1.         Ruines archéologiques de Mohenjo Daro (Pakistan) (C 138)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (ii)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/138/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1982-2022)
Montant total approuvé : 176 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/138/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 23 500 000 dollars EU (total des contributions à la campagne internationale pour la sauvegarde de Mohenjo Daro).

Missions de suivi antérieures

Après clôture de la campagne de sauvegarde internationale de l'UNESCO (1974-1997), de nombreuses missions de l'UNESCO et d'experts ont été réalisées. Novembre/décembre 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; octobre 2010 : mission d’évaluation d’un expert du Centre du patrimoine mondial à la suite des inondations ; octobre 2022/janvier 2023 : missions d’urgence d'experts du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de travaux de conservation appropriés

b) Détérioration des structures

c) Suspension du système de gestion.

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/138/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 3 mars 2023, l'État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/138/documents, qui rend compte de l'avancement des travaux réalisés d'août 2022 à mars 2023 à la suite des inondations de mousson d'août 2022 (totalisant près de 0,64 mètre de pluie) et présente un cadre pour les efforts de préservation dans les années à venir, y compris comme stratégie pour faire face aux risques naturels et aux effets du changement climatique :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L'UNESCO a lancé une de ses premières campagnes internationales de préservation du patrimoine pour ce site à partir de 1974, en réponse à un appel du gouvernement pakistanais. Après inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en 1980, la campagne a duré jusqu'en 1997 et mobilisé près de 8 millions de dollars EU. Elle comprenait des mesures de conservation à grande échelle et des activités de renforcement des capacités nationales. Grâce à cette campagne, on estime que 150 millions de personnes dans le monde ont été sensibilisés au site de Mohenjo Daro et à l'ancienne civilisation de l'Indus.

Alors que le travail de suivi et de préservation de ce site de 240 ha a été poursuivi dans le cadre de la campagne internationale, le bien a continué de souffrir de problèmes de conservation complexes. Bien que la catastrophe naturelle d'août 2022 n'ait pas définitivement détruit les attributs de sa valeur universelle exceptionnelle (VUE), les impacts sont apparemment importants sur l'ensemble du site, avec des problèmes d’évacuation et de stagnation de l'eau. De plus, les fondations et murs de plusieurs quartiers sont endommagés. Ces problèmes ont également exacerbé les inquiétudes persistantes, notamment la fragilisation des fondations, salinité, humidité et érosion de surface.

Suite à la visite du Secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres, sur place le 10 septembre 2022, la Directrice générale de l'UNESCO a annoncé la mobilisation de 350 000 dollars EU pour aider à la récupération des sites du patrimoine culturel endommagés par les inondations au Pakistan. Le Comité pourrait souhaiter saluer les deux missions d'urgence envoyées à Mohenjo Daro du 21 au 29 octobre 2022 et du 13 au 24 janvier 2023 dans le cadre du programme d'assistance d'urgence au patrimoine mondial, qui ont fourni une évaluation rapide et établi une feuille de route pour les futures actions de récupération. Le Fonds d'urgence de l'UNESCO pour le patrimoine a également été pour beaucoup dans l’inclusion de la culture et du patrimoine dans l’évaluation des besoins post-catastrophe du Pakistan.

Les missions d'urgence ont conclu que les dommages matériels résultant des inondations et la nécessité de revoir la stratégie globale de conservation devraient faire l’objet d’un traitement à court, moyen et long termes. Les mesures correctives prises par les autorités de gestion et le personnel motivé ont apporté une première aide précieuse et le bien a besoin d'interventions et d’un financement réguliers pour appuyer les mesures normales de préservation et renforcer sa résilience face à d'éventuelles menaces futures, qui pourraient être aggravées par les effets du changement climatique et la fréquence accrue des catastrophes naturelles.

