1.         Lviv – ensemble du centre historique (Ukraine) (C 865bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1998

Critères  (ii)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/865/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/865/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2004 : Mission ICOMOS-Fondation allemande du patrimoine mondial ; Mars 2010 : Missioncommune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Nouvelles constructions dans le centre historique ;

b) Absence de documents de gestion détaillés et valables ;

c) Infrastructure inadéquate, notamment le réseau d’égouts.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/865/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 1er février 2010, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie. Ce rapport ne traitait pas directement les questions évoquées dans la décision 33 COM 7B.126 adoptée par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009). Le Centre du patrimoine mondial a reçu une pétition de représentants de la société civile de la ville demandant que l’on empêche la construction d’un bâtiment de sept étages sur le site du jardin et du parc de l’ancien monastère franciscain. Une mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue à Lviv – Ensemble du centre historique du 1er au 6 mars 2010.

Dans son rapport, l’État partie aborde les questions suivantes :

a) Principales menaces affectant le bien

L’État partie signale les principales menaces pour le bien :

- Pressions du développement ;

- Danger de perte d’intégrité visuelle de la ville en raison des pressions du développement à l’intérieur du bien et de sa zone tampon, et à l’extérieur de ses limites ;

- Déformation des bâtiments en raison de la constitution géologique du sol ;

- Détérioration intensive des éléments décoratifs par la pollution atmosphérique.

b) Projets susceptibles d’affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien

Un programme public global de préservation des bâtiments historiques de Lviv a été mené par l’État partie de 1998 à 2007. Un projet de Programme d’Etat pour la restauration et la revitalisation des bâtiments historiques de L’viv a été développé en 2008 et soumis aux autorités compétentes pour étude. Le rapport de l’État partie mentionne plusieurs projets de restauration, dont celui de la cathédrale arménienne et de bâtiments résidentiels aux 3 et 23 place Rynok. La construction sur le site du jardin et du parc de l’ancien monastère franciscain n’a été mentionnée ni par l’État partie ni par la mission dans son rapport.

Le rapport de l’État partie mentionnait l’assistance financière reçue pour l’aménagement et la restauration du Centre historique de Lviv, la mise en place d’un système de suivi pour les monuments et le lancement du projet « Patrimoine commun ».

La mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est déclarée préoccupée de l’état général de conservation du bien ; elle a notamment signalé la grave menace sur sa valeur universelle exceptionnelle, son intégrité et son authenticité, due aux méthodes inadaptées utilisées pour la conversion des bâtiments historiques et à l’absence de normes de réhabilitation de l’habitat.

c) Plan de gestion et schéma directeur d’aménagement

L’État partie indique qu’un plan de gestion stratégique pour 2009-2015 sera adressé au Centre du patrimoine mondial dès son achèvement. Le schéma directeur d’aménagement devrait entrer en vigueur durant l’été 2010.

L’État partie mentionne également que les bénévoles des cours d’été UNESCO ont réalisé un inventaire des bâtiments historiques de Lviv. En 2007-2008, trois cours de formation en restauration et conservation de la pierre ont été organisés.

d) Pressions touristiques

Le rapport de l’État partie signale une augmentation du nombre de touristes à Lviv, nommée « capitale culturelle » de l’Ukraine en 2009. On s’attend à de nouveaux aménagements touristiques dans la ville pour la finale de l’Euro 2012 de l’UEFA (Union internationale des Associations européennes de football).

e) Suivi et recherche

Le rapport de l’État partie signale que plusieurs suivis et recherches ont été réalisés : suivi des changements de température et d’humidité ; suivi géodésique et contrôle de la déformation des bâtiments ; inventaire archéologique de toute fouille effectuée dans le sol ; analyse technique et géologique du sol de la ville historique, et recherche de la stabilité structurelle des bâtiments historiques. Un projet de sensibilisation à l’importance du panorama visuel a aussi été mené ; il consistait à placer des ballons colorés au-dessus des sites où des constructions étaient prévues, à la hauteur correspondant aux futurs bâtiments. Des photos ont été prises des points de vue importants afin d’évaluer l’impact probable des constructions prévues.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent avec une sérieuse préoccupation d’importantes modifications du tissu urbain ainsi qu’une grave menace pour la valeur universelle exceptionnelle, l’intégrité et l’authenticité du bien en raison de méthodes de réhabilitation inadaptées entraînant une détérioration du niveau de vie, le remplacement d’habitations par des hôtels, la perte d’habitants, un important impact visuel dus à certains aménagements, comme l’a signalé la mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en mars 2010.

Tout en reconnaissant les énormes difficultés auxquelles est confronté l’État partie, et le travail de soutien en matière de développement durable entrepris par divers organismes – dont la Commission européenne et la Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) –, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que l’achèvement du plan de gestion va constituer un outil qui devrait permettre à l’État partie d’obtenir davantage de soutien de la communauté internationale pour la conservation et la réhabilitation. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.104

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Rappelant la décision 33COM7B.126, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Note les résultats et recommandations de la mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2010, et demande à l'État partie d'en tenir compte;

4. Note aussi le travail réalisé par l'État partie sur le plan de gestion stratégique, et demande également à l'État partie de le soumettre au Centre du patrimoine mondial en trois exemplaires en papier ainsi qu´une version électronique;

5. Se déclare profondément préoccupé de l'Etat général de conservation du bien, et en particulier, des importantes modifications du tissu urbain et de la grave menace à la valeur universelle exceptionnelle, à l'intégrité et à l'authenticité du bien ;

6. Prie instamment l'État partie à adopter immédiatement toutes les mesures nécessaires afin d'assurer la sauvegarde de la valeur universelle exceptionnelle, de l'intégrité et de l'authenticité du bien, y compris par des directives de restauration et de conservation du tissu urbain;

7. En outre, prie instamment l'État partie et les autorités municipales à interrompre immédiatement tous les projets d'aménagements, notamment à la Citadelle, ainsi que les constructions sur le site de l'ancien monastère franciscain, susceptibles d'affecter la valeur universelle exceptionnelle, l'intégrité et l'authenticité du bien, et à informer le Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, de toute intention d'entreprendre ou d'autoriser de tels projets;

8. Lance un appel à la communauté internationale pour qu'elle envisage de participer au financement de la conservation et de la réhabilitation du tissu urbain;

9. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport détaillé sur l'État de conservation du bien, incluant les résultats du suivi et de l'étude du tissu urbain, le plan de gestion stratégique et le schéma directeur d'aménagement approuvé, ainsi qu'un rapport sur l'utilisation des bâtiments et monuments historiques, pour examen par le Comité du patrimoine mondial, en vue d'envisager, en l'absence de progrès substantiel, la possible inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 35e session en 2011.