1.         Ville de La Valette (Malte) (C 131)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (i)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/131/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-1999)
Montant total approuvé : 21 625 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/131/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Octobre 2015, janvier 2017 : missions consultatives de l’ICOMOS

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de définition d'une zone tampon

b) Une modification de la hauteur des bâtiments pourrait changer la ligne d'horizon de la ville

c) Projets d'aménagement urbain de la nouvelle Porte de la ville et de l'Opéra

d) Pression exercée par l'aménagement touristique

e) Changement de destination des locaux d'habitation en bureaux

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/131/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Un rapport sur l’état de conservation a été remis par l’État partie le 23 mars 2023 en réponse à une demande du Centre du patrimoine mondial afin de permettre à celui-ci d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations des missions consultatives de l’ICOMOS de 2015 et 2017 et pour faire suite aux préoccupations croissantes exprimées par des particuliers et par la société civile maltaise d’obtenir une vue d’ensemble des impacts potentiels et cumulatifs d’un certain nombre de projets en cours ou prévus sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Le rapport sur l’état de conservation est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/131/documents/. Les informations présentées dans ce rapport sont les suivantes :

● un gestionnaire de site a été nommé en janvier 2023 ;

● de nombreux projets de restauration de biens culturels appartenant à l’État et d’églises à La Valette sont en cours ;

● l’état actuel des grands travaux à La Valette mentionnés en 2010 se présente comme suit :

- le projet d’hôtel dans la partie inférieure du Fort St. Elme est à l’arrêt,

-le creusement d’une liaison maritime interportuaire sous La Valette n’est pas encore mis en œuvre,

-la réhabilitation des douves du front de mer de La Valette et de la place du Triton, l’installation du musée national des beaux-arts MUZA au sein de l’Auberge d’Italie et les interventions et modifications proposées pour certaines parties du Centre méditerranéen de conférences (ancienne Sacra Infermeria des Chevaliers de Malte) sont achevées, et le projet de musée de la co-cathédrale Saint-Jean est en cours de réalisation sous la supervision de la superintendance du patrimoine culturel ; tous ces projets suivent les conseils donnés par la mission consultative de l’ICOMOS de 2017 et les études techniques ultérieures ;

● le projet de régénération de l’île Manoel en est encore au stade de la conception ;

● un appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour le réaménagement du bâtiment Evans en un lieu d’hébergement touristique de qualité. Il comprend l’entretien des façades du bâtiment et la réalisation de fouilles archéologiques ;

● des évaluations d’impact sur le patrimoine et/ou sur l’environnement ont été demandées pour l’extension du Grand Hôtel Excelsior, le nouveau pont brise-lames au large de la pointe de Saint-Elme et le réaménagement de la maison Mattia Preti, et le projet de quai pour le transbordeur rapide fera aussi l’objet d’une étude. Seules les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) conformes au document Guide et boîte à outils pour les évaluations d’impact dans un contexte de patrimoine mondial sont prises en compte par la superintendance du patrimoine culturel ;

● le texte définitif du plan de gestion a été commandé par le gouvernement maltais sur la base d’un mandat délivré par la superintendance du patrimoine culturel et devait être finalisé en mai 2023 pour approbation par le Cabinet des ministres et soumission au Centre du patrimoine mondial avant fin juin 2023. Il comprendra une analyse approfondie des vues et perspectives, qui devrait aider à délimiter la zone tampon du bien ;

● les solutions envisagées pour le tourisme de masse consistent à répartir la concentration des visiteurs, à promouvoir Malte comme une destination ouverte toute l’année et à la rendre plus accessible en ajoutant des services de ferries reliant la ville de La Valette à d’autres zones ;

● l’État partie s’engage à veiller à ce que les retombées économiques et sociales de l’industrie du tourisme soient intégrées dans une stratégie holistique de conservation historique, de cohésion sociale et de durabilité environnementale ;

● afin de réduire l’impact négatif sur l’environnement du tourisme à La Valette, les accès et les itinéraires sont diversifiés pour répartir la concentration des visiteurs arrivés dans des bateaux de croisière, et qui descendent à terre. Un raccordement électrique navire-terre sera installé afin de permettre aux bateaux de croisière d’éteindre leurs moteurs quand ils sont à quai. Parmi les mesures visant à réduire le trafic automobile à La Valette, on compte la gratuité des transports publics, l’accès à la ville par la mer et le stationnement à l’extérieur de la ville. Ces mesures ont abouti à la requalification de trois des zones de stationnement de la ville en piazzas piétonnes.

Une étude de 2017 sur les perturbations engendrées par les vagues dans les ports de La Valette est annexée au rapport, et fournit notamment des informations sur la situation de référence ainsi que des modèles de scénarios et des propositions pour limiter ces perturbations par la construction d’une berme et d’un revêtement.

