1.         Îles Galápagos (Équateur) (N 1bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2007-2010

Décisions antérieures du Comité  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-2019)
Montant total approuvé : 627 825 dollars EU
Pour plus de détails, voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 3,5 millions de dollars EU pour la capitalisation d’un fonds en dépôt pour les espèces introduites, gestion des espèces introduites, études de gestion du tourisme et autre soutien technique.

Missions de suivi antérieures

Juin 1996 : mission de suivi réactif conjointe UNESCO/UICN (en présence du président du Comité du patrimoine mondial) ; février 2003 : mission de l’UNESCO ; juin 2003 : mission de l'UNESCO ; avril 2005 : visite informelle de l’UNESCO ; février/mars 2006 : mission de suivi réactif conjointe UNESCO/UICN ; avril 2007 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN (en présence du président du Comité du patrimoine mondial) ; avril 2009 : visite informelle de l’UNESCO ; avril-mai 2010 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN ; août 2017 : mission de suivi réactif de l’UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page https://whc.unesco.org/fr/list/1/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2023

Le 28 novembre 2022, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à l’adresse suivante : https://whc.unesco.org/fr/list/1/documents/, qui fait état de ce qui suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les efforts significatifs actuellement déployés par l'État partie pour traiter les problèmes de longue date liés au tourisme, aux EEE et à la pêche INDNR, notamment par la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2017, sont accueillis favorablement. Il convient d'apprécier en particulier les progrès récemment accomplis pour rendre opérationnelle l'ABG, le développement et la mise en œuvre du système de surveillance des navires et la collaboration régionale pour lutter contre la pêche INDNR.

L’élaboration d'indicateurs liés aux attributs de la VUE, ainsi que l'évaluation correspondante de la réduction des menaces, représente une étape importante vers un suivi efficace à long terme et une gestion adaptative du bien. Il est encourageant de constater que les mesures de gestion semblent réduire efficacement les menaces pesant sur la VUE du bien. Cependant, il est noté que les menaces de longue date et les menaces émergentes, y compris les EEE, le tourisme et les infrastructures associées, l'exploitation illégale des ressources naturelles, le changement climatique et la conversion des terres restent stables et nécessitent des efforts de gestion constants. Il est donc recommandé que le Comité demande à l'État partie d'intégrer les indicateurs ci-dessus mentionnés, ainsi que les mesures correspondantes pour traiter les menaces, dans le plan de gestion actuel du bien et de soumettre le plan de gestion actualisé au Centre du patrimoine mondial dès qu'il sera disponible.

L’État partie devrait être encouragé à poursuivre ses efforts louables pour limiter et contrôler la propagation des EEE par la mise en œuvre efficace du Plan décennal de gestion des espèces envahissantes des Galápagos, une application adéquate de la législation et un financement adapté.

L'information selon laquelle le tourisme est strictement réglementé sur le territoire du bien et correspond à un modèle de croissance zéro pour le tourisme est notée. Toutefois, les statistiques accessibles au public sur le site Web du ministère du Tourisme (https://servicios.turismo.gob.ec/) montrent une augmentation forte et continue du nombre de visiteurs qui est passé de moins de 12 000 au moment de l'inscription du bien en 1978 à plus de 270 000 en 2019 avant le début de la pandémie. Malgré la baisse temporaire du nombre de visiteurs due à la pandémie de COVID 19, le nombre de visiteurs de janvier à mars 2023 s'élèverait à 78 507, soit une augmentation de 9 500 visiteurs par rapport au premier trimestre 2019, avant la pandémie. L'ouverture signalée d'une nouvelle liaison aérienne vers les Galápagos depuis la ville de Manta en mars 2023 ne fera que renforcer cette tendance.

Depuis 1998, date à laquelle un plafond a été fixé pour la capacité totale de la flotte de bateaux de croisière, la majeure partie de cette croissance est constituée de visites terrestres, qui comportent des risques d'introduction et de dispersion d'espèces exotiques encore plus importants que le tourisme maritime. Il est préoccupant que l'État partie n'ait fourni aucune information sur le début des travaux d'élaboration d'une stratégie de tourisme et d'un plan d'action clair, demandés par le Comité dans sa décision 44 COM 7B.113 pour parvenir au modèle de croissance zéro, y compris le maintien du moratoire sur la construction de nouveaux projets touristiques et la limitation du nombre de vols. Bien qu'il soit noté que le nombre de vols et, par conséquent, le nombre d'arrivées aux Galápagos sont gérés par le Conseil national de l'aviation civile, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN considèrent qu'il est de la responsabilité de l'État partie de gérer les flux touristiques d'une manière compatible avec la VUE du bien, y compris en poursuivant un modèle de croissance zéro du tourisme, comme précédemment demandé par le Comité.

