1.         Île Macquarie (Australie) (N 629rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Espèces envahissantes

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/629/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

Le 28 janvier 2010, un rapport décrivant l’état de conservation de l’île Macquarie a été soumis par l’État partie. Ce rapport donne un aperçu de la mise en œuvre du plan d’éradication des nuisibles, du nombre de lapins sur l’île, des plans de surveillance pré- et post-éradication, des impacts des essais de la pêche à la palangre sur l’avifaune marine et du statut de l’île en tant que réserve de l'homme et de la biosphère de l’UNESCO.

a) Progrès dans la mise en œuvre du plan d’éradication des nuisible et état de la population de lapins

L’État partie indique que la mise en œuvre du plan d’éradication des nuisibles de l’île Macquarie a commencé et que l’épandage d’appâts empoisonnés débutera en mai 2010, suivi d’une campagne de chasse avec des chiens entraînés. À ce jour, toutes les approbations environnementales nécessaires concernant le plan ont été obtenues, le personnel essentiel de terrain a été sélectionné et engagé, treize des dix-sept chiens de chasse ont obtenu un agrément préliminaire, les fournisseurs d'appâts, d'hélicoptères et d'embarcations ont été sélectionnés. L’État partie constate que le nombre de lapins sur l’île a atteint un pic en 2005, avec 148 200 têtes selon les estimations, en 2008 leur nombre était estimé à 79 700 têtes. L’éradication des nuisibles et les programmes de suivi associés devraient se prolonger jusqu’en novembre 2014 ; des premières informations sur les résultats seront fournies en février 2013.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent que les gouvernements australien et tasmanien devraient être félicités pour la mise en œuvre du plan ambitieux d’éradication des lapins et rongeurs envahissants qui ont un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle et l’intégrité de l’île Macquarie. Ils estiment qu’il est crucial que l’éradication soit menée conformément au planning et qu’il soit prouvé qu’elle a réussi à éliminer totalement tout nuisible, permettant le rétablissement total de la végétation endémique de l’île et contribuant à celui de ses colonies d’oiseaux marins menacés.

b) Suivi pré et post-éradication

L’État partie indique que les plans de suivi et de biosécurité ont été élaborés. Le plan de suivi sera appliqué jusqu’à l’achèvement complet du projet en novembre 2014 et contrôlera l’efficacité des opérations d’épandage d’appâts et de chasse, la présence de lapins, les impacts des hélicoptères sur les colonies de pingouins royaux, ainsi que les résultats plus généraux du projet sur l’écologie de l’île. L’État partie souligne que les nids d’albatros hurleurs seront surveillés de près et que tout appât à la portée des poussins sera enlevé. L’État partie fait en outre savoir que 28 enclos d’exclusion des lapins ont été construits pour protéger des échantillons de plantes non détériorées qui serviront de source de semences pour reconstituer la végétation de l’île. Le plan de biosécurité permettra de surveiller les nouvelles espèces végétales et animales non indigènes, en particulier sur les principaux sites d’atterrissage des visiteurs, et devrait empêcher l’introduction ou la réintroduction d’espèces exotiques.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN se félicitent de la préparation des plans de suivi et de biosécurité. L’UICN signale toutefois que si les ressources financières pour suivre la mise en œuvre du plan d’éradication sont assurées (suivi du résultat), il a reçu des informations selon lesquelles les financements n’ont pas encore été convenus pour un suivi post-éradication satisfaisant de certains aspects écologiques tels que la restauration de la végétation (suivi des résultats), ce qui est capital pour démontrer l’efficacité des activités d’éradication des espèces nuisibles. L’UICN fait également observer que le programme de suivi pourrait également s’intéresser plus spécialement aux valeurs géologiques et géomorphologiques qui furent les raisons premières de l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN estiment qu’il est important que l’État partie trouve rapidement les ressources financières nécessaires pour un suivi satisfaisant du résultat des interventions d’éradication.