D’août à décembre 2022, le Centre du patrimoine mondial a reçu et communiqué à l’État partie des informations reçues de tiers concernant certains projets susceptibles d’avoir un impact sur la VUE du bien, notamment l’extension susmentionnée du Grand Hôtel Excelsior à proximité du bien, la dégradation de la toiture du bien et la construction d’une nouvelle façade en béton de six étages sur le littoral du bien (maison Mattia Preti). Le 7 décembre 2022, l’État partie a répondu en informant qu’il serait demandé aux promoteurs du Grand Hôtel Excelsior de présenter une EIP avant toute nouvelle délibération sur le projet, que des consultations étaient en cours pour évaluer les impacts sur la VUE du bien des ajouts sur les toits à La Valette, et que les préoccupations du Comité technique national pour le patrimoine mondial concernant l’impact négatif du projet de la maison Mattia Preti sur la VUE seraient prises en compte dans ce projet. Plus récemment, le 12 juillet 2023, le Centre a fourni à l’État partie des informations de tiers concernant d’une part l’augmentation du développement commercial dans les corridors visuels importants de La Valette et d’autre part les travaux du nouveau musée de la co-cathédrale Saint-Jean, qui auraient un impact sur l’entrée de la lumière naturelle dans l’Oratoire en bloquant de manière permanente le vitrail le plus proche de l’autel. Au moment de la rédaction de ce rapport, aucune réponse n’avait encore été reçue par le Centre du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La nomination d’un nouveau gestionnaire de site pour le bien est accueillie favorablement, tout comme les travaux de restauration de nombreux biens culturels appartenant à l’État et d’églises, qui devraient contribuer à maintenir la VUE du bien.

Le bref aperçu sur l’état d’avancement des grands travaux à La Valette depuis 2010, ainsi que des projets à l’intérieur et à l’extérieur de la zone tampon tels qu’envisagés en 2010 sont notés. Il est positif que l’État partie ait adopté les conseils sur les grands projets donnés par les deux missions consultatives et les différentes études techniques de l’ICOMOS. L’ICOMOS a conclu que le musée de la co-cathédrale Saint-Jean, tel que conçu à l’époque, était cohérent dans son programme et dans sa distribution et que l’amélioration significative qu’il apportait au musée existant avait des avantages qui l’emportaient largement sur ses inconvénients.

Les recommandations de la mission consultative de 2017 conseillaient à l’État partie d’achever le plan de gestion du bien et l’« analyse des vues et perspectives », pour régler de toute urgence le problème des bâtiments de grande hauteur dans le bien et dans son cadre élargi, d’effectuer des EIP pour toutes les restaurations importantes à venir ou les nouvelles constructions dans le bien et de nommer de toute urgence un nouveau gestionnaire de site. Les deux premières recommandations ne sont pas encore mises en œuvre, tandis que la nomination d’un gestionnaire de site n’a été conclue qu’en 2023, avec un retard considérable. La mission consultative de 2017 recommandait également à l’État partie de continuer de promouvoir dans le périmètre du bien un nouveau design de qualité qui soit en harmonie avec le bien, au lieu d’autoriser le façadisme et le pseudo-historicisme.

S’agissant plus particulièrement du projet de régénération du site de l’Evans Building, une étude technique de l’ICOMOS datée d’août 2022 a conclu qu’il existait de solides arguments en faveur de la préservation, de la conservation et de la réaffectation de l’Evans Building et a formulé un certain nombre de recommandations à cet égard. Le rapport sur l’état de conservation de 2023 soumis par l’État partie ne fournit pas d’informations sur le suivi de ces recommandations. Il est regrettable que l’appel d’offres pour le réaménagement du bâtiment Evans ne semble reconnaître que la valeur des façades et des vestiges archéologiques potentiels et que, selon le site Internet du projet de réaménagement de l’île de Manoel à proximité immédiate du bien, le plan directeur ait été approuvé avant l’achèvement de l’« analyse des vues et perspectives ». Notant que le projet de régénération est encore en phase de conception, le Comité pourrait souhaiter demander à l’État partie de veiller à ce que l’« analyse des vues et perspectives » soit achevée avant l’approbation du plan directeur.

L’État partie a réalisé des EIP, en particulier pour les projets ayant fait l’objet de recommandations de la part de la mission, même si une approche plus systématique et holistique serait la bienvenue, surtout pour les projets situés à l’intérieur du bien. Il est également noté que l’État partie a demandé que des évaluations d’impact sur le patrimoine et/ou sur l’environnement soient effectuées pour d’autres projets en cours d’examen. Il est proposé que le Comité recommande à l’État partie de faire réaliser des évaluations d’impact pour tous les projets susceptibles d’avoir un impact sur la VUE du bien, en accordant une attention particulière aux impacts indirects et cumulatifs des nombreux projets proposés dans le bien et sa zone tampon et en utilisant le Guide et boîte à outils pour les évaluations d’impact dans un contexte de patrimoine mondial.

