1.         Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère (France) (C 85)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/85/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/85/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2006 : visite du Centre du patrimoine mondial ; mars 2009 : mission de suivi réactif de l’ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Éclosions de spores de moisissures et spores bactériennes à la surface des peintures rupestres de Lascaux 

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/85/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 1er février 2010, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien comprenant 17 Annexes et totalisant 313 pages, qui rend compte de l’énorme travail pratique et scientifique effectué sur la grotte de Lascaux (qui fait partie du bien du patrimoine mondial des Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère) et dûment documenté. 

En réponseaux demandes du Comité du patrimoine mondial, le rapport de l’État partie donne les informations suivantes :

a) Protocole d’intervention

L’État partie n’indique pas si le protocole a été rendu public, comme l’avait suggéré le Comité.

b) Elaboration d’une stratégie de communication

L’État partie signale qu’un nouveau site Internet consacré à Lascaux a été lancé le 30 juin 2009 ; il permet de faire une visite virtuelle de la grotte et d’avoir ainsi un accès virtuel à cette partie du bien. Aucune information n’est donnée sur une stratégie de communication en bonne et due forme.

c) Documentation et cartographie des conditions climatiques générales de la grotte

Les recherches menées entre 2007 et 2009 concernaient trois zones présentant des microclimats différents. Les premières observations de l’équipe de recherche pluridisciplinaire qui réunit des microbiologistes, des géologues et des climatologues, tendent à confirmer l’hypothèse selon laquelle le microclimat à la surface des murs conditionne le développement des microbes. Le Conseil scientifique a, par conséquent, décidé de réorienter le programme vers deux nouvelles zones où il est possible d’obtenir des données plus précises sur l’interaction entre ces deux facteurs. Ces zones ont été choisies pour la nature de leur substrat ainsi que pour la présence de contaminations fongiques et de taches noires. Le rapport de l’État partie présente une synthèse préliminaire de ces recherches mais précise que, pour une évaluation complète, il faudra attendre le résultat final, fin 2010.

Le rapport de l’Etat partie donne également des informations sur l’avancement d’un programme de recherches microbiologie-microclimat qui est train de dresser l’inventaire des divers champignons et bactéries présents dans la grotte. Il a montré que les champignons sont toujours associés à des bactéries et que les deux ensemble forment un « biofilm » qui rend les champignons résistants aux agressions, notamment aux traitements au biocide ; cela explique la différence d’efficacité observée entre les traitements appliqués en laboratoire et ceux appliqués dans la grotte. À la lumière de ces premiers résultats, le Conseil scientifique a encouragé les recherches sur le lien entre les champignons et la production de mélanine, en relation avec les taches noires. L’Institut national de recherche agronomique de Dijon et l’Institut national des ressources naturelles et d’agrobiologie de Séville ont lancé un programme pour mieux comprendre le métabolisme des champignons. 

L’État partie fait également savoir qu’en 2009 aucun traitement au biocide n’a été appliqué. Les personnes chargées de surveiller les zones contaminées n’ont enregistré aucune évolution défavorable. La moisissure blanche et les taches noires ont même eu tendance à régresser. Cependant, en octobre 2009, la présence limitée de vermiculations apparemment nouvelles a été notée et cartographiée. Cela a permis de déterminer celles qui étaient nouvelles et celles qui dataient de 2005. Selon une première hypothèse, elles pourraient être liées à un film d’eau, lui-même dû au temps humide. Un contrôle visuel et photographique hebdomadaire a été mis en place et une étude du profil physique et chimique des vermiculations a été entreprise par l’Université de Bordeaux.

d) Élaboration de mécanismes appropriés de contrôle du climat, sur la base d’une intervention minimale et d’une approche de la conservation clairement articulée

Un programme intitulé Simulateur Lascaux a été élaboré comme outil d’aide à la décision dans le cadre de l’élaboration de mécanismes appropriés de contrôle du climat. Il s’est, par exemple, penché sur l’impact de toutes les perturbations liées à la circulation de l’air, à l’introduction éventuelle de nouveaux matériels, à la présence des hommes et au temps nécessaire pour revenir à l’équilibre après leur départ. L’installation, en mai 2009, des nouveaux systèmes de contrôle de la vitesse de circulation de l’air devrait permettre de recueillir des données sur une année entière. Les données collectées à ce jour ont confirmé la précision du simulateur qui devrait devenir, selon l’État partie, un outil crucial pour la conservation préventive à long terme de la grotte.

e) Formalisation du nouveau cadre de gestion basé sur une séparation des fonctions administrative et scientifique

L’Etat partie a confirmé que le système était en place. L’archéologie est maintenant la responsabilité du directeur du Centre national de la préhistoire, tandis que l’administration est la responsabilité de la Direction régionale des monuments historiques, en la personne du conservateur de la grotte nommé en avril 2009. Le nouveau Conseil scientifique a été créé officiellement en janvier 2010 et un communiqué de presse a révélé les noms des 13 membres, dont neuf sont français et les quatre autres viennent des États-Unis d’Amérique, d’Espagne et d’Italie.

g) Invitation de représentants de l’ICOMOS et de l’ICCROM à participer aux réunions du Conseil scientifique

Le communiqué de presse publié le 16 février 2010 par le ministère de la Culture pour annoncer les noms des nouveaux membres du conseil mentionne au moins deux représentants de l’ICOMOS qui ont participé à la mission de suivi réactif sur le site en mars 2009.

h) Plan d’action basé sur les priorités adoptées par le Comité scientifique international, assorti d’un calendrier pour les trois années à venir

Le rapport de l’État partie ne contient ni plan d’action en bonne et due forme ni calendrier.