c) Impact des essais de pêche à la palangre sur l’avifaune marine

L’État partie indique que plusieurs essais de pêche à la palangre strictement encadrés ont été menés autour de l’île Macquarie au cours des trois dernières saisons (2007-2010). Ces essais obéissent à un ensemble de règles destinées à protéger les oiseaux, notamment l’exigence de cesser la pêche à la palangre pendant le reste de la saison dès que la limite de capture accessoire d’oiseaux de mer est dépassée. L’État partie souligne qu’aucune mortalité d’oiseaux de mer résultant de la pêche à la palangre n’a été observée pendant la durée de l’essai. Les mesures d’atténuation adoptées dans le cadre des essais sont celles requises par l’Accord sur la conservation des albatros et des pétrels (dont l’Australie est signataire). Ces mesures d’atténuation incluent : i) la pose des palangres de nuit, quand les oiseaux marins sont moins actifs ; ii) l’utilisation exclusive de palangres lestées pour que les hameçons appâtés s’enfoncent plus profondément et que les oiseaux risquent moins d’être pris ; iii) la couverture à 100 % par des observateurs ; iv) l’utilisation d’appâts teints en bleu, moins visibles pour les oiseaux marins ; v) l’association de banderolles en plastique avec les lignes pour effrayer les oiseaux et les éloigner des hameçons appâtés ; et vi) la conservation à bord de tous les déchets de poisson pour éviter que les oiseaux marins ne viennent se tuer contre la poupe du bateau lorsque les déchets sont jetés par-dessus bord. L’État partie indique qu’une demande d’approbation de la pêche à la palangre comme méthode de pêche autorisée dans la région sera soumise en novembre 2010 dans le cadre d’une évaluation stratégique de la pêche de la légine australe de l’île Macquarie.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent les résultats positifs des essais, à ce jour, et considèrent qu’un niveau strictement contrôlé de pêche à la palangre responsable pourrait être compatible avec les valeurs et l’intégrité de l’île Macquarie, à condition de respecter les conditions suivantes : i) les mesures d’atténuation de la pêche à la palangre continuent d’être appliquées à la lettre, leur non-respect étant passible de sanctions conformément à l’Accord sur la conservation des albatros et des pétrels ; ii) la mise en œuvre et l’efficacité de ces mesures sont suivies et révisés en permanence ; ii) si les niveaux préétablis de captures accessoires d’oiseaux marins sont dépassés, toutes les activités de pêche à la palangre dans la région cessent pour le reste de la saison, en attendant l’examen des conditions d’atténuation. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent en outre que l’évaluation stratégique de la pêche à la légine australe de l’île Macquarie destinée à déterminer les impacts probables de la pêche à la palangre pour la région devrait, conformément au paragraphe 172 des Orientations, être soumise au Centre du patrimoine mondial avant d’approuver l’autorisation de cette activité.

d) Autres questions de conservation préoccupantes – impact de la pêche à la palangre légale et illégale sur l’avifaune marine hors des eaux australiennes

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que les oiseaux marins de l’île Macquarie, en particulier les albatros, sont menacés par la pêche à la palangre légale et illégale quand ils vont chercher leur nourriture et se nourrissent hors des eaux australiennes. Il est par conséquent crucial que les oiseaux marins qui se reproduisent à Macquarie soient protégés au-delà des eaux australiennes. Tous les États parties qui mènent des activités de pêche à la palangre susceptibles de causer du tort à l’avifaune marine de Macquarie doivent étudier les moyens de réduire les destructions d’oiseaux dues à leurs activités de pêche à la palangre, en particulier dans les zones où ces oiseaux cherchent leur nourriture. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent que tous les États parties qui mènent des activités de pêche à la palangre devraient être vivement encouragés à envisager d’adhérer à l’Accord sur la conservation des albatros et des pétrels, ce qui les obligerait à prendre des mesures d’atténuation spécifiques pour réduire le nombre d’albatros et de pétrels tués par la pêche à la palangre.

e) Statut de l’île Macquarie en tant que réserve de l'homme et de la biosphère

Reconnaissant que l’île Macquarie n’est pas une biosphère fonctionnelle, dans la mesure où elle n’est pas habitée, l’État partie fera le nécessaire pour la retirer du Réseau mondial des réserves de biosphère. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN prennent note de l’initiative de l’État partie pour retirer l’île Macquarie du Réseau mondial des réserves de biosphère.

f) Autres questions de conservation préoccupantes – dépérissement et extinction possible de la plante en coussinet endémique de Macquarie

