1.         Réserve de biosphère du papillon monarque (Mexique) (N 1290)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2008

Critères  (vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1290/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1290/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN : janvier-février 2018 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1290/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

L’État partie a soumis un rapport complet sur l’état de conservation le 26 décembre 2022, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1290/documents/, qui fait état des avancées suivantes :

Le 18 mai 2022, le Centre du patrimoine mondial a envoyé une lettre à l’État partie des États-Unis d’Amérique (USA) pour lui faire part des préoccupations de tiers concernant la conservation des papillons monarques aux États-Unis, en particulier eu égard à l’utilisation de pesticides et à la réduction de leur habitat.

L’État partie des États-Unis a répondu le 9 juin 2022 pour faire part de son inquiétude quant au fait que les objectifs de viabilité de la population n’étaient pas atteints malgré une tendance démographique positive. Dans cette lettre, les auteurs soulignent également les efforts déployés pour conserver l’espèce aux États-Unis, ainsi que la coopération internationale dans le cadre du Comité trilatéral pour la conservation et la gestion de la vie sauvage et des écosystèmes et du Partenariat scientifique trinational pour la conservation des papillons monarques.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les mesures prises pour maintenir l’intégrité écologique du bien, notamment le suivi du couvert forestier, la surveillance et la restauration des zones dégradées avec la participation des autorités de sécurité et des communautés locales, ont permis d’obtenir des résultats tangibles et sont très appréciées. Toutefois, il est préoccupant de constater que les menaces continuent d’augmenter, notamment l’exploitation forestière illégale, les feux de forêt et le déboisement. C’est ainsi que le papillon monarque migrateur a récemment été inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN dans la catégorie « En danger ».

Le développement rapide de la production d’avocats dans la zone tampon du bien est préoccupant en raison des menaces qu’il fait peser sur le couvert forestier du bien. Au vu des menaces croissantes et persistantes qui pèsent sur la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, il convient de demander à l’État partie de renforcer plus avant ses démarches en cours pour mettre en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif de 2018. Il est notamment essentiel de mettre en place des mesures interinstitutionnelles pérennes pour détecter et empêcher l’exploitation forestière illégale au sein du bien, développer le reboisement dans les zones du bien touchées par cette exploitation et prendre des mesures de surveillance supplémentaires pour mettre un terme à la déforestation résultant du développement de la production d’avocats dans la zone tampon, ainsi que pour récupérer et restaurer les zones touchées. Parmi les initiatives, des programmes devraient également soutenir l’implication des communautés locales et autochtones dans les activités de conservation et fournir des sources de revenus alternatives à ces communautés.

La confirmation du fait qu’aucun projet minier n’a été autorisé au sein du bien ou de la zone tampon, et ce, malgré plusieurs tentatives d’investisseurs privés en ce sens, est accueillie favorablement. Conformément aux demandes précédentes du Comité et à la recommandation de la mission de 2018, il convient de demander à nouveau à l’État partie de déclarer officiellement le bien comme zone interdite à la prospection et à l’extraction minières et d’élaborer une réglementation stricte pour toute activité minière au sein de la zone tampon du bien afin d’éviter tout impact négatif potentiel sur la VUE du bien. Par ailleurs, toute activité minière envisagée susceptible d’avoir des impacts potentiels sur la VUE du bien doit être évaluée conformément au Guide et boîte à outils pour l’évaluation d’impact dans le cadre du patrimoine mondial, avant toute prise de décision qui serait difficilement réversible.

La finalisation prévue du « Programme de gestion de la réserve de biosphère du papillon monarque » en 2023 et la poursuite de la mise en œuvre du Plan d’action national pour la conservation du papillon monarque 2018-2024 en collaboration avec les organisations de la société civile, les scientifiques et les bénévoles tout au long du couloir de migration du papillon monarque sont positives et doivent être menées à bien. Notant les préoccupations soulevées par des tiers concernant la conservation de l’espèce dans l’ensemble de son aire de répartition en dehors du bien, les États parties du Canada, du Mexique et des États-Unis d’Amérique devraient être encouragés à renforcer les mesures en faveur de la conservation de l’espèce, en particulier au moyen d’une législation de protection nationale appropriée (par exemple la loi des États-Unis d’Amérique sur les espèces menacées), en cherchant à juguler la disparition de l’habitat de l’asclépiade et à le restaurer, ainsi qu’au moyen d’une collaboration trilatérale visant à assurer une conservation efficace du papillon monarque dans l’ensemble de son aire de répartition migratoire. De plus, les informations sur les mesures prises par les États parties du Canada et des États-Unis d’Amérique pour protéger l’espèce devraient être partagées entre les trois États parties, dans la mesure du possible, et l’État partie du Mexique devrait être invité par le Comité à communiquer toute information partagée qu’il reçoit concernant la conservation des papillons dans leur aire de répartition aux États-Unis d’Amérique et au Canada.