Le rapport de l’Etat partie fournit par ailleurs des informations sur les points suivants :

- L’accès à la grotte de Lascaux a été pendant l’année limité strictement à 705 heures de main-d’œuvre dans la partie qui comporte des peintures et à 147 heures de main-d’œuvre dans le vestibule.

- Le Comité scientifique de Lascaux avait recommandé que l’aire de stationnement automobile des très nombreux visiteurs du fac-simile de la grotte soit déplacé loin de la grotte, conformément au plan à court terme visant à sanctuariser la colline de Lascaux. Il est également prévu de déplacer le centre d’interprétation loin de la colline et de créer au pied de celle-ci une nouvelle structure pour les visiteurs, sur le modèle de ce qui a été fait à Altamira.

- Les démarches d’acquisition par l’État de parcelles de terrain autour de la colline se poursuivent. Sur les quatre propriétaires fonciers privés qui ont été contactés, un a déjà signé un accord et des accords de principe sont en cours de discussion avec les deux propriétaires publics, SEMITOUR et le Conseil régional de la Dordogne.

- Une « grotte laboratoire », la grotte de Leye, a été choisie comme site expérimental au service de la conservation de Lascaux, en raison de ses similitudes (géologie, architecture, position proche de la surface) avec la grotte de Lascaux.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives se félicitent de la poursuite du travail considérable d’observation, de suivi, d’analyse et de recherche détaillés décrit dans le rapport de l’État partie pour permettre une meilleure compréhension de l’interaction entre les facteurs climatiques et microbiologiques, ainsi qu’entre des manifestations telles que les champignons et la mélanine des taches noires. Ils prennent également acte du travail important entrepris pour simuler les conditions à l’intérieur de la cave, comme étape préalable à l’élaboration d’un mécanisme approprié de contrôle climatique. La stabilité apparente de la grotte au cours de l’année écoulée est notée, ainsi que les progrès accomplis en ce qui concerne la sanctuarisation de la colline et l’acquisition de parcelles de terrain.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent également note de la création du nouveau site Internet consacré à Lascaux qui permet la visite virtuelle de la grotte. Ils considèrent qu’une parfaite connaissance de la méthodologie et des approches de conservation adoptées ainsi que des futurs plans d’action envisagés reste nécessaire. Des progrès sont encore à faire s’agissant de l’information du public sur le Protocole d’intervention grâce à une stratégie de communication et sur le plan d’action spécifique envisagé par le Conseil scientifique. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.85

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Rappelant les décisions 32COM7B.88 et 33COM7B.100 adoptées respectivement à ses 32e (Québec, 2008) et 33e (Séville, 2009) sessions,

3. Prend note des vastes travaux d'observation, de suivi, d'analyse et de recherche détaillés qui ont été engagés pour comprendre la dynamique microbiologique et climatique complexe de la grotte de Lascaux et saisir ainsi pleinement les causes de la détérioration des surfaces;

4. Se félicite du fait qu'en 2009 pratiquement aucune évolution défavorable des surfaces de la grotte n'a été enregistrée, mais note toutefois, qu'en octobre 2009, la présence limitée de vermiculations apparemment nouvelle a été notée et cartographiée ;

5. Note également les progrès réalisés en ce qui concerne l'élaboration d'une stratégie de communication formelle qui permette de saisir pleinement et largement les mesures de conservation et prie instamment l'État partie d'entamer la mise en œuvre de ce programme en s'appuyant sur un avis scientifique approprié;

6. Note en outre les nouvelles dispositions prises en matière de gestion, avec la séparation des fonctions scientifiques et administratives;

7. Prend également note des progrès accomplis en ce qui concerne la sanctuarisation de la colline, notamment les propositions de déplacement de l'aire de stationnement et de rachat par l'Etat de parcelles de terrain;

8. Réitère sa demande que le Protocole d'intervention élaboré soit rendu public, dans la mesure où il pourrait servir d'exemple de bonne pratique pour d'autres biens semblables;

9. Rappelle également qu'il est impératif de formuler une stratégie de communication en bonne et due forme et que le Conseil scientifique élabore, sur la base des priorités adoptées, un plan d'action détaillé assorti d'un calendrier pour les trois années à venir;

10. Demande à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport d'avancement sur l'État de conservation du bien reprenant les points ci-dessus et sur les progrès accomplis dans l'élaboration du plan d'action susmentionné, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.