L’État partie indique que le dépérissement de la plante en coussinet endémique de Macquarie (Azorella macquariensis) est devenu une grave préoccupation en 2009 avec, dans certains endroits, près de 90 % des coussinets atteints. Cette plante est une composante importante de la végétation de l’île que l’on trouve sur les sols pierreux à plus de 500 m d’altitude. Plusieurs mesures ont été prises par l’État partie pour déterminer la cause de ce dépérissement et empêcher qu’il ne se propage, notamment des tests de recherche de pathogènes et le renforcement des mesures de quarantaine pour les touristes. À titre de précaution, une petite quantité de semences a été recueillie à l’automne 2009 et envoyée aux Royal Tasmanian Botanic Gardens ainsi qu’au projet de Banque de semences du Millénaire, la collection de plante vivantes des Royal Tasmanian Botanic Gardens a été complétée et une tentative d’implantation d’une population ex situ sur l’île, près de la station des gardes, est en cours. L’État partie signale également que la plante en coussinet de Macquarie a été inscrite sur la liste des espèces en danger en vertu de la législation nationale et qu’une demande est en cours pour la classer parmi les espèces menacées en vertu de la législation du Commonwealth.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN s’inquiètent du dépérissement inexpliqué de la plante en coussinet endémique de Macquarie. L’UICN fait remarquer que, compte tenu du taux actuel de dépérissement, l’espèce pourrait disparaître en quelques années. Cette plante étant la principale composante structurelle du désert pierreux, sa disparition provoquerait de graves modifications de l’écosystème de l’île et pourrait générer d’importants problèmes d’érosion et provoquer le déclin des espèces associées. L’UICN fait observer qu’aucun dépérissement d’autres plantes en coussinet n’est signalé ailleurs dans le monde et considère que : i) la cause de ce dépérissement doit être déterminée et le problème traité ; ii) il conviendrait de créer une réserve plus importante de conservation de semences et de plantes vivantes ex situ en complétant la collection de semences en vue de leur stockage à long terme ; iii) il faudrait procéder au cours de l’été 2010 à une évaluation des plantes coussinets non encore atteintes. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 34 COM 7B.10

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B,

2. Rappelant la décision 32 COM 7B.9, adoptée à sa 32e session (Québec, 2008),

3. Félicite les gouvernements australien et tasmanien pour la mise en œuvre du plan d'éradication des lapins et rongeurs envahissants qui portent atteinte aux valeurs et à l'intégrité du bien, et considère qu'il est primordial que cette éradication se déroule selon le calendrier prévu et que son efficacité pour éliminer totalement tous les nuisibles soit établie, ce qui permettra une recolonisation complète de la végétation endémique de l'île et contribuera à un rétablissement des populations d'oiseaux marins menacés;

4. Recommande à l'Etat partie de trouver rapidement les ressources financières nécessaires pour assurer un contrôle post-éradication satisfaisant;

5. Recommande également que l'Etat partie détermine de toute urgence la cause du dépérissement de la plante en coussinet de Macquarie et s'attaque au problème, crée des réserves plus grandes de conservation ex situ de semences et de plantes vivantes, et évalue au cours de l'été 2010 le nombre de plantes coussinets non encore atteintes;

6. Demande à l'Etat partie de veiller à l'application des mesures d'atténuation strictes exigées par l'Accord sur la conservation des albatros et des pétrels, si des activités limitées et responsables de pêche à la palangre se poursuivent autour du bien, et demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial l'évaluation stratégique de la pêche à la légine australe de l'île Macquarie dès qu'elle sera disponible;

7. Se dit préoccupé par le fait que l'avifaune marine de l'île Macquarie, en particulier les albatros, continue d'être menacée par la pêche à la palangre légale et illégale quand elle se nourrit hors des eaux australiennes, et prie instamment tous les Etats parties menant des activités de pêche à la palangre susceptibles de porter atteinte à l'avifaune marine de Macquarie de s'efforcer de réduire les conséquences néfastes de ces activités et d'adhérer aux mesures d'atténuation exigées par l'Accord sur la conservation des albatros et des pétrels;

8. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l'Etat de conservation du bien, y compris des informations concernant les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d'éradication, l'Etat de conservation de la plante en coussinet de Macquarie, l'impact sur l'avifaune marine des essais ininterrompus de pêche à la palangre dans les eaux de l'île, et l'impact de la pêche à la palangre légale et illégale sur l'avifaune marine de Macquarie qui se nourrit hors des eaux australiennes, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.