La présence régulière de colonies hivernantes à l’extérieur du bien souligne à nouveau l’importance déjà soulignée de renforcer la protection de l’espèce non seulement à l’intérieur mais aussi à l’extérieur du bien, notamment en raison du changement climatique. L’État partie devrait donc être à nouveau vivement encouragé à élaborer une proposition d’extension du bien afin de garantir que les zones régulièrement occupées par des colonies hivernantes soient convenablement protégées, en particulier dans le contexte de l’évolution du climat, et il devrait également être prié de faire le point sur l’avancement de la soumission d’une modification des limites du bien dans le prochain rapport.

Les mesures d’adaptation mises en place pour assurer la protection permanente du bien pendant l’épidémie de COVID-19 sont louables et l’État partie doit être encouragé à améliorer sa capacité de gestion pour relever les défis actuels de la sauvegarde de la VUE du bien, en particulier le fait que cette pandémie a favorisé l’exploitation forestière illégale.

Décision adoptée: 45 COM 7B.68

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 44 COM 7B.198, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Apprécie les mesures prises pour assurer le maintien de l’intégrité écologique du bien et la restauration des zones dégradées avec la participation des autorités gouvernementales concernées et des communautés locales ;
  4. Note avec la plus grande préoccupation que les activités illégales d’exploitation forestière se sont multipliées au sein du bien, et prie à nouveau instamment l’État partie de redoubler d’efforts pour mettre fin avant toute chose à ces activités illégales au sein du bien ;
  5. Regrette que plusieurs menaces, notamment l’exploitation forestière illégale, les feux de forêt et le défrichement persistent et se multiplient, et demande à l’État partie de prendre les mesures appropriées, notamment en mettant pleinement en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif de 2018 sur le bien, en particulier celles listées ci-dessous, et ce, afin de s’assurer que ces menaces n’ont pas d’impact sur la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien :
    1. Veiller à ce que les efforts interinstitutionnels visant à détecter et à empêcher l’exploitation forestière illégale au sein du bien soient encore renforcés à plus long terme et veiller à ce que le reboisement se poursuive dans les zones du bien touchées par cette exploitation illégale,
    2. Élaborer et mettre en œuvre des programmes de surveillance supplémentaires afin de mettre un terme à la déforestation causée par l’expansion de la production d’avocats dans la zone tampon, et récupérer et restaurer les zones touchées,
    3. Poursuivre les programmes visant à soutenir l’implication des communautés locales et autochtones dans les activités de conservation, et favoriser les sources de revenus alternatives pour ces communautés ;
  6. Accueille favorablement la confirmation par l’État partie qu’aucun projet minier n’a été autorisé au sein du bien ou de sa zone tampon, mais demande également à l’État partie de s’engager de manière pérenne à ne pas entreprendre d’activité minière à l’intérieur du bien, et de s’assurer que de telles activités à l’extérieur du bien ne causent pas d’impact négatif sur sa VUE, notamment au moyen d’évaluations d’impact conformes au Guide et boîte à outils pour l’évaluation d’impact dans le cadre du patrimoine mondial ;
  7. Demande en outre à l’État partie de finaliser dès que possible le « Programme de gestion de la réserve de biosphère du papillon monarque » et de le soumettre au Centre du patrimoine mondial, et de poursuivre la mise en œuvre de son Plan d’action national pour la conservation du papillon monarque ;
  8. Encourage les États parties du Canada, du Mexique et des États-Unis d’Amérique à renforcer leurs actions de conservation de l’espèce sur leur territoire, en particulier au moyen d’une législation de protection nationale, en jugulant la disparition de l’habitat de l’asclépiade et en le restaurant, ainsi qu’au moyen d’une collaboration trinationale visant à fournir une protection adéquate au papillon monarque et à son habitat tout au long de son couloir de migration, et demande par ailleurs à l’État partie du Mexique de faire rapport sur ces actions ;
  9. Note également la présence constante de colonies de papillons monarques s’établissant en dehors des limites du bien et encourage à nouveau vivement l’État partie à élaborer une proposition d’extension du bien pour garantir que les zones régulièrement occupées par des colonies de papillons monarques hivernant en dehors du bien soient protégées de manière appropriée, pour augmenter la capacité du bien à conserver efficacement sa VUE dans des conditions climatiques en mutation, et pour présenter une proposition de modification des limites actualisée dans le prochain rapport sur l’état de conservation du bien ;
  10. Note également que des mesures d’adaptation ont été prises par l’État partie pour maintenir un niveau acceptable de protection du bien pendant la pandémie de COVID‑19 et encourage également l’État partie à restaurer la capacité de gestion après cette pandémie pour répondre aux défis actuels de sauvegarde de l’intégrité écologique du bien et de sa VUE, en particulier eu égard au fait que la pandémie a favorisé l’exploitation forestière illégale ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.