1.         Île d'Henderson (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (N 487)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/487/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1990-1990)
Montant total approuvé : 8 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/487/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Espèces invasives

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/487/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 1er février 2010, un rapport détaillé sur l'état de conservation de l'Île d'Henderson a été remis par l'État partie. Ce rapport est une présentation assez générale de la mise en place du programme d'éradication de l'espèce invasive de rats, de l'affectation prévue d'un garde et il décrit brièvement l'état actuel de certaines situations posant problème comme l'usage durable du bois, les plages de nidification des tortues, la conservation hors site et le déplacement d'espèces, la faune et la flore endémiques, les espèces invasives et les cétacés.

a) L'éradication des rats

L'État partie déclare que les derniers obstacles à un programme d'éradication des rats au moyen d'appâts empoisonnés ont été levés. Ces obstacles étaient des problèmes liés à la conservation de la faune, tels que la mortalité des marouettes de Henderson et la consommation des appâts par les crabes de terre (Gecarcinidae). Une expérimentation sur le terrain menée en 2009, financée par le Gouvernement du Royaume-Uni, a démontré que: i) les marouettes de Henderson pouvaient être capturées et tenues en captivité pendant au moins quatre semaines, leur évitant ainsi toute exposition aux appâts empoisonnés, ii) tous les rats ont été capables d'accéder aux boulettes d'appâts et de les consommer malgré la forte densité de crabes de terre. En outre, l'expérimentation menée a démontré que le taux de mortalité des escargots endémiques exposés aux appâts empoisonnés n'a pas augmenté de façon importante. L'État partie signale par ailleurs que la partie opérationnelle du programme d'éradication des rats a été préparée dans le cadre d'un projet dirigé par la Société royale de protection des oiseaux (Royal Society for the Protection of Birds – RSPB) et que le financement nécessaire aux différentes opérations d'éradication (1.250.000 livres sterling) est en cours d'obtention.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN accueillent avec satisfaction les progrès accomplis par l'État partie dans la résolution des problèmes de conservation de la faune liés au programme d'éradication des rats. La principale menace à long terme sur la valeur universelle exceptionnelle du bien est la prédation exercée par les rats de Polynésie sur les oisillons des pétrels d'Henderson (Pterodroma atrata). Cette crainte est renforcée par les conclusions d'une récente étude qui estiment que la prédation par les rats constitue une menace d'extinction des pétrels d'Henderson. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN considèrent comme essentiel la garantie du financement, estimé à 1.250.000 livres sterling, par l'État partie des opérations d'éradication des rats.

b) Poste de garde

L'État partie indique que la création d'un poste de garde sur l'Île d'Henderson est réalisable et que le sujet a été débattu avec le Conseil de l'île et toute la communauté. A ce jour, un projet de description du poste a été rédigé, un projet de structure d'accueil élémentaire a été élaboré et la logistique maritime a été envisagée. L'État partie signale par ailleurs que le financement d'un poste de garde a été soumis par le Gouvernement des îles Pitcairn au Programme environnemental des territoires d'outremer (the Overseas Territories Environment Programme – OTEP), une décision est attendue pour février 2010. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN accueillent avec satisfaction les progrès accomplis par l'État partie et les autorités des îles Pitcairn dans la création d'un poste de garde sur l'île d'Henderson.

c) Usage durable du bois, plages de nidification des tortues, statut de la conservation hors site, du déplacement d'espèces, de la faune, de la flore et des cétacés.

L'État partie évoque brièvement les problèmes évoqués ci-dessus:

i. L'État partie estime que le caractère durable des bois de miro et de tou sur l'île d'Henderson n'est pas menacé. Les habitants de Pitcairn ne se sont pas rendus sur l'île d'Henderson pour ramasser du bois depuis 2004 puisque l'île de Magareva leur a donné du bois en 2007 et que du bois de miro a été récolté sur l'île même de Pitcairn;

ii. En ce qui concerne les plages de nidification des tortues, l'État partie déclare que la menace la plus certaine serait l'augmentation du nombre de visiteurs et/ou le développement touristique. Au vu de l'absence de ces deux facteurs, les plages de nidification des tortues ne sont pas considérées comme menacées;

iii. En ce qui concerne la conservation hors site, le déplacement et l'extinction d'espèces, l'État partie, au vu de l'absence d'augmentation des menaces sur la faune et la flore de l'île d'Henderson, n'a établi aucun plan en ce sens, à l'exception de l'expérimentation qui a conclu que les marouettes de Henderson pourrait être gardées en captivité pendant le programme d'éradication des rats;