Il est encourageant de constater que la plupart des navires de pêche autour du bien font l'objet d'une surveillance réglementaire en matière de conformité, de déclaration et de présence par des observateurs de la pêche. Rappelant l'impact négatif de la pêche INDNR sur la VUE du bien, il est demandé à l'État partie de veiller à ce que ces navires de pêche respectent en permanence les règles et réglementations en vigueur, y compris par le renforcement continu de son système de surveillance des navires, et de veiller à la surveillance constante de tout bateau de pêche illégal ou non réglementé susceptible d'empiéter sur le territoire du bien ou d'opérer à la périphérie de celui-ci.

La désignation de la réserve marine Hermandad entre les îles Galápagos et l'île Cocos représente un évolution positive pour renforcer la protection de la VUE grâce à l'amélioration de la connectivité pour les espèces migratrices à travers la région. L'État partie devrait être encouragé à appliquer les réglementations établies au sein de l'AMP parallèlement aux efforts pour renforcer sa collaboration avec les pays voisins.

En novembre 2021, les présidents de la Colombie, du Costa Rica, de l'Équateur et du Panama ont signé une déclaration sur la gestion durable du corridor marin du Pacifique tropical oriental (CMAR) et ont entamé un processus régional qui pourrait aboutir à la création de la plus grande réserve de biosphère marine transfrontalière au monde, englobant quatre sites du patrimoine mondial : le parc national de l'île Cocos (Costa Rica) ; les îles Galápagos (Équateur) ; le sanctuaire de faune et de flore de Malpelo (Colombie) ; et le parc national de Coiba et sa zone spéciale de protection marine (Panama). Ce corridor couvre plus de 500 000 ha et constitue une voie de migration importante pour un certain nombre d'espèces qui représentent des attributs de la VUE du bien, notamment les baleines, les requins et les raies manta. Il est recommandé au Comité d'accueillir avec satisfaction cette évolution et d'encourager les États parties à poursuivre cette initiative.

Décision adoptée: 45 COM 7B.67

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/23/45.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 44 COM 7B.113, adoptée à sa 44e session élargie (Fuzhou/en ligne, 2021),
  3. Apprécie les progrès significatifs réalisés par l’État partie dans le traitement des problèmes de longue date auxquels le bien est confronté et dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2017, en particulier les progrès récemment accomplis pour rendre opérationnelle l’Agence de biosécurité des Galápagos (ABG) ;
  4. Encourage l’État partie à poursuivre les mesures actuelles de biosécurité en vue de contrôler l’entrée et la propagation des espèces exotiques envahissantes sur tout le territoire du bien, notamment par la mise en œuvre efficace du Plan décennal de gestion des espèces envahissantes des Galápagos ;
  5. Note l’élaboration d’indicateurs et l’identification de menaces liés aux attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et demande à l’État partie d’intégrer ceux-ci, en étroite collaboration avec les institutions locales concernées, dans une version actualisée du plan de gestion pour le bien de 2014 ;
  6. Réitère sa préoccupation constante quant à la croissance régulière du tourisme et des vols commerciaux à destination du bien, et prie instamment l’État partie d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie touristique clairement définie, assortie d’un plan d’action précis avec des mesures urgentes pour parvenir au modèle de croissance zéro, y compris en maintenant le moratoire sur la construction de nouveaux projets touristiques et la limitation du nombre de vols, et de soumettre cette stratégie et ce plan d’action à l’examen du Centre du patrimoine mondial ;
  7. Prend note que la majorité des navires de pêche autour du bien sont sous pavillon équatorien et enregistrés auprès de la Commission interaméricaine du thon tropical et opèrent dans le cadre d’un contrôle réglementaire strict, et prie instamment l’État partie de veiller au respect de ces réglementations et à la surveillance continue de tout navire de pêche illégal ou non réglementé susceptible d’empiéter sur le bien ou d’opérer à sa périphérie ;
  8. Salue la mise en œuvre du nouveau système de zonage et la désignation de la réserve marine Hermandad, entre la réserve marine des Galápagos (RMG) et l’île Cocos au Costa Rica, et encourage l’État partie à poursuivre le renforcement de la collaboration régionale avec les pays voisins en faveur d’une approche collective de la réduction des pratiques de pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INDNR) dans la région ;
  9. Félicite les États parties de Colombie, du Costa Rica, d’Équateur et du Panama d’avoir adopté une déclaration sur la gestion durable du corridor marin du Pacifique tropical oriental (CMAR) et les encourage à œuvrer à la création d’une réserve de biosphère marine transfrontalière englobant les sites du patrimoine mondial du parc national de l'île Cocos (Costa Rica), des îles Galápagos (Équateur), du sanctuaire de faune et de flore de Malpelo (Colombie) et du parc national de Coiba et sa zone spéciale de protection marine (Panama) ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2024, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 47e session.