également que la question de l’extraction minière, qui était une source majeure de préoccupation concernant l’état de conservation du bien, semble avoir été traitée de manière globale, même si la réalisation des mesures de suivi pour pleinement corriger les impacts antérieurs nécessitera du temps. En résumé, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent être en présence d’une bonne base pour garantir l’avenir de ce bien du patrimoine mondial d’après les mesures entreprises et planifiées par l’État partie. Ils attendent la réalisation des actions concernant les questions de conservation et la finalisation et inauguration du parc national des Îles Éoliennes comme agence de gestion effective du bien, en partenariat avec les autres parties prenantes concernées.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.21

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.18, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Prend note des informations complètes communiquées sur les progrès accomplis dans l'application de la précédente décision du Comité du patrimoine mondial et accueille avec satisfaction les accomplissements qui mènent à la création du parc national des Îles Éoliennes ainsi que la préparation d'un plan de gestion pour le bien;

4. Note les progrès signalés dans la réalisation des actions demandées par le Comité dans sa décision 31 COM 7B.24 et demande à l'État partie de veiller à l'achèvement des projets de restauration qui ont été commencés ou qui sont envisagés ;

5. Demande également à l'État partie de transmettre des copies des évaluations d'impact environnemental (EIE) pour les projets de restauration et autres susceptibles d'affecter le bien au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, et de veiller à ce que la valeur universelle exceptionnelle soit considérée dans les EIE pour les projets d'expansion du port de Lipari ;

6. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport sur l'État de conservation du bien incluant les progrès accomplis vis-à-vis de la création du parc national et la réalisation des projets de restauration au sein du bien.