iv. En ce qui concerne la flore et la faune endémiques et les espèces invasives, L'État partie déclare qu'aucune espèce endémique ne s'est éteinte pendant la durée de l'actuel plan de gestion de l'île d'Henderson et qu'aucune trace d'une nouvelle espèce invasive n'a été trouvée sur l'île au cours de l'année passée. L'État partie signale en outre que le pétrel d'Henderson a été ajouté aux annexes de la Convention sur la Conservation des Espèces migratoires (CMS), avec l'appui du Comité de gestion de l'île d'Henderson;

v. En ce qui concerne le statut des cétacés, L'État partie signale que 6 à 8 baleines à bosse ont résidé autour de l'île d'Henderson pendant six semaines en août et septembre 2009. L'État partie signale par ailleurs qu'un Protocole d’accord pour la conservation des cétacés et de leurs habitats dans les îles du Pacifique a été signé par le Gouverneur des îles Pitcairn sous les auspices du CMS.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN prennent note du rapport de l'État partie, félicitent celui-ci pour l'inscription du pétrel d'Henderson sur les annexes du CMS et pour la signature par les îles Pitcairn du Protocole d'accord avec la CMS sur la conservation des cétacés et estiment que les principaux problèmes de conservation restent le programme d'éradication des rats et l'engagement d'un garde à plein temps sur l'île d'Henderson.

d) Stratégie environnementale des îles Pitcairn

L'État partie a joint au rapport sur l'état de conservation de l'île d'Henderson un exemplaire du plan de gestion environnementale des îles Pitcairn de 2008. L'UICN et de Centre du patrimoine mondial prennent note de grand soin pris par l'État partie et les autorités des îles de Pitcairn afin que ce plan de gestion environnementale soit compatible avec le plan de gestion de l'île d'Henderson.

e) État d'avancement des objectifs du plan de gestion

Le rapport de l'État partie insiste sur les progrès accomplis dans les domaines définis par le "plan de gestion de l'île d'Henderson, bien du patrimoine mondial, 2004-2009". Les six objectifs fixés par le plan ont été dans l'ensemble atteints, y compris la désignation de membres du Comité de gestion de l'île d'Henderson qui ont présenté une demande de financement auprès de l'OTEP afin de mettre à jour le plan de gestion de l'île d'Henderson.

En conclusion, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN estiment que l'État partie devrait être félicité pour les grands progrès accomplis dans la planification du programme d'éradication des rats et dans l'obtention d'un poste de garde à plein temps sur l'île d'Henderson. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN recommandent vivement à l'État partie de garantir rapidement le financement nécessaire à la mise en place du programme d'éradication des rats, ainsi que le financement destiné au poste à plein temps d'un garde sur l'île d'Henderson. Ils observent qu'en l'absence du programme d'éradication des rats, les menaces envers la valeur universelle exceptionnelle du bien seraient très préoccupantes. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.27

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.27, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Félicite l'Etat partie pour les considérables progrès accomplis dans la planification du programme d'éradication de l'espèce invasive de rats qui est d'une importance primordiale pour le maintien de la valeur universelle exceptionnelle y compris les conditions d'intégrité du bien;

4. Accueille avec satisfaction les progrès accomplis par l'Etat partie dans l'obtention d'un poste de garde à temps plein pour l'île d'Henderson;

5. Prie instamment l'Etat partie, en collaboration avec les autorités de Pitcairn et la Société royale pour la protection des oiseaux (Royal Society for the Protection of Birds - RSPB), de garantir rapidement un financement adapté pour la mise en œuvre du programme d'éradication des rats et pour un poste de garde à temps plein afin de sauvegarder l'écologie préservée de l'île qui est la valeur principale et spécifique pour laquelle l'île d'Henderson a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial;

6. Accueille également avec satisfaction l'initiative prise par l'Etat partie consistant à faire inscrire le pétrel d'Henderson (Pterodroma atrata) sur les annexes de la Convention pour la Conservation des Espèces migratoires (CMS) et l'initiative prise les îles Pitcairn consistant à signer un Protocole d'accord avec la CMS sur la conservation des cétacés;

7. Demande à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial un exemplaire du "plan de gestion actualisé de l'île d'Henderson, bien du patrimoine mondial", dès que celui-ci sera disponible;

8. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport détaillé sur l'Etat de conservation général du bien, faisant Etat de la mise en œuvre du programme d'éradication des rats et de la mise en place du poste de garde, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.