De plus, il est noté que l’État partie ne fait aucune référence à l’augmentation de la hauteur des projets à l’intérieur et à proximité du bien du patrimoine mondial, qui pourraient avoir un impact sur sa ligne d’horizon. Il est donc recommandé que le Comité demande à l’État partie de finaliser l’« analyse des vues et perspectives » à partir de points de vue stratégiques afin de régler le problème des contrôles de hauteur à l’intérieur et à l’extérieur du bien, conformément à la décision 33 COM 7B.113. Il est préoccupant de constater le peu de progrès réalisés concernant la création d’une zone tampon, demandée dans cette même décision en 2009. Le Comité pourrait donc demander à l’État partie de procéder à la finalisation d’une délimitation adéquate de la zone tampon, basée également sur les résultats de l’« analyse des vues et perspectives », conformément aux exigences exposées aux paragraphes 104 et 105 des Orientations, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen, conformément au paragraphe 107 des Orientations. La version définitive du plan de gestion du bien doit être achevée, conformément à la Recommandation de 2011 concernant le paysage urbain historique, en comprenant la gestion de la future zone tampon et les résultats de ’l’« analyse des vues et perspectives », et être soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant d’être adoptée officiellement.

Les efforts de l’État partie pour résoudre les problèmes liés au tourisme de masse par des mesures de gestion, en réduisant ses impacts négatifs sur l’environnement et en s’assurant que les retombées de l’industrie du tourisme profitent à la restauration, à la préservation et à la durabilité du bien, sont accueillis favorablement et semblent aller dans le bon sens. Toutefois, compte tenu des pressions négatives que le tourisme de masse peut exercer sur le bien, il est recommandé à l’État partie d’élaborer un plan de gestion du tourisme qui fasse partie intégrante du système général de gestion du site.

Décision adoptée: 45 COM 7B.190

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B.Add.2,
  2. Rappelant la décision 33 COM 7B.113, adoptée lors de sa 33e session (Séville, 2009),
  3. Note les efforts de l’État partie pour la restauration des monuments appartenant à l’État et des églises dans le bien ;
  4. Demande à l’État partie de remettre les documents suivants au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives, au moment opportun et avant leur adoption officielle :
    1. l’« analyse des vues et perspectives » depuis les points de vue importants, afin de régler le problème du contrôle des hauteurs à l’intérieur et à l’extérieur du bien,
    2. la délimitation d’une zone tampon adéquate, qui doit aussi être adaptée aux conclusions de l’« analyse des vues et perspectives », conformément aux paragraphes 103 à 105 des Orientations,
    3. le texte définitif du plan de gestion du bien, conformément à la Recommandation de 2011 concernant le paysage urbain historique, comprenant un plan de gestion du tourisme et des dispositions pour la gestion de la zone tampon, une fois adoptée par le Comité, et le maintien des vues et perspectives importantes dans l’environnement du bien, afin que ce plan devienne un instrument pleinement opérationnel pour la gestion efficace du bien et de son avenir ;
  5. Accueille avec satisfaction la préparation d’évaluations d’impact sur le patrimoine et/ou sur l’environnement pour plusieurs projets d’aménagements d’envergure, et encourage l’État partie à continuer d’améliorer le processus des évaluations d’impact sur le patrimoine en accordant l’attention nécessaire aux impacts indirects et cumulatifs des nombreux projets en cours d’élaboration, notamment la réutilisation adaptée de bâtiments individuels, et les grands travaux à l’intérieur du bien et dans son environnement, comme les projets du bâtiment Evans et de l’île Manoel, sur la base d’une « analyse des vues et perspectives » finalisée et en utilisant le Guide et boîte à outils pour les évaluations d’impacts dans un contexte de patrimoine mondial, et à soumettre au Centre du patrimoine mondial le détail de ces projets avec les évaluations d’impact correspondantes, pour examen par les Organisations consultatives, avant que ne soient prises des décisions difficilement réversibles ;
  6. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.

Décision adoptée: 45 COM 8D

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/8D,
  2. Rappelant la décision 44 COM 8D, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Reconnaît l’excellent travail accompli par les États parties pour la clarification des limites de leurs biens du patrimoine mondial et les félicite pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;
  4. Rappelle que le Centre du patrimoine mondial ainsi que les Organisations consultatives ne seront pas en mesure d’examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l’époque de l’inscription n’ont pas encore été clarifiées ;
  5. Prend note des clarifications des limites et des superficies fournies par les États parties pour les biens suivants et telles que présentées en Annexe du document WHC/23/45.COM/8D :

AFRIQUE

AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES

ASIE ET PACIFIQUE

EUROPE ET AMÉRIQUE DU NORD

ÉTATS ARABES

6.    Demande au Centre du patrimoine mondial de poursuivre l'identification et la collecte d'informations géographiques et cartographiques sur les biens du patrimoine mondial dans les propositions d'inscription lorsque les informations requises ne sont pas disponibles ou ne sont pas adéquates ;

7.    Demande également aux États parties n’ayant pas encore répondu aux questions soulevées dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation le plus rapidement possible, et jusqu’au 1er décembre 2023, afin de les soumettre pour examen, si les conditions techniques sont remplies, à la 46e session du Comité du patrimoine mondial.