Par conséquent, il conviendrait de demander à l'État partie de prendre des mesures, en commençant par la finalisation de l'identification des dommages résultant des pluies d'août 2022 et des évaluations des conditions associées. Il s'agit d'une condition préalable pour valider les actions urgentes qui doivent être menées pour sauvegarder les segments les plus vulnérables du bien. L'analyse des principaux facteurs de détérioration devrait se poursuivre, ce qui aidera à améliorer les matériaux de traitement. Les mesures d'urgence appliquées à la suite des inondations doivent être examinées pour en vérifier l'efficacité et la pertinence avant d'être adoptées comme programme de conservation.

Le Comité pourrait inviter l'État partie à demander la collaboration de l'UNESCO pour lancer un appel de fonds et de coopération internationale afin d'obtenir des ressources financières et techniques. Un tel appel pourrait conduire à l'élaboration d'un projet technique pluriannuel, qui devrait inclure la restauration des parties fragilisées du bien et les travaux nécessaires pour réhabiliter le système d’évacuation des eaux de l'ensemble du site, et conduire à un examen approfondi et à la mise à jour des outils de gestion existants et à l'établissement d'un plan de gestion énumérant les actions visant à traiter les problèmes de conservation à court, moyen et long termes. Le travail de révision du manuel de conservation de 1997 est favorablement accueilli et devra répondre aux besoins actuels, et les capacités humaines doivent être renforcées pour faire face aux besoins présents et futurs du bien.

Le Comité pourrait souhaiter demander à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le site afin d'évaluer l'état de conservation du bien, fournir des conseils sur la planification des travaux précédemment mentionnés et aider l'État partie à planifier les interventions techniques.

Décision adoptée: 45 COM 7B.169

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 35 COM 7B.77 adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),
  3. Note avec une grande inquiétude les dégâts subis par plusieurs parties du bien à la suite des pluies exceptionnellement fortes du mois d'août 2022 et salue les efforts considérables déployés par l'autorité de gestion pour répondre aux besoins les plus urgents en matière de consolidation de ces segments touchés ;
  4. Exprime sa satisfaction pour les deux missions d'urgence de l'UNESCO financées par l'Assistance internationale d'urgence au titre du Fonds du patrimoine mondial sur le bien en octobre 2022 et janvier 2023, ainsi que pour le soutien apporté par le Fonds d'urgence de l'UNESCO pour le patrimoine visant à intégrer la culture et le patrimoine dans l'évaluation des besoins post-catastrophe du Pakistan après la mousson d'août 2022 ;
  5. Prend note de l'analyse remise par l'État partie sur la base des deux missions d'urgence de l'UNESCO mentionnées ci-dessus, et demande à l'État partie de prendre en compte leurs recommandations et de poursuivre ses efforts, en particulier en ce qui concerne les points suivants :
    1. Évaluation de l'état général du bien avec cartes par quartier et par dommage et élément de risque afin de planifier des actions prioritaires,
    2. Poursuite des actions de conservation à court terme pour prendre en charge les parties les plus vulnérables et endommagées du bien où une détérioration rapide est suspectée,
    3. Recherche pour approfondir la compréhension des principales causes de détérioration, telles que stagnation de l'eau, capillarité, salinité et effets de la nappe phréatique sur les fondations, ainsi que pour améliorer le matériel de conservation,
    4. Élaboration d'une proposition technique complète, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et le(s) expert(s) désigné(s) pour lancer un appel international et obtenir des fonds pour un projet de préservation pluriannuel afin de répondre aux besoins de conservation à court, moyen et long termes, examiner et mettre à jour les outils de gestion et de conservation existants, et établir un plan de gestion pour renforcer la réponse d'urgence et la préparation aux effets multiples du changement climatique et des risques naturels extrêmes,
    5. Mise à disposition des ressources humaines et de la main-d'œuvre nécessaires pour répondre aux besoins de préservation immédiats ainsi qu'aux actions de conservation à plus long terme, le cas échéant ;
  6. Demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l'état de conservation général du bien, revoir le cadre général de gestion et de conservation, aider à l'élaboration et à la mise à jour des outils de gestion et de conservation nécessaires, et examiner l'efficacité et l'adéquation des mesures d'urgence appliquées à la suite des inondations ;
  7. Demande enfin à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2024, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 46e session.