1.         Île de Saint-Louis (Sénégal) (C 956bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/956/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1997)
Montant total approuvé : 11 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/956/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 139 000 dollars EU (Convention France-UNESCO) 

Missions de suivi antérieures

2006 : mission commune Centre du patrimoine mondial / ICOMOS / ICCROM ; 2007 : mission dans le cadre de l’accord de coopération France-UNESCO ; février 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence d’un mécanisme de suivi et de contrôle ;

b) Absence de plan de gestion et de conservation ;

c) Nouvelles constructions, modifications architecturales et projets urbains affectant l’authenticité et l’intégrité;

d) Restauration inadaptée de l’habitat ;

e) Désordre environnemental dû à la modification de l’embouchure du fleuve Sénégal ;

f) Extrêmement mauvais état de conservation de nombreux bâtiments en ruine qui constituent un danger pour leurs occupants ;

g) Absence de gestionnaire de site. 

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/956/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

L’État partie a soumis son rapport sur l’état de conservation le 30 janvier 2010. Ce rapport apporte des réponses succinctes aux recommandations formulées par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009).

a. Mise en œuvre du plan de sauvegarde et de mise en valeur

L’État partie fait savoir que l’entrée en exercice officielle du Comité de sauvegarde était prévue dans le cadre du lancement du cycle de soumission de rapports périodiques pour l’Afrique en janvier 2010 à Dakar mais qu’elle n’a pu avoir lieu. Néanmoins, il y est précisé que la collaboration entre les nouvelles autorités municipales, ICOMOS Sénégal et la Direction du patrimoine culturel s’est poursuivie.

b. Nomination d’un gestionnaire de site pour le bien

L’État partie signale qu’un gestionnaire de site a été nommé pour superviser la mise en œuvre du plan de sauvegarde et de mise en valeur, en collaboration avec le comité et les autres parties susmentionnés pour garantir la conservation du bien.

c. Préparation du plan de conservation et de gestion

L’État partie fait savoir qu’il est en train de mettre en œuvre le plan d’action de conservation et que plusieurs actions sont en cours. Des ateliers de renforcement des capacités ont, entre autres, été réalisés pour créer un groupe plus important de techniciens capables de gérer les besoins de conservation du bien. De plus, l’État partie fait également part de trois importants projets de réhabilitation devant être mis en œuvre pour L’Assemblée Territoriale du Fleuve, le Rognât Sud et le Pont Faidherbe. Ces projets bénéficient du soutien international de l’Agence de coopération espagnole, de la Région wallonne et de la France. De même, grâce à une coopération avec l’Agence française de développement, un programme englobant grandes infrastructures, développement économique, réhabilitation, tourisme et renforcement des capacités pour un montant de deux millions d’euros est prévu.

Par ailleurs, le chef d’État sénégalais a décidé de mettre en œuvre un programme de réhabilitation générale pour Saint-Louis, envisageant une première phase d’interventions pour 13 unités en grave danger. Le programme sera financé par l’État sénégalais et la mise en œuvre supervisée par la Fondation du patrimoine culturel.

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives s’interrogent sur la coordination effective entre les projets de développement et de conservation en cours sur le bien et par l’implication des communautés locales qui sont les principaux acteurs et bénéficiaires des activités mises en œuvre.

d. Coordination entre partenaires de la coopération internationale

L’État partie précise qu’il souhaite organiser une réunion de coordination pour les partenaires internationaux et qu’il est en train de négocier avec la Convention France-UNESCO un soutien éventuel.

e. Menaces pesant sur le bien en raison du manque d’application des initiatives de gestion et en raison des interventions modernes qui ne respectent pas la valeur universelle exceptionnelle du bien du patrimoine mondial

L’État partie fait savoir que la situation a été stabilisée. La Direction du patrimoine culturel, la municipalité et ICOMOS Sénégal supervisent les différentes initiatives afin d’éviter d’autres interventions préjudiciables. La mise en place du Comité de sauvegarde contribuera également à renforcer cette action et à annuler les effets de constructions inadéquates, préjudiciables pour la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives restent préoccupés par le rythme de mise en œuvre des mesures visant à traiter de manière systématique les menaces qui pèsent sur les attributs étayant la valeur universelle exceptionnelle du bien et par la nécessité de réguler l’octroi des permis de construction et de restauration au sein du bien.

En conclusion, le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives notent les mesures que l’État partie a prises pour traiter les menaces et les conditions relevées par le Comité du patrimoine mondial dans ses décisions antérieures. Si cela montre que quelques progrès ont été accomplis, ils restent préoccupés par la mise en œuvre effective et la durabilité des mesures prises, au vu des ressources limitées.

Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives ont récemment reçu des informations sur un projet de port minéral dans le cadre de l’“Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal” (O.M.V.S.). Le Centre du patrimoine mondial a demandé des informations sur ce projet à l’État partie dans une lettre en date du 18 mars 2010 mais, à ce jour, l’État partie n’y a pas encore répondu. Le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives sont préoccupés par l’impact potentiel direct et indirect de ce projet sur le bien. Ils considèrent que l’État partie doit fournir des informations sur ce projet et une évaluation d’impact environnemental sur la valeur universelle exceptionnelle du bien pour examen avant qu’un engagement quelconque ne soit pris.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.51

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.47, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009) ;

3. Note les efforts faits par l'Etat partie pour mettre en œuvre des mesures en vue d'améliorer l'Etat de conservation du bien ;

4. Prie l'Etat partie de poursuivre la mise en œuvre des recommandations formulées par la mission de suivi réactif en 2009, en particulier :

a) développer et consolider les arrangements de conservation et de gestion,

b) garantir les ressources pour un fonctionnement efficace du Comité de sauvegarde et pour le bureau du gestionnaire du bien,

c) mettre en œuvre des mécanismes de contrôle des constructions et de permis de construire,

d) garantir une coordination entre les initiatives développées au sein du bien ;

5. Prie également l'Etat partie d'élaborer le plan de gestion comme demandé par le Comité du patrimoine mondial en tenant compte des décisions de conservation, des plans de tourisme et des communautés locales qui sont les principaux acteurs et bénéficiaires des actions mises en œuvre ;

6. Invite l'Etat partie à faire part au Centre du patrimoine mondial d'informations détaillées incluant une évaluation d'impact environnemental pour tout projet susceptible d'affecter l'intégrité du bien, comme la construction potentielle d'un port recevant des minéraux à l'embouchure sud du fleuve Sénégal, pour examen par les organisations consultatives et le Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;

7. Demande à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport actualisé sur l'Etat de conservation du bien et la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondiaà sa 35e session